MARINE
3S(i GOUVERNEMENT DE NAPOLÉON.
les résultats de cet abandon furent bien funestes à la gloire et à la prospérité de la France.
Presque rien n'est possible à Brest, ou du moins tout y est extrêmement difficile lorsque ce port est bloqué par une escadre supérieure.
La bonne administration des finances de l'Empire nous, met en état de faire face aux dépenses qu'entraîne l'établissement d'une grande marine, et de satisfaire aux frais de guerres continentales; enfin, l'énergie de noire gouvernement, sa volonté ferme et constante étaient seules capables de lever de plus graads obstacles.
L'administration de la marine sentit pourtant la nécessité d a dopter un système fixe et calculé, qui fit marcher de front la création ou le rétablissement des ports, la construction des vaisseaux, et T instruction des matelots.
Dans la Manche, la nature a tout fait pour l'Angle terre : elle a tout fait contre nous. Dès. le règne de Louis XVI on avait senti l'importance d'avoir un port sur cette mer. Le projet de Cherbourg avait été adopté, et les fondemens des digues avaient été jetés. Mais, dans nos temps de troubles civils, tous ces ouvrages, interrompus , s'étaient détériorés. Tout avait été remis en problème , jusqu'à la convenance du choix du local; et ou demandait si l'on n'aurait pas mieux fait de préférer la Hogue à Cherbourg.
L'administration fixa ses regards sur ces importantes questions, ta décision en faveur de Cherbourg fut confirmée, et on travailla sans délai à rehausser la digue pour abriter la rade.
Mais celte rade avait les inconvéniéns d'une rade foraine ; le carénage des vaisseaux y était impossible ou difficile. L'administration ne s'arrêta ni à la dépense ni à la difficulté des localités, et on entreprit un port creusé dans le roc , pouvant contenir cinquante vaisseaux de guerre et des chantiers suffisans pour la construction d'une escadre.
Après dix ans de travaux , le succès à justifié toutes ces entreprises. Une escadre est sur le chantier de Cherbourg , et les bassins pourront recevoir cette année l'escadre la plus nombreuse. C'est beaucoup d'avoir satisfait au besoin senti depuis
le combat de la Hogue, d'avoir un port dans la Manche; mais il n'était pas moins important d'avoir un port dans la mer du Nord, et de pouvoir profiter des rades nombreuses et sures de l'Escaut.
Le bassin de Flessingue, celui d'Anvers ont coûté bien des millions. Vingt vaisseaux peuvent être construits a la fois dans les chantiers d'Anvers, et plus de soixante trouver un abri dans les ports d'Anvers et de Flessingue.
L'administration sentit qu'il n'y avait dans la Hollande qu'un seul port, un seul chantier, un seul remède à tous les inconvéniens des localités, et elle porta les forces maritimes de la Hollande au Nieuw Dypp. Quoique ce projet n'ait été conçu que depuis deux ans, nous jouissons déjà de tous ses avantages, et par ce moyen un nouveau port se trouve être en notre pouvoir à l'extrémité de la mer du Nord.
Les ingénieurs de l'armée de terre ont poussé les travaux avec la plus grande et la plus louable activité. Le Helder, Flessingue, Anvers et Cherbourg sont dans une situation telle , que nos escadres y sont à l'abri de toute insulte et peuvent donner à nos armées de terre le temps d'arriver à leur secours, fussent-elles au fond de l'Italie ou de la Pologne. Ce que l'art pouvait ajouter aux avantages naturels de Brest et de Toulon avait été fait par l'ancienne administration.
11 n'en était pas de même de l'embouchure de la Charente. La rade de l'Ile d'Aix n'était pas propre à contenir un grand nombre de vaisseaux. L'administration a senti le besoin d'avoir un abri plus sûr dans la mer de Gascogne.
La rade de Saumouard a été reconnue et fortifiée. Les rades de la Gironde l'ont été également , et une communication intérieure pour les plus grands vaisseaux a été perfectionnée, de sorte que les rades de l'Ile d'Aix , du Saumouard, de Talemont, et les rades de la Gironde forment, pour ainsi dire, un même port.
Après Toulon, la Spezzia est te plus beau port de la Méditerranée. Des fortifications du côté de terre et du côté de mer devenaient nécessaires pour y mettre nos escadres en sûreté. Ces for t incations offrent déjà une résistance convenable:
Ainsi, à peine six ans 9e sont écoulés depuis que le système permanent de guerre maritime a été arrêté , que les ports du Texel, de l'Escaut, de Cherbourg, de Brest, de Toulon et de la Spezzia sont assurés, et offrent sous le point de vue maritime et militaire toutes les propriétés désirables.
En même temps qu'on construisait et qu'on fortifiait les ports, on pensa à établir des chantiers pour construire des vaisseaux. Sous l'ancienne dynastie nous étions réduits à moins de vingtcinq.
Brest pouvait , tout au plus , offrir les moyens de radoub. On dut renoncer à tout projet de construction , ou établir sur l'Escaut un chantier où 20 vaisseaux à trois ponts de 80 et de 74 pussent se construire à la fois. Ce chantier, approvisionné par le Rhin et la Meuse, et par tous les affhiens du continent de la France et de l'Allemagne, est constamment pourvu abondamment et à bon marché.
On reconnut la possibilité de construire, sur les chantiers d'Amsterdam et de Rotterdam , des frégates et des vaisseaux de 74, de notre modèle, en attendant que les chantiers et les établissemens fussent formés sur JNieuw Dypp.
Èuv les chantiers de Cherbourg on construit des vaisseaux à trois ponts de 80 et de 74.
On construit des vaisseaux à Gènes et à Venise , profitant ainsi de toutes les ressources de l'Albanie, de l'Istrie, du Frioul , des Alpes- Juliennes et des Apennins.
Les chantiers de Lorient , de Rochefort et de Toulon continuent à avoir l'activité dont ils sont susceptibles, et d'employer tous les matériaux que leur offrent les bassins des rivières destinées à les alimenter.
En peu d'anuées, nous serons arrivés à voir 130 vaisseaux, dont 12 à trois ponts, et un plus grand nombre de frégates.
La marine française, dans sa plus grande prospérité, n'a jamais eu plus de 5 vaisseaux à trois ponts.
Nous pouvons facilement construire et armer 15 à 20 vaisseaux de haut bord par an.
L'administration a donc réussi sous le point de vue des constructions; mais le plus difficile restait à faire.
On se demandait où trouver les matelots pour monter ces escadres. Des camps, des exercices forment en peu d'années une armée de terre ; mais où trouver de quoi remplacer des camps et des exercices pour les troupes de mer?
L'administration conçut l'idée de recruter les armées navales de la même manière que l'armée de terre; d'avoir recours à la conscription, sans abandonner les ressources que pouvait produire l'inscription maritime.
Les départemens littoraux furent en partie exemptés de la conscription de l'armée de terre, et toute leur jeunesse fut appelée à la conscription maritime.
Les hommes de mer les plus expérimentés voulaient qu'on appelât cette conscription dès l'âge de dix à douze ans, prétendant qu'il était impossible de faire un homme de mer dlun homme formé.
Mais comment concevoir la possibilité d'entasser dans des vaisseaux 60 ou 80 mille en fans ?
Les dépenses qu'il fallait faire pour leur instruction pendant dix ans , mais surtout la consommation d'hommes, devenaient effrayantes.
On prit un terme moyen ; on appela à la conscription maritime les jeunes gens de 16 et 17 ans. On pouvait espérer qu'après quatre ou cinq années de navigation, lorsqu'ils seraient parvenus à l'âge de 21 ou 22 ans , on aurait des matelots habiles.
Mais comment faire naviguer un si grand nombre de jeunes gens, lorsque la mer nous était presque partout interdite?
On construisit des flottilles. Cinq ou six cents bâtimens, bricks, chaloupes canonnières , goélettes, naviguèrent sur le Zuyderzée, l'Escaut, les rades de Boulogne, de Brest et de Toulon, protégèrent et alimentèrent notre cabotage.
En même temps on arma nos escadres dans les ports de Toulon, de la Charente, de l'Escaut et du Zuyderzée. Les équipages, toujours consignés à bord, évoluant en présence de l'ennemi, ont rempli l'espérance qu'on en avait conçue* l*es conscrits se sont
formés. Les jeunes gens de 18 ans, après cinq années de navigation, ont aujourd'hui atteint lenr vingt-troisième année ou vingtquatrième année , et servent dans les hautes manoeuvres avec une agilité et une adresse remarquables ; et nos escadres évoluent avec autant de promptitude et de précision qu'à aucune époque de l'histoire de notre marine.
Depuis cinq ans que ce système a été adopté , 80 mille jeunes gens tirés de la conscription sent venus ainsi augmenter notre population maritime.
11 a fallu bien de la constance pour se résoudre à tous les sacrifices qu'un pareil système nous a coûtés.
Sur nos 100 vaisseaux , nous en avons aujourd'hui 65 armés, équipés, approvisionnés pour six mois, constamment en partance, appareillant tous les jours, et dans une situation telle, qu'aucun ne sait, au moment où on lève l'ancre , si c'est pour un exercice, ou pour une expédition lointaine.
L'Angleterre peut avoir le nombre de vaisseaux et de troupes de terre qu'elle voudra ; elle peut donner à son commerce la direction qui lui convient; mais nous prétendons rester dans les mêmes droits.
11 m'a paru, messieurs , que le simple exposé de notre situation intérieure, appuyé sur des états et sur des chiffres , l'exposé de notre situation maritime ', étaient suffisans pour faire comprendre l'immensité de nos ressources, la solidité de notre système et les grâces que nous avons à rendre au gouvernement vigilant, dont les travaux sont constamment consacrés à tout ce qui est grand et utile à la gloire de l'Empire.
Tous ces travaux n'étaient rien auprès de ceux que méditait l'empereur : il ne rêvait rien moins que l'association européenne. « Tant qu'on se battra en Europe , disait-il , ce sera une guerre civile*» Autant qu'il était en lui, il exécutait celte
GOUVERNEMENT DE NAPOLÉON. 391 vaste pensée : il créait des prix européens pour récompenser les inventions utiles, les grandes découvertes de la science. En pleine guerre , l'Anglais Davy, le Prussien Hermann, furent couronnés par l'Institut.
Je ne puis terminer ce chapitre sans citer l'apologie que Napoléon faisait lui-même de son gouvernement , dans un de ces mouvemens sublimes qui furent la seule réponse du captif aux insultes et aux calomnies de ses geôliers.
« J'ai refermé le gouffre de l'anarchie et débrouillé le chaos. J'ai dessouillé la révolution, ennobli les peuples et raffermi les rois. J'ai excité toutes les émulations, récompensé tous les mérites, et reculé les limites de la gloire ! Tout cela est bien quelque chose. — Et puis , sur quoi pourrait-on m attaquer qu'un historienne puisse me défendre? Sur mon despotisme ? Mais il démontrera que la dictature était de toute nécessité : il prouvera que la licence, l'anarchie, les grands désordres, étaient encore au seuil de la porte. M'accusera-t-on d'avoir trop aimé la guerre? Mais il montrera que j'ai toujours été attaqué. D'avoir voulu la monarchie universelle? Mais il fera voir qu'elle ne fut qHe
l'œuvre fortuite des circonstances, que ce furent nos ennemis eux-mêmes qui m'y conduisirent pas à pas... De l'ambition? Ah ! sans doute, il m'en trouvera, et beaucoup; mais de la plus grande et de la plus haute qui fut jamais ! celle d'établir, de consacrer enfin l'empire de l'intelligence , le plein exercice, l'entière jouissance de toutes les facultés humaines! Ici, peut être, l'historien se trouvera réduit à regretter qu'une telle ambition n'ait pas
été pleinement satisfaite »
Que dire encore ? Les Anglais avaient raison : celui qui avait fait, celui qui méditait de pareilles choses, n'avait pas besoin d'épitaphe.
cqourd'hul, 15 avril 1821, àLongwood, île de Sainte-Hélène.
Ceci est mon testament, ou acte de ma dèmiere volonté.
1° Je meurs dans la religion apostolique et romaine , dans le sein de laquelle je suis né , il y a plus de cinquante ans.
2° Je désire que mes cendres reposent sur les bords de la Seine, au milieu de ce peuple français que j'ai tant aimé.
3° J'ai toujours eu à me louer de ma très -chère épouse, Marie -Louise; je lui conserve jusqu'au dernier moment les plus tendres sentimens ; je la prie de veiller pour garantir mon fils des embûches qui environnent encore son enfance.
4° Je recommande à mon hls de ne jamais oublier qu'il est né prince français, et de ne jamais se prêter à être un instrument entre les mains des triumvirs qui oppriment les peuples de l'Europe. Il ne doit jamais combattre , ni nuire en aucune autre manière à la France ; il doit adopter ma devise : Tout pour le peuple français.
5° Je meurs, prématurément, assassiné par l'oligarchie an-
glaise et son sicairc ; le peuple anglais ne tardera pas à me venger.
6° Les deux issues si malheureuses des invasions de la France, lorsqu'elle avait encore tant de ressources, sont dues aux trahisons de Marmont , Augereau, Talleyrand et La Fayette. Je leur pardonne; puisse la postérité française leur pardonner comme moi!
7° Je remercie ma bonne et très-excellente mère , le cardinal , mes frères Joseph , Lucien , Jérôme , Pauline. Caroline, Julie, Hortense, Catarine, Eugène, de l'intérêt qu'ils m'ont conservé ; je pardonne à Louis le libelle qu'il a publié en 1 820 : il est plein d'assertions fausses et de pièces falsifiées.
8° Je désavoue le Manuscrit de Sainte-Hélène et autres ouvrages sous le litre de Maximes, Sentences, etc. , que l'on s'est plu à publier depuis six ans : ce ne sont pas là les règles qui ont dirigé ma vie. J'ai fait arrêter et juger le duc d'Enghien, parce que cela était nécessaire à la sûreté, à l'intérêt, et à
l'honneur du peuple français , lorsque entretenait, de son
aveu , soixante assassins à Paris. Dans une semblable circonstance, j'agirais encore de même.
1° Je lègue à mon fils les boîtes, ordres, et autres objets tels qu'argenterie , lit de camp, armes, selles, éperons, vases de ma chapelle, livres, linge qui a servi à mon corps et à mon usage, conformément à l'état annexé, coté [A). Je désire que ce faible legs lui soit cher, comme lui retraçant le souvenir d'un père dont l'univers l'entretiendra.
5° Je lègue à lady Rolland le camée antique que le pape Pie VI m'a donné à Tolentino.
3° Je lègue au comte Montholon deux millions de francs , comme une preuve de ma satisfaction des soins filiaux qu'il m'a rendus depuis six ans, et pour l'indemniser des pertes que son séjour à Sainte-Hélène hii a occasionnées.
TESTAMENT DE i\APOLÉOi\
4° Je lègue au comte Bertrand cinq cent mille francs.
5° Je lègue à Marchand, mon premier valet de chambre, quatre cent mille francs. Les services qu'il m'a rendus sont ceux d'un ami. Je désire qu'il épouse une veuve, sœur ou fille d'un officier ou soldat de ma vieille garde.
6° Idem, à Saint-Denis , cent mille francs.
7° Idem, à Novarre (Noverraz) , cent mille francs.
8° Idem, à Piéron , cent mille francs.
9° Idem, à Archambaud, cinquante mille francs.
10° Idem, à Coursot, vingt-cinq mille francs.
11° Idem, à Chandellier, vingt-cinq mille francs.
12° A l'abbé Vignali, cent mille francs. Je désire qu'il bâtisse sa maison près de Ponte Nuevo di Rostino.
13° Idem, au comte Las-Cases, cent mille francs.
14° Idem, au comte Lavallette, cent mille francs.
15° Idem, au chirurgien en chef Larrey, cent mille francs. C'est l'homme le plus vertueux que j'aie connu.
16° Idem, au général Brayèr, cent mille francs.
ilm Idem, au général I,eCèvre-Desnouettes, cent mille francs.
18° Idem, au général Drouot, cent mille francs.
19° Idem, au général Carobronne, cent mille francs;
20° Idem, aux enfans du général Mouton-Duvernet , cent mille francs.
21* Idem, aux enfans du brave Labédoyère, cent mille francs.
22° Idem, aux enfans du général Girard , tué à Ligni , cent mille francs.
23* Idem, aux enfans du général Chartrand, cent mille francs.
24° Idem, aux enfans du vertueux général Travot, cent mille francs.
2ô° Idem, au général Lallemant l'aîné, cent mille francs. ïC\° Idem, au comte Héal. cent mille francs.
27° Idem, à Costa de Bastelica en Corse , cent mille francs.
28° Idem, au général Clausel , cent mille francs.'
29° Idem, au baron Menncval -, cent mille francs.
30° Idem, h Arnault, auteur de Mariwt, cent mille francs.
31° Idem, au colonel Marbot, cent mille francs. Je l'engage à continuer à écrire pour la défense de la gloire des armées françaises, et à en confondre les calomniateurs et les apostats.
32° Idem, au baron fiignon, cent mille francs. Je l'engage à écrire l'histoire de la diplomatie française de 1792 à 1815.
33° Idem, à Poggi di Talavo , cent mille francs.
34° Idem, au chirurgien Emmery, cent mille francs.
35° Ces sommes seront prises sur les sis millions que j'ai placés en partant de Paris en 181 5 , et sur les intérêts à raison de cinq pour cent depuis juillet 1815. Les comptes en seront arrêtés avec le banquier par les comtes Montholon , Bertrand et Marchand.
36° Tout ce que ce placement produira au-delà de la somme de cinq millions six cent mille francs, dont il a été disposé cidessus, sera distribué en gratification aux blessés de Waterloo, et aux officiers et soldats du bataillon de 111e d'Elbe , sur un état arrêté par Montholon, Bertrand, Drouot, Cambronne et le chirurgien Larrey.
37° Ces legs, en cas de mort, seront payés aux veuves et enfans, et au défaut de ceux-ci , rentreront à la masse.
1" Mon domaine privé, étant ma propriété, dont aucune loi française ne m'a privé, que je sache, le compte en sera demandé au baron de la Bouillerie, qui en est le trésorier; il doit se monter à plus de deux cents millions de francs ; savoir : 1° Le portefeuille contenant les économies que j'ai, pendant quatorze ans, faites sur ma liste civile, lesquelles se sont élevées à plus de douze millions par an . si j'ai bonne mémoire ; 2° le
produit de ce portefeuille; 3° les meubles de mes palais, tels qu'ils étaient en 1814; les palais de Rome, Florence, Turin compris. Tous ces meubles ont été achetés des deniers des revenus de la liste civile ; 4° la liquidation de mes maisons du royaume d'Italie, tels qu'argent, argenterie, bijoux, meubles, écuries ; les comptes en seront donnés par le prince Eugène et l'intendant de la couronne, Campagnoni.
Deuxième feuille.
2° Je lègue mon domaine privé, moitié aux officiers et soldats qui restent de l'armée française, qui ont combattu depuis 1792 à 1815 pour la gloire et l'indépendance de la nation ; la répartition en sera faite au prorata des appointemens d'activité; moitié aux villes et campagnes d'Alsace, de Lorraine, de Franche-Comté, de Bourgogne, de l'Ile-de-France, de Champagne, Forez, Dauphiné , qui auraient souffert par l'une ou l'autre invasion. Il sera de cette somme prélevé un million pour la ville de Brienne, et un million pour celle de Méri.
J'institue les comtes Montholon , Bertrand et Marchand mes exécuteurs testamentaires.
Ce présent testament, tout écrit de ma propre main, est signé et scellé de mes armes.
(Sceau,)