CHAPITRE VI
L'entrée de l’empereur dans la capitale de l'Europe surpassa encore en pompe et en enthousiasme tout ce . qu’on avait vu jusque-là, et il y aurait de la témérité à essayer de raconter ce que ceux qui en ont été lestémoins croient à peine eux-mêmes.
Parmi les hommages qui vinrent se verser à ses pieds, et que les peuples et les rois s’efforçaient de rendre plus dignes de lui, Napoléon distingua surtout celui des habitants de sa ville natale, de ses compatriotes, des Français d’Ajaccio.
Tous s'étaient réunis en une immense députation, tous sans qu'auoun eût manqué ; les femmes, vêtues uniformément en blanc avec des ceintures tricolores, étaient précédées par les hommes ; les enfants venaient ensuite ; et sur des chars qui suivaient étaient les vieillards, les malades et ceux qui ne pouvaient märcher à côté de leurs concitoyens, afin que tous fussent présents à cette réunion.
Le Jardin des Tuileries était rempli de cette population. L'empereur descendit du palais et les reçut sur les
degrés dû pavillon de l’Horloge, et le colonel Fesch, maire d’Ajaccio, et parent de Napoléon, s'étant avancé de quelques pas, se prosterna avec respect et prononça ce dis- COUTS :