DISCOURS
vbéissance même comme un reflet de la noblesse du souverain.
Enfin, l’empereur, en ne retirant pas aux peuples de l'empire la libre nomination de leurs députés au corps législatif, trouvait dans ces choix, libres d'esprit de parti, et ordinairement pleins de sagesse, la révélation d'hommes de mérite qu'il ne connaissait pas encore ; c'était comme un supplément à la rapidité de son coup d'œil dans sa recherche des hautes capacités. Et il ne trouvait pas d’inconvénient à appeler ses peuples à l’aider dans cette investigation.
Le sénat, augmenté en même temps que l'empire, comptait alors cinq cents sénateurs à vie, ayant chacun 40,000 fr. de traitement ; l’empereur avait retranché et détruit les anciennes sénatoreries, dont l'institution lui avait paru inutile, et pouvait sans besoin donner au sénateur local une importance peut-être dangereuse.
Ce sénat était devenu la magnifique retraite de toutes les grandeurs militaires, scientifiques, littéraires et administratives. Choisi avec la plus lumineuse sévérité par Napoléon lui-même, ce premier corps de l'Etat formait un faisceau de toutes les gloires françaises et imposait au pays la plus grande vénération.
Mais ni l’un ni l’autre de ces deux corps n'était politique. |
Aussi l'empereur, en ouvrant chaque année par un décret leurs sessions, se bornait-il à cet acte et avait-il comme oublié, depuis 1815, de paraître lui-même à la séance d'ouverture, qui pendant sept années n'avait été solennisée que par un discours de l’archichancelier pour l'empereur.
Un décret des derniers jours de novembre 1820 apprit que Napoléon en personne ouvrirait le 5 janvier 1821 la session des deux corps législatifs ; le Panthéon était désigné comme le lieu de la séance. . :