LE PAPE PIE VIE
pére, il se découvrit, et lui adressa le discours suivant d’une voix lente et solennelle :
« Très-saint pére,
« Les circonstances fatales qui ont causé votre douleur « ont cessé. Je les ai déplorées autant que Votre Sainteté « a pu le faire. La France et l’Europe savent quel a tou- « jours été mon respect pour la religion catholique et « son vertueux pohtife. Mon premier acte, en recevant « de Diéu la puissance, a été de relever ses autels. Et « dans les difficultés temporelles qui se sont élevées « entre le saint-siége et mon empire, jamais ma vénéra- « tion pour Votre Sainteté n’a été affaiblie.
« Les temps ont marché, et j'ai connu que les intérèts « de la religion catholique ne pouvaient être déplacés de « la capitale du monde chrétien. Rome est à vous, saint- « père, et cette ville vous sera rendue. Le patrimoine de « saint Pierre, que Charlemagne, mon prédécesseur, a « concédé au saint-siége, doit lui étre aftribué de nou- «veau, avec une organisation nouvelle qu'ont nécessitée « les temps et les besoins de mon empire.
« Je:supplie donc Votre Sainteté de mettre en oubli le « passé, ét des actes où ma volonté a été mal comprise, « et de retourner, s’il lui plaît, dans la capitale de l’italie, « qui réclame tant de courage et de vertus !
— « Mon fils, répondit le vénérable pontife, les yeux « baignés de larmes, mon fils! cette éclatante démarche « remplit mon cœur de joie et de gratitude. Que le Dieu « des armées bénisse à jamais vos armes et votre puis- « sance, qu'il oublie les invocations que dans mes dou- « leurs j'ai dû lui faire.
« Dieu tout-puissant, ajouta Pie VII, en levant ses « mains au ciel, que ma prière monte jusqu’à votre « trône, et que la deslinée de ce grand prince soit rem-