AGRICULTURE
La France* par l'étendue, par la fertilité de son sol, doit être considérée comme un état essentiellement agricole.
Cependant elle a dû long-temps recourir à ses voisins pour fournir à plusieurs de ses besoins principaux. Elle s'est presque entièrement affranchie de cette nécessité.
Le produit moyen d'une récolte en France est de 270 millions de quintaux de blé, sur lesquels il faut en prélever 40 millions pour les semences.
La population de l'Empire est de 42 millions d'individus; ainsi notre récolte moyenne doit 320 livres de grains à chacun. C'est au-delà de tous les besoins, tels qu'on les a évalues à diverses époques.
Après de Jongues recherches faites par ordre de l'ancien gouvernement, on avait calculé ce besoin à 470 livres, et l'on avait trouvé que la France produisait moyennement les quantités nécessaires à une telle consommation.
Nos produits en céréales se sont donc accrus d'un dixième.
Après les blés, la principale production de notre sol est le vin.
La France produit, année moyenne, 40 millions d'hectolitres de vin.
Pour les vins, l'exportation était avant la révolution de 41 millions; elle est aujourd'hui de 47.
Pour les eaux-de-vie , elle était de 15 millions; elle est aujourd'hui de 50.
En 1791, la consommation de toute la France en vins if était évaluée qu'à 16 millions 500,000 hectolitres. Elle a donc plus que doublé, tandis que les réunions à l'Empire ne forment qu'un tiers à peu près de la population actuelle.
L'ordre est rétabli dans l'administration des forêts; elles se repeuplent et se couvrent de routes et de canaux qui rendent accessibles celles que l'on ne pouvait exploiter. Les nombreuses constructions civiles, militaires et de la marine sont abondamment pourvues, et nous ne tirons plus de l'étranger que pour 5 millions de bois par an. Avant 1789 nous en lirions pour 11 millions.
La valeur annuelle de nos huiles végétales est de 250 millions. Il y a vingt-cinq ans , nous en lirions de l'étranger pour 20 millions; aujourd'hui , non-seulement nous nous passons du dehors, mais encore nous en exportons annuellement pour 5 ou 6 millions.
Le tabac ne se cultivait autrefois que par exception et dans un petit nombre de provinces. 11 nous coûtait annuellement 8 à 10 millions. Aujourd'hui 50 millions de livres de tabac sont le pro duit de 1 0,000 arpents de nos terres consacrés à cette culture. Le sol de la France s'est enrichi d'un produit annuel de 12 millions de tabac; mais ce produit est brut , et la fabrication le sextuple.
Notre récolte moyenne de soies est de 22 millions de livres pesant de cocons.
Autrefois nous importions pour 25 millions de soies filées. L'année moyenne des importations depuis quatre ans est de 10 millions , et cependant nous exportons des soieries pour une valeur double de celle que nous exportions jadis.
Cette amélioration tient en grande partie au perfectionnement de l'éducation des vers à soie. Le produit net des cocons dans l'ancienne France n'était évalué qu'à millions.
55 millions de moulons nous donnent 120 millions de livres pesant de laine , dont 9 millions sont en laines fines ou perfectionnées. C'est un produit brut de 129 millions. Certaines espèces
perfectionnées sont le résultat de l'amélioration dHin million 500,000 moulons, amélioration qui va toujours croissant et qui n'est devenue sensible que depuis un petit nombre d'années. L'exécution du système qui, partout où l'industrie particulière
ne saurait agir assez efficacement, met à la portée des cultivateurs des moyens faciles de perfectionnement , se poursuit avec soin.
Des celte année , 28 dépôts de béliers mérinos ont amélioré la race de 54. (Mil) brebis.
Le type des belles espèces est conservé dans de nombreux établissemens formes par de grands propriétaires et dans dix bergeries appartenant à l'état.
L'éducation des chevaux avait été singulièrement négligée à l'époque de nos troubles. L'administration s'est occupée avec succès du rétablissement des races les plus utiles.
Des étalons de choix assurent tous les ans L'amélioration des produits <!e 60,000 jumens. Les dépôts entretenus par le gouvernement contiennent seuls 1.400 étalons.
Le nombre des bétes à cornes a considérablement augmenté. Les soins qu'on leur donne sont mieux entendus; la durée moyenne de leur existence est plus longue. Il y a vingt ans que les exportations et les importations se balançaient. Aujourd'hui les exportations sont le triple des importations : elles arrivent à 10 millions.
Autrefois nos importations en beurre et en fromages excédaient de beaucoup nos exportations ; c'est le contraire aujourd'hui. En 1842, les exportations ont été de 10 millions.
Nos mines de fer, qui fournissaient, en 1789, 1 million 960,000 quintaux de fonte en gueuse et \ 60 000 quintaux de fonte moulée, donnent aujourd'hui 2 millions 860,000 quintaux de cette première matière, et 400,000 quintaux de la seconde. C'est une augmentation d'une moitié en sus.
Les mines de charbon donnent de même un produit de 50 millions. C'est cinq fois la valeur de celle que la France exploitait en 1790; mais la plus grande partie de celle augmentation provient des reunions à l'Empire.
Dans cet aperçu t\e> produits de notre industrie, je n'ai pu parler que de quelques objets principaux. J'ai nécessairement négligé le grand nombre de ceux qui, moins importans si on les envisage séparément, offrent une grande valeur par leur réunion.
Le total est une valeur de 5 milliards 51 millions que produit annuellement notre beau sol en matières brutes et premières seulement.