‹ Napoléon apocryphe, 1812-1832Chapitre 77 sur 154 · SAINT-SIMON · texte numérisé non relu

SAINT-SIMON

utilité, et qu'il vit qu'aucun danger ne l’accompagnait, il laissa faire, ou favorisa en dirigeant. A la tête de ce mouvement était un homme, père et chef de cette philosophie politique, le comte de Saint-Simon, d’une imagination puissante, quoique le plus souvent prête à s'égarer, mais ayant posé le premier ce principe du perfectionnement social et de l'amélioration du sort de tous les hommes.

Un développement sans bornes de l’industrie était la base de son système, aussi s’avisa-t-il un jour de créer le mot industriel qui eut une grande fortune.

Napoléon fut frappé de certains travaux publiés par M. de Saint-Simon de 1810 à 1822. Rechercheur des hommes de force comme il l'était, il fixa ses regards sur ce novateur. Mais s’il rencontra juste en ce qui touchait le génie du philosophe, il se méprit sur sa véritable capacité ; il voulut en faire un homme d’action, et il setrouva que le penseur ne savait rien de plus que penser. Nommé successivement préfet à Avignon, puis à Nancy, M. de Saint-Simon ne fit que des fautes etse montra très-médiocre administrateur. Au bout de deux années, l'empereur lui retira ces fonctions et créa pour lui une place de directeur de l’industrie, sous les ordres du ministre du commerce. Mais là encore, le comte de Saint-Simon, trop inférieur ou trop supérieur peut-être à cette place, n’y apporta que des théories vagues, et une administration désordonnée. L'empereur, dégoûté de plus en plus de cet homme, dans lequel, à côté de tant de fautes, il lui fallait reconnaître un esprit d’une si haute portée, lui Ôta définitivement tout service actif, pour le reléguer dans les vaines fonctions de conseiller d’État en service extraordinaire.

Saint-Simon mourut tranquillement, et fort délaissé de l'empereur, en juin 1827.

- De son vivant, une réunion de jeunes gens l'ayant

Page 1