‹ Napoléon apocryphe, 1812-1832Chapitre 123 sur 154 · SÉANCE DE L'ACADÉMIE DES SCIENCES · texte numérisé non relu

SÉANCE DE L'ACADÉMIE DES SCIENCES

— Dans la section de mécanique, mon savant collègue, répondit en souriant l'étranger.

— Ceci est un peu fort,» ajouta M. Ampère : et prenantun Annuaire de l’Institut qui se trouvait là, il l’ouvrit avec vivacité, et y lut à cette date le nom de Napoléon Bonaparte, membre de l’Académie des sciences, nommé dans la section de mécanique, le 5 nivôse an VI.

C'était l’empereur qui venait de la hauteur de son rang courber sa tête sous le niveau de la science.

M. Ampère, fort troublé, se confondait en excuses : il avait une vue fort affaiblie, il ne reconnaissait pas l’empereur.….…

« Voilà l'inconvénient, monsieur, lui dit le souverain, qu’il y a à ne pas connaître ses collègues; je ne vous vois jamais aux Tuileries : nous vous forcerons bien d’y venir. » |

Ces paroles, dites avec une extrême bienveillance, rassurérent l’illustre géomètre, qui, ayant trouvé un autre fauteuil vide, alla s’y asseoir sans autre réclamation.

M. Geoffroy Saint-Hilaire demanda à l’empereur s’il permettait la continuation de la séance.

« Sans doute, dit Napoléon , il n’y a rien de nouveau ; l'assemblée est plus complète, voilà tout. »

M. le comte de Laplace parut à la tribune, et lut un mémoire que Napoléon parut écouter avec un vif intérêt.

Un ingénieur étranger à l’Académie succéda à M. de Laplace; il lut un discours sur les ponts souterrains construits sous les lits des fleuves. M. Brunel racontait les merveilleux travaux qu’il venait d'achever à Londres.

Après cette lecture, le président de l’Académie eut à nommer une commission, pour faire un rapport sur ce mémoire.

L'Académie éprouva une profonde surprise quand M. Geoffroy Saint-Hilaire dit à haute voix :

« je nomme membres de la commission quiexaminera le travail de M. Brunel, S. M. l’empereur, MM. Monge et Poisson. »

Tous les yeux se portèrent vers l’empereur, qui, se levant à demi, dit qu'il acceptait cette mission avec plaisir.

Cette séance mémorable fut alors levée. L'empereur demeura quelques instants au milieu de ces savants illustres qui l’entouraient de leur reconnaissance et de leurs hommages. Il s’entretint avec quelques-uns des matières les plus sublimes des sciences, puis il remonta en voiture, et retourna au château.

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