‹ Napoléon apocryphe, 1812-1832Chapitre 67 sur 154 · ALGER · texte numérisé non relu

ALGER

Vincennes, et plus tard transporté dans la Turquie d’Asie.

L'empereur, à qui cette conquête avait été représentée comme une des plus importantes pour la sûreté des mers, ordonna, après cette première victoire, la continuation de l’expédition sur toutes les côtes de la Barbarie, qui, depuis Maroc jusqu’en Égypte, furent balayéesde ces pirates. Les quatre empires barbaresques devinrent une colonie française ; Alger en fut la capitale ; un aide de camp de l’empereur fut nommé gouverneur général de la ville et de la colonie, à laquelle on donna le nom de France africaine. On trouva aussi dans les villes de Tunis, de Maroc et de Fez d'immenses trésors, qui vinrent s’engloutir dans les caves des Tuileries, où depuis longtemps l'empereur amoncelait des richesses incalculables.

Cette conquête avait été courte et glorieuse,mais décisive. Il ne resta plus rien de ces brigands qui, depuis dix siècles, infestaient la Méditerranée. Le commerce respira, et la France gagna, avec une colonie magnifique, une ligne de côtes qui lui donnait la possession presque entière de la ceinture de la Méditerranée.

Plus de deux millions de familles françaises et européennes, qui n’avaient que la misère dans leur patrie, obtinrent des concessions de terrains, et furent transportées en Afrique, où elles peuplèrent cette terre vaincue. Il y eut comme un enthousiasme d’émigration dans les classes pauvres, ce qui permit à l’empereur de ne pas réaliser sa volonté politique de rendre cette émigration obligatoire pour un ban de citoyens qu'il eût désigné.

Une triple organisation, judiciaire, administrative et militaire, fut établie dans la France africaine. Elle fut aussi divisée en départements, mais néanmoins sans cesser d'être soumise à un régime colonial, l'empereur n'ayant pas voulu la rendre partie intégrante de l'empire.

Page 1