‹ Napoléon apocryphe, 1812-1832Chapitre 100 sur 154 · DU MAHOMÉTISME · texte numérisé non relu

DU MAHOMÉTISME

coup: il n’avait pas de haine contre elle, c'était un sacrifice fait plutôt à sa politique qu'à son opinion. On croit même que cette religion avec son fanatisme, ses : couleurs orientales, son enthousiasme, son énergie et son entière soumission au chef, plaisait à son esprit. Vingt années auparavant, il avait songé à ceindre le turban et à rejeter la France qui l’exilait dans ses conquêtes ; il hésitait alors si, à défaut d’elle, il ne se ferait pas une monarchie dans l'Orient. L'histoire a fait connaître avec quelle vénération à cette époque il avait protégé les croyances musulmanes, et avec quelle égalité, qui depuis lui a été si reprochée, il mélait en Égypte les noms du Christ et de Mahomet, lorsque son génie balançait entre l'empire et le dieu de la France, et l'em- : pire et le dieu de l'Asie.

Mais le monde avait éprouvé de grandes révolutions depuis la première campagne d'Égypte, et le dernier regret que Napoléon laissait tomber sur la fin de cette fausse croyance fit bientôt place à de plus hautes pensées. Cependant l’étrangeté de ce sentiment méritait d’être recueillie par l’histoire.

Pour rendre plus facile l'enlèvement de cette multitude de cadavres, l'empereur permit aux soldats de les dépouiller, en les enlevant du champ de bataille, des richesses incalculables dont ils étaient comme revêtus. Peu de jours n'étaient pas écoulés, que tous ces corps avaient été transportés dans une autre plaine plus au nord de Jérusalem, où ils furent ensevelis ou brûlés. Ce fut un nouveau service rendu à la ville sainte qui commençait à redouter ce voisinage funeste, car la peste n’eût pas tardé à se lever du milieu de ces montagnes de morts.

Maître ainsi de toute la Syrie, l’empereur distribua ses troupes dans les diverses tilles de la province. Le roi d'Espagne remonta vers Damas, qui ouvrit ses

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