‹ Napoléon apocryphe, 1812-1832Chapitre 122 sur 154 · SÉANCE DE L'ACADÉMIE DES SCIENCES · texte numérisé non relu

SÉANCE DE L'ACADÉMIE DES SCIENCES

Le mémoire lu, M. Ampère le remit sur le bureau de l’Académie, et recueillit de toutes partsles témoignages d’admiration que ce beau travail méritait si bien.

Ces témoignages avaient retenu pendant quelques minutes l'honorable académicien, qui ne retourna que plus tard à sa place.

Mais quel ne fut pas son étonnement de voir son fauteuil occupé par cet étranger qu’il ne connaissait pas ! M. Ampère, un peu piqué, tournait avec une sorte de gêne autour de ce fauteuil dont on s'était emparé; il toussait avec embarras et affectation, et cherchait avec cette urbanité naïve, qui était une de ses manières, à faire deviner à l’usurpateur la nécessité de quitter le siége usurpé ; mais soit qu’on ne le comprit pas, où qu'on ne voulüt pas comprendre, l'inconnu restait à cette place.

M. Ampère, s’enhardissant de plus en plus, commençait à murmurer plus distinctement; il disait à ses voisins, d’une façon détournée, mais assez claire pour que l'inconnu püût en être frappé, qu'il était étrange que l'on prit ainsi une place sans autre forme ; et comme il rencontrait partout un sourire silencieux, il éprouva un véritable mécontentement, et dit à haute voix à M. Geoffroy Saint-Hilaire :

« Monsieur le président, je dois vous faire remarquer qu’une personne étrangère à l’Académie occupe un de nos siéges, et a pris place parmi nous. »

Cette déclaration occasionna une grande rumeur ; et M. Geoffroy Saint-Hilaire répondit à M. Ampère :

« Vous êtes dans l'erreur, monsieur ; cette personne à laquelle vous faites allusion est un membre de J’Académie des sciences.

— Depuis quand? dit M. Ampère fort étonné.

— Depuis le 5 nivôse an VI, répondit l'étranger.

— Etdans quelle section, s’il vous plaît? reprit M. Ampère ayec une certaine ironie. |

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