‹ Napoléon apocryphe, 1812-1832Chapitre 99 sur 154 · DESTRUCTION · texte numérisé non relu

DESTRUCTION

clamations, Napoléon s’avanca vers le saint sépulcre, où le clergé du couvent le reçut en chantant un T: Deum en action de grâces. Après l'avoir ‘entendu, il fit quelques pas dans l’église ; arrivé en face du sépulcre, ik fit apporter un brasier ardent, et ayant lui-même rompu et déchiré l’étendard de Mahomet, il le jeta en débris au milieu des flammes. Les prêtres, qui n'étaient pas avertis de cette solennité subite, s’y mélèrent avec enthousiasme; les chants des psaumes et les parfums des encensoirs accompagnèrent cet holocauste vengeur ; et quand tout fut consumé, Napoléon se retira au milieu des mêmes acclamations, et l’armée et le peuple s’écrièrent à la vue de ce sacrifice symbolique que la religion mahométane avait cessé d'exister sur la terre.

Elle avait en effet vécu, et sa fin ne surprit pas ses fils. La tradition mahométane annonçait depuis longues années l’arrivée d'un autre messie qui la frapperait à mort. Car les musulmans, malgré leur fanatisme, ne voyaient leur religion que comme une religion viagère et qui devait finir ; ils ne pouvaient douter de sa future disparition, et cette double et inexplicable conviction de sa vérité et de sa chute ne paraît pas la marque la moins certaine de leur aveuglement et de leur fanatisme irréfléchi. Les événements qui venaient de les écraser leur apprirent que le temps était arrivé, et pour eux la grande victoire de Jérusalem était la destruction de leur croyance et l'accomplissement des prophéties.

Le lendemain, Napoléon retourna de grand matin sur le champ de la victoire ; d’une éminence voisine, il contempla silencieusement cette montagne de trois cent mille corps des vaincus, qui semblait un seul cadavre ; il fut ému, ce spectacle parut absorber son âme dans de profondes et singulières pensées. Devant ces débris du mahométisme il gémit presque sur la destruction de cette croyance à laquelle il venait de porter le dernier

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