‹ Napoléon apocryphe, 1812-1832Chapitre 88 sur 154 · DISCOURS AU CORPS LÉGISLATIF · texte numérisé non relu

DISCOURS AU CORPS LÉGISLATIF

A travers ces grandes révolutions, l’empereur avait cru devoir conserver le sénat et le corps législatif, non pas qu'il n’eût atteint depuis longtemps le moment où il lui était tout à fait loisible de se passer d'eux, pour donner à la France et à l'empire des lois impériales sans le contrôle d’aucun autre pouvoir ; mais peut-être le souvenir même de cette lutte entre le souverain et le peuple, dont le corps législatif était le symbole, l’avait-il fait le conserver, oU pour respecter ce souvenir, ou pour montrer mieux que le peuple n'était plus aujourd’hui que l'ombre de cette réalité immense, Napoléon.

D'un autre côté, dans la machine administrative de l’empereur, ces deux corps de l’État avaient certaines fonctions de finances et de législation qui n'étaient pas sans utilité : il eût fallu, pour les remplacer dans cette action, créer d’autres conseils provenant plus directement de l'empereur, mais cela était devenu sans besoin, car il y avait dans l’obéissance de ces deux réunions d'hommes choisis quelque chose d’éclairé, et dans leur

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