TRAVAUX A ROME
Rome pleura cette perte, mais elle était si riche de colonnes antiques, de la colonne Antonine, des obélisques sans nombre qu'autrefois Auguste avait aussi enlevés au pays de Sésostris, qu’elle pleura dans le silence l'acte d’un conquérant qui faisait d’ailleurs tant pour elle.
Mais ce fut surtout pour l’église Saint-Pierre, cette seule merveille du monde moderne, que Napoléon occupa sa pensée et son action. Les successeurs envieux de Michel-Ange avaient voulu renchérir sur ses plans ; et, confondant le long avec le grand, ils avaient gâté la croix grecque du grand homme, étendu démesurément la nef de l’église, et plaqué à sa face le plus insignifiant des portails.
Napoléon voulait hardiment restituer à Saint-Pierre la grandeur primitive qu'avait créée Michel-Ange. Mais il y a dans les monuments religieux une double consécration d'art et de religion qui sanctifie leurs formes, et rend leurs fautes même vénérables. [l laissa donc la croix latine, dont l'étendue était regardée comme merveilleuse par les fidèles catholiques.
Mais, cette concession faite au sentiment religieux, il fit détruire les colonnes engagées du portail et les étages de croisées qui le déshonoraient. A leur place, s’élevèrent trois rangs superposés d'arcades inégales. Au bas cinq arcs immenses, au-dessus une ligne de dix plus petits, et enfin, au rang le plus élevé, vingt autres couronnés d’un attique admirable et de vingt et une statues colossales. Des colonnes toscanes, ioniennes et corinthiennes, séparaient et ornaient ces arcades, dont l’ensemble rappelait à la fois le grandiose du pont du Gard et la majesté du Colysée.
L'empereur donna lui-même le plan des canaux qui devaient servir au détournement du Tibre.
Les excavations profondes faites dans la ligne tracée