LE PAPE PIE VU
« plie de la gloire et du bonheur dont vous êtes la source « divine et intarissable ! »
Au moment où Pie VII abaissait ses mains tremblantes d'émotion et de prière, Napoléon les saisit, et s’inclinant, il se disposait à baiser l’anneau du pêcheur, lorsque le pape, dans un élan de joie, ouvrit les bras, et scella, dans un embrassement, la réconciliation extraordinaire de ces deux grandes puissances.
Tous deux entrérent dans le palais, au milieu du tumulte de la joie qui avait saisi tous les témoins de cette scène.
Arrivés dans le grand salon, le pape et les rois venaient de s'asseoir avec l’empereur, lorsque Napoléun se leva tout à coup, et d’un signe impérial commanda le silence. Le saint-père surpris et les rois se levèrent aussi, et quelques secondes d’une attente difficile à rendre furent suivies de cette nouvelle allocution de l’empereur :
« Trés-saint père,
« L'espoir de cet accueil si digne de vous et de moi, « et si désiré de nos peuples, ne m'a pas seul conduit « auprès de Votre Sainteté ; je viens encore lui apporter « le plus grand hommage que puisse en ce moment at- « tendre l’Église dont vous êtes le chef. »
Personne dans cette illustre assemblée, pas même le pape et les rois, ne s'attendait à ces paroles, et n’en connaissait le mystère, aussi y eut-il un mouvement de stupeur :
« Dieu, qui m’a protégé dans mes victoires, continua « Napoléon, m'a inspiré les résultats qui devaient les « suivre. La Russie, très-saint père, dans une partie de « nos traités que j'ai tenue secrète jusqu’à ce jour, a re- « noncé à toujours à son protectorat de la religion « grecque. Le czar a cessé d'en ètre le chef spirituel, à