‹ Napoléon apocryphe, 1812-1832Chapitre 121 sur 154 · SÉANCE DE L’ACADÉMIE DES SCIENCES · texte numérisé non relu

SÉANCE DE L’ACADÉMIE DES SCIENCES

Le lundi 23 octobre 1826, l’Académie des sciences était assemblée en l’une de ses séances ordinaires. Geoffroy

Saint-Hilaire était président ; le comte Humphrey-Davy,

vice - président, et Cuvier et Delambre, secrétaires perpétuels, étaient au bureau. M. Ampère occupait en ce moment la tribune, où il lisait un mémoire du plus haut intérêt sur son admirable théorie des courants électriques. L'Académie était absorbée dans l'attention que commandait ce travail d’une des plus hautes intelligences de notre âge, lorsque tout à coup un murmure se répandit dans l'assemblée, une agitation extraordinaire saisit tous les membres à l'arrivée d’un étranger, qui, vêtu d’un habit noir et décoré de l’ordre de la Légiond'Honneur, parut à la porte de la salle, entra mystérieusement, fit un geste de silence qui arrêta tout à coup ce murmure, et, s'étant approché d’une table, trouva un fauteuil vide, et y prit place.

Cependant M. Ampère, cet homme de génie dans lequel il y avait autant du Leibnitz que du La Fontaine, et dont l'extrême distraction est aussi connue que la haute intelligence, n’avait pas remarqué ce mouvement, bientôt diminué par l’intérêt même de sa lecture, et sans doute

aussi par le soin qu'avait mis à le calmer l'inconnu qui venait d'arriver.

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