‹ Napoleon 1840Chapitre 3 sur 21 · NOUVELLE INDUSTRIE · texte numérisé non relu

NOUVELLE INDUSTRIE

chez nous la soude qui alimente nos marchés , paraissaient choses impossibles.

Dès cette année, les manufactures de sucre qu'on extrait de la betterave nous donneront sept millions de livres pesant de cette denrée. EHe est préparée dans 554 manufactures, qui presque toutes sont en activité.

L'indigo tient le premier rang parmi les substances tinctoriales. Jadis la France, qui en recevait de grandes quantités, eu conservait pour une valeur annuelle de 9 millions 500,000 francs. Dans les six années qui ont commencé en 1802, cette valeur moyenne a été annuellement de 18 millions. Dans les cinq années qui ont commencé en 1808 , elle est descendue à 6 ou 7 millions.

On est parvenu à extraire du pastel de la propre fécule de l'indigo. Dès à présent plusieurs manufactures sont en activité; elles donnent un indigo en tout semblable au plus bel indigo de PInde; il revient à 40 francs la livre. Nos teintures consomment 12 millions de livres d'indigo; c'est une valeur de 12 millions de francs.

L'écarlate n'était donné que par la cochenille. Le rouge de la garance , moins beau , était d'ailleurs moins solide. Les frères Gonin de Lyon ont réussi à produire avec la garance les mêmes effets qu'avec la cochenille. La France employait autrefois pour un million de cochenille.

Depuis quelques années on cultive le coton dans le département de Rome; les récoltes ont produit jusqu'à cent milliers de livres pesant, et la naturalisation de cette plante est assurée. La France reçoit annuellement trois mimons de livres pesant de coton du royaume de Naples.

La soude est un produit essentiel à nos manufactures que le commerce maritime pouvait seul nous donner. Il y a vingt-cinq ans, nous en tirions de l'étranger pour 5 millions 500,000 francs. L'année moyenne de l'introduction , dans les neuf années qui ont commencé en 4802, a été de 5 millions 500,000 francs. La chimie est parvenue à créer cette substance avec des matières premières de notre sol , tellement abondantes, et dont les prix sont si peu élevés que la soude a baissé de deux tiers dans

le commerce, malgré la prohibition absolue des soudes étrangères.

L'ensemble des nouvelles productions de notre sol et de notre industrie s'élève donc à 65 millions, susceptibles d'augmenter dans une proportion très-rapide ; et nous nous sommes affranchis du paiement annuel de 90 millions que nous donnions à l'étranger, principalement à l'Angleterre.

Les autres parties de notre agriculture et de uotre industrie ne recevront aucune diminution. Les* 70,000 arpens qui produiront la betterave fussent restés en jachère ; les 50,000 arpens cultivés en pastel sont une bien faible portion de notre territoire , et recevront d'ailleurs des engrais qui rendront plus productives les récoltes qui succéderont à cet assolement.

La garance existe chez nous au-delà de tous nos besoins ; nous en exportons pour un million 600,000 francs. Elle ne fera que recevoir un emploi plus utile.

Nos marais salans fournissent indéfiniment la matière de la soude ; et c'est un avantage de plus de devoir à cette découverte des moyens d'exploiter davantage la précieuse mine de

Le commerce d'un Empire qui compte pour plus de 7 milliards de produits annuels, sans entrer en considération de tant d'autres valeurs réelles ou fictives que les calculateurs en économie politique fout entrer dans leurs appréciations, est nécessairement immense.

Si nous avions cherché des valeurs purement commerciales, je ne crains pas de le dire, nos valeurs se seraient élevées à 10 milliards.

En 1789, l'une des années où le commerce extérieur de la France a été le plus considérable , il ne s'est élevé qu'à 557 millions en exportations, et à 400 millions en importations ; car il ne faut pas compter comme importations les 256 millions que nous recevions de nos colonies , qui faisaient alors partie intégrante de la France.

nos sels.

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