COMMERCE
On doit retrancher des importations le numéraire qui est le paiement fait par l'étranger de quelques-unes de nos exportations.
En retranchant 55 millions d'espèces d'or et d'argent, les importations en France n'étaient donc réellement en 1789 que de 545 millions; les exportations étaient de 557 millions : c'est un commerce de 560 millions, soit que Ton considère l'actif, soit que I on considère le passif, il n'était pas la quinzième partie dé notre commerce intérieur.
Comparons notre commerce extérieur à cette époque avec ce qu'il est aujourd'hui.
Je considérerai nos colonies comme faisant partie de la France, et notre commerce avec elles comme- intérieur.
Eu 478tS, les exportations se sont élevées
Les importations à 545 millions, dont 55 millions eu numéraire , ce qui les réduit à 290 millions. . . . 290,000,000
Les exportations ont donc excédé les importa- j
talions de . \ f
Nous venons de voir qu'en 1789 les importations ayant été plus considérables qu'en 1788, l'excédant des exportations n'avait été que de 12 millions.
En 1 812, la somme des exportations s'est étendue à 585,000,000
Celle des importations à . . , . 257,000,000
non compris 95,000,000 de numéraire.
L'excédant des exportations a été de 126,000,000
En 1812, l'exportation des produits de notre sol a donc excédé les plus fortes sommes auxquelles elle se soit élevée à d'autres époques.
Les importations , au contraire, ont toujours été en diminuant ; elles sont moindres aujourd'hui qu'avant 1790.
La balance du commerce qui, en 1788, à l'époque ancicune la plus favorable, n'était que de 25 millions à l'avantage de nos exportations, est aujourd'hui de 126 millions.
L'année moyenne des importations en numéraire, dans les -trois aunées qui ont précédé la révolution , déduction faite des exportations, est de 65 millions ; Tannée moyenne aujourd'hui est de 110 millions.
C'est à la situation territoriale dont je viens de faire l'exposé que nous devons l'état de nos finances , la jouissance du meilleur système monétaire de l'Europe, l'absence de tout papier- monnaie, une dette réduite à ce qu'elle doit être pour les besoins des capitalistes. C'est une telle situation qui nous permet de faire face à la fois à une guerre maritime et a deux guerres continentales, d'avoir constamment 900,000 hommes sous les armes, d'entretenir 100,000 hommes de matelots ou d'équipages maritimes , d'avoir 100 vaisseaux de ligne, autant de frégates à l'entretien ou eu construction, et de dépenser tous les ans 120 à 150 millions en travaux publics.