Cinq habits de chasseur
Par la lettre en date du 19 août 1811, adressée au Grandmaiéchal, l’Empereur réglait de la façon suivante la confection de ses habits :
« 1 habit de grenadier au 1®'' janvier avec épaulettes, etc.
« 1 habit de chasseur au 1®® avril avec épaulettes, etc.
« 1 habit de grenadier au 1®*' juillet avec épaulettes, etc.
« 1 habit de chasseur au 1®*' octobre avec épaulettes, etc.
« A 360 francs chacun . 1,440 fr.
« Chaque habit devra durer trois ans. »
La note complémentaire de Duroc, en date de Trianon le 26 août 1811, s’explique ainsi ; a Les réformes ne doivent jamais avoir lieu que quand les quantités exislantes des différents objets dépassent les quantités qui doivent former le fonds, de manière que ce fonds soit toujours complet. 11 faut, pour les réformes, avoir la permission de Sa Majesté. Ainsi par e.vemple, il est fourni par chaque année quatre habits d’uniforme qui doivent durer chacun trois ans. Il doit donc y avoir toujours un fonds de douze babils. »
Par suite, en temps normal, quatre habits devaient être rcfoimés chaque année, et c’est la seulement ce qui explique le nombre relativement considérable d’habits existants qui ont pu authentiquement appartenir à l’Empereur.
Lorsque l’époque d un remplacement était arrivée ou quand il était besoin de quelque chose, le Conservateur de la Gaide- Robe en faisait la demande par écrit au Maître de la Garde- Robe qui l’approuvait et la remettait ensuite au fournisseur. C’était sur celte demande que le Conservateur de la Garde- Robe donnait le reçu des objets fournis lorsqu’ils avaient été agréés et jugés bons. Le fournisseur devait joindre ce reçu à son mémoire pour obtenir le paiement.
LA GARDE-ROBE
Les objets, lorsqu’ils étaient prêts, étaient présentés à Sa Majesté à sa toilette, par le Maître de la Garde-Robe, afin de voir s'ils allaient bien et s’ils convenaient à l’Empereur. Alors seulement le Conservateur les inscrivait dans son inventaire et en donnait reçu.
L’babit de grenadier fourni par Chevalier, doublé de drap écarlate, avec passe-épaulettes et
grenades à paillettes, coûtait . 250 fr.
Les épaulettes du grade de colonel, à dix-neuf
franges, doublées en drap écarlate . 148
La plaque de grand-croix sur l’habit . 62
Au total . 3G0 fr.
L’habit de chasseur à cheval coûtait 200 francs seulement. Les accessoires même prix que ci-dessus.
En 1815, Lejeune fit les habits de grenadier à 350 francs et de chasseur à 330 (compris épaulettes et plaque). Les deux habits de garde nationale livrés le 19 janvier 1814 et en mai 1815, coûtaient le même prix que l’habit de chasseur.
Les habits de grenadier surtout étaient très fréquemment nettoyés et réparés. Le tailleur y remettait des revers et des parements à 30 francs par habit.
A Sainte-Hélène, en 1821, l’Empereur n’avait plus que deux uniformes de grenadier, deux de chasseur et un de garde national. 11 fut revêtu après sa mort d’un uniforme des chasseurs de sa Garde. Par son testament il disposa, en faveur de son fils, d’un uniforme de chasseur, un de grenadier, un de garde national. L’uniforme restant de grenadier échut, dans le partage des effets, à Marchand, qui en fit hommage, le 4 juillet 1856, au Musée des Souverains.
Musée des Souverains, n» 392 : Uniforme de grenadier de la garde. « Cet uniforme des grenadiers de la Garde impériale, de l’année i8i3, orné d'épauleltes en or et d'une plaque de la Légion d'honneur fut tiré au sort; il m'échut en partage. »
(Note du comte Marchand).
Les trois autres uniformes doivent se trouver entre les mains des membres de la famille. Le prince Napoléon possédait l’uniforme de garde national.
APPENDICE
N** 6. Soixante-quatorze culottes de Casimir blanc N® 7. Soixante-quatorze vestes de Casimir blanc.
L’ordre du 19 août 1811 était ainsi conçu :
« Quarante-huit culottes et vestes blanches à 80
francs . . . 3 840 fr.
« Elles seront fournies toutes les semaines et devront durer trois ans. »
Le complet, suivant cet ordre, eût donc dû être de 144; mais ^our plusieurs causes il ne paraît avoir jamais été atteint. En 1812, o4 vestes et 54 culottes furent brûlées pendant la retraite, ce qui donna lieu à un renouvellement presque intégral de la Garde-Robe.
Chevalier, en l’an XIII, faisait payer veste et culotte 90 fr. II se réduisait à 85 francs en 1808. Lejeune, en 1813-1815, ne les faisait payer que 64 francs la paire.
Les vestes ne portaient point de boutons d’uniforme : elles avaient des boutons couverts de soie blanche.
A Sainte-Hélène l’Empereur n’avait plus que 23 culottes de Casimir blanc et neuf vestes.
Une culotte et une veste habillèrent son cadavre.
Quatre culottes et quatre vestes furent, par le testament, destinées à son fils.
Bertrand eut six culottes, Montholon six. Marchand six.
Marchand eut les quatre vestes restantes.
C’était l’exécution du § -I de l’Etat A : II ne sera vendu aucun des effets qui m'ont servi; le surplus sera partagé entre mes exécuteurs testamentaires et mes frères. »
Le 4 juillet 1836, le comte Marchand avait fait don au Musée des Souverains de « une culotte et une veste d’uniforme, Casimir blanc, à l’usage de l’Empereur à Sainte-Hélène. »
Ces objets étaient inscrits au Catalogue sous les n®* 293 et suivants, mais on n’avait pas jugé à propos de les exposer.
N® 8. Douze pantalons de Casimir blanc.
N® 9. Douze vestes de Casimir blanc.
LA GARDE-RODE
Les pantalons et vestes rentraient dans les effets extraordinaires, dont la commande n’était point prévue par l’ordre du 19 août 1811.
Néanmoins, on en trouve constamment, et il est certain que, avec les bottes à l’écuèyre, l’Empereur portait de préférence des pantalons collants et que, avec les demi-bottes, le Premier Consul ne portait que des pantalons. A l’Ile d’Elbe, l’Empereur voulut revenir à ces pantalons blancs, boulonnés par en bas, qu’il mit avec des bottes à revers, mais il s’y trouva gêné et reprit les culottes de Casimir blanc.
Ces pantalons étaient, avec la veste, payés 100 francs à Chevalier (an Xlll), 9o francs (1808).
Il ne se trouve point à Sainte-Hélène de ces pantalons de Casimir blanc. Par contre on y trouve :
1» Trois charivaris (bleu, nankin, amarante). Il est très vraisemblable que le charivari en nankin qui échut à Marchand, avait été confectionné à Sainte-Hélène. Quant au charivari bleu de ciel, qui échut à Moniholon, il avait été livré en juin 1815 par Lejeune et payé 120 bancs. Le charivari amarante, fourni par le même et qu’eut Bertrand, avait été payé 125 francs.
On a toujours dit que les charivaris étaient des pantalons doublés en peau entre les jambes, et boulonnés en dehors du haut en bas, de façon à pouvoir se mettre pardessus un autre pantalon. Il semble bien que la seconde partie de la définition est vraie pour ceux-ci, mais que la première peut être fausse.
Il n’existe d’ailleurs, semble-t-il, aucune représentation de l’Empereur avec un charivari. Pourtant il a porté des pantalons de cette forme surtout en voyage. On lui envoie le 6 octobre 1806, pendant la campagne de Prusse, 5 pantalons dits de voyage : 2 bleus, 2 pourpres, 1 bleu de ciel. Une autre fourniture d’un pantalon de voyage en Louviers bleu est faite en 1807. Une autre de pantalons de voyage en drap gris, écarlate, bleu, en 1812.
2» Deux culottes de drap bleu.
3* Trois pantalons et deux vestes de nankin.
APPENDICE
Un pantalon et une veste furent attribués à Montholon et -Bertrand. Un pantalon à Marchand.
Ces objets avaient sans doute été confectionnés à Sainte- Hélène.
4“ Onze gilets piqués et onze culottes de nankin.
Huit à Montholon et Bertrand; trois à Marchand. Ces objets avaient sans doute été confectionnés à Sainte-Hélène.
Néanmoins Lejeune fournit, en mai 1815, un gilet de piqué blanc, 36 francs.
C’est peut-être un de ceux-ci.
N® 10. Un casque en cuivre doré et bronzé.
On ne trouve aucune indication au sujet de ce casque. Sans doute, il existe diverses estampes et plusieurs médailles et intailles où Napoléon est représenté la tête casquée, mais il avait toujours semblé que c’était là une pure invention d’artiste. Ce casque ne se retrouve point à Sainte-Hélène. H n’en est point fait mention dans le testament. Mais ne peut-on supposer qu’il est resté chez M. de Turenne?
On pourrait penser qu’il s’agit ici du casque qui devait faire partie du grand costume des Grands chevaliers de l’ordre des Trois-Toisons : ce costume, réglé dans la séance du Conseil d’administration du 3 août 1811, comprenait en effet « un casque d’une forme simple, fond d’or, avec les ornements en acier; » mais il faudrait supposer que de longue date l’Empereur avait la pensée de casquer les Grands chevaliers, car du 3 au 11 août (où l’Inventaire a été rédigé) il est bien difficile qu’on ail confectionné ce casque.
N“ 11. Deux chapeaux de général bordés en op.
N® 12. Trois chapeaux de consul.
Nul de cos chapeaux ne se retrouve à Sainte-Hélène.
Nul ne semble avoir été signalé depuis lors. Il est d’autant plus permis de le regretter qu’on est très mal fixé sur les formes successivement adoptées par Bonaparte pour ses chapeaux de 1796 à 1804. Ce n’est point que les représentations fassent défaut, mais elles manquent de précision.
LA GARDE-ROBE
Le chapeau de 1797, celui que Mechel montre dans la gravure tant de fois contrefaite qu’il publia à Bâle, lors du passage du Général, est un chapeau presque à la Henri IV, bordé d’un large galon d’or, agrémenté d’une ganse attachée par un bouton et retenant une large cocarde en aile de papillon dont le blanc paraît être à rexlrémilé. Ce chapeau est surmonté d’un très large panache écrasé de huit plumes tricolores.
Bonaparte le porte carrément en bataille comme il portera plus tard son petit chapeau. C’est le chapeau qu’on retrouve dans un dessin original de Lafitte daté de 1796. (Lafitte était en Italie à celte date et a certainement vu Bonaparte). C’est celui qu’on voit encore' dans les portraits par Hilaire Le Dru, tant de fois reproduits et dans la pièce en couleurs gravée par Bromley : After an original drawing from Italy.
Le chapeau que Napoléon porte après la bataille de Marengo, comme Consul, se rapproche beaucoup plus du chapeau des généraux de division : il est bien plus long, bien moins haut que celui de 1797. Il n’est point bordé de galon, mais brodé d’une guirlande de feuilles de cliène : cette broderie est intérieure et extérieure. Le retroussis de derrière est plus haut que celui de devant. La ganse qui, dans la gravure de Birrel semble en diamants, attache une cocarde ronde et déjà beaucoup plus petite. C’est ici, peut-on dire, le chapeau officiel du Consulat, tel que la gravure d’Alix, d'après Appiani, le dessin d’Isabey, la Revue du Décadi, plusieurs autres estampes, dessins et tableaux le représentent. Mais on ne l’a point!
Tout récemment, il est vrai, M. Germain Bapst, dans un curieux arlicle qu’a publié La Vie contemporaine, a signalé l’existence d’un des chapeaux de Consul. Mon confrère et ami, chercheur si érudit que l’on éprouve quelque embarras à lui soumettre ces objections, me permettra pourtant de lui exposer mes doutes. Il dit que ce chapeau est conservé par M®* Claite, petite-fille de M. Giraud, vétérinaire en chef de l’armée et vétérinaire particulier de S. M. l’Empereur et Roi; à Marengo, dit-il, M. Giraud suivait le Consul ; celui-ci, dans un moment critique, se jeta en avant et dédaigna de faire ramasser son chapeau que le vent avait emporté; M. Giraud mit pied à
APPENDICE
terre et prit le chapeau, conservé depuis comme nue relique dans la famille.
Joseph Giraud a bien été vétérinaire en chef des Écuries, aux appoinlemenls de 1 800 francs; mais il n’a pn être vétérinaire en chef de l’armée; celte fonction n’existant pas. Il est étrange qu’un serviteur du Consul, ramassant le chapeau de son maître, ne le lui remette point et le garde pour en faire I une relique. Nulle part il n’est dit que Bonaparte fût tête nue à Marengo, et les témoins qui ont raconté la bataille n’eussent point manque de le mentionner; toutes les représentations graphiques contemporaines montrent au contraire le Consul coiffé d'un chapeau très haut, brodé ou galonné.
Lorsque, passant pour aller au Sacre de Milan, l’Empereur fit répéter à Marengo les manœuvres accomplies durant la bataille, on sait qu’il eut la fantaisie de revêtir le costume qu’il portait cinq années aupai avant. Deux témoins oculaires parlent de son chapeau endommagé, dont la large broderie d’or était noircie. Il est vrai que sans doute M. Bapst récusera ces deux témoins, dont les livres, dira-t-il, ont été arrangés. II n’est point discutable que les Mémoires de Constant et de Mlle Avrillon n’ont pas été rédigés par eux, mais ils l’ont été sur des notes précises, analogues à celles de Roustam, et s'il s’y rencontre des erreurs de dates, mes recherches m’ont prouvé que les faits y sont exactement rapportés, et que Constant, par exemple, donne très souvent des notions que ne fournil nul autre mémorialiste et dont les comptes de l’Empereur, les comptes les plus secrets, permettent de vérifier l’exactitude. Donc, en l’an XIII, selon ces deux témoins, l’Empereur avait encore dans sa gaide-robe son chapeau de Marengo. C’est ce même chapeau qui a été prêté à David pour son tableau du Mont-Saint-Bernard et M. David, le fils, confirme que son père a eu entre les mains l’habillement complet du Consul.
Une vérification serait peut-être possible : l’auteur de la brochure Marengo et ses monuments, possédait le carton du chapeau de Bonaparte, Peut-être ce carton est-il encore à Marengo; on pourrait vérifier si le chapeau dont M. Germain Bapst donne les mesures exactes — S5 centimètres d’une corne k l’autre, 26 centimètres dans la plus grande hauteur — peut
LA GARDE-ROBE
y être contenu. Mais encore, ce chapeau est-il bordé, comme était le chapeau de Marengo? M. Bapst ne le dit point, et il est bien probable que s’il n’y a au chapeau appartenant à M“* Claite, ni galon, ni trace d’ancien galonnage, ce chapeau n’a point appartenu au Consul.
N" 13. Sept chapeaux unis.
L’ordre en date du 19 août 1811 portait qu’il devait être fourni :
« Quatre chapeaux par an en même temps que les babils. • Le complet aurait donc dû être de douze chapeaux; mais il était rarement atteint, l’Empereur en perdant fort souvent, témoin l’histoire de Boulogne, etc. En Russie, dans la retraite, il en perd trois. Poupard, chapelier, costumier et passementier de l’Empereur et des Princes, faisait d’abord payer ses chapeaux 48 francs (deux louis), puis il les éleva à 60 francs, mais au réglement on lui rabattait presque régulièrement
10 francs : ce qui ramenait le chapeau castor français à 50 francs.
La coiffe était souvent grise, toujours piquée en soie, fréquemment renouvelée. Le chapeau mesurait de4i à 47 centimètres de longueur et de 24 à 26 centimètres de hauteur.
A Sainte-Hélène, il restait à l’Empereur quatre chapeaux d’uniforme : un fut placé dans le cercueil; un second était réservé par l’Empereur à son fils (c’est celui qui appartient aujourd'hui à M. J.-L. Gérôme, membre de l’Institut), un échut à Montholon, le quatrième enfin devint la propriété de Marchand. C’est celui qu’il offrit au Musée des Souverains où
11 était exposé sous le n® 391 et qui est ainsi décrit par Marchand lui même ; « Ce chapeau que portail l’Empereur en quittant la France, orné comme il l’est de la cocarde nationale, est celui avec lequel il est arrivé à Sainte-Hélène. Sa coiffe était grise : elle eut besoin d'élre changée : Santini lui mil celle qui existe. Mis plus tard à la réforme, enfermé dans une armoire jusqu’à la mort de l’Empereur, il devînt alors un objet de véné~ ration, fut tiré au sort entre le comte Bertrand, le comte Montholon et moi. Il m’échut en partage. »
On peut admettre que de 1803, époque à laquelle il com-
APPENDICE
mença à porter le chapeau uni, dit chapeau français, jusqu’en 1815, Napoléon eut près de cinquante chapeaux. En dehors de celui de Marchand, il s’en trouvait trois au Musée des Souverains et, de ces trois, deux étaient dits venir de Saiute- Hélène. On vient de voir pourquoi c’était impossible. Mais ils n’en sont pas moins authentiques et l’on connaît leur origine. Quant aux chapeaux que divers marchands ont présentés depuis quelques années comme des chapeaux de l’Empereur, il est presque impossible d’assurer qu’ils lui aient appartenu.
N“ 14. Six aiguillettes en or.
Dans aucun de ses portraits l’Empereur n’est représenté portant des aiguillettes, insigne distinctif de la Garde, des troupes d’élite et des élats-majors. On peut supposer qu’il tenait ces aiguillettes en réserve pour en décorer ceux des officiers qu’il appelait près de lui à un service d’aide de camp. Néanmoins, il est remarquable q,ue, le 14 juillet 1804, Stendhal qui a été militaire et sait ce que parler veut dire, note qu’il le voit passer en uniforme de colonel de ses gardes avec des aiguillettes. Il en aurait donc porté quelquefois dans les cérémonies, tout au début de l’Empire.
Aucun de ces objets ne se retrouve dans l’Inventaire de 1821.
§ 2. Effets de voyage.
No 15. Un grand manteau, de drap bleu pour le bivouac.
Testament. Etat A. « Un manteau bleu, celui que j'avais à Marengo. » Légué par l’Empereur à son fils.
État du Mobilier (1821). Un manteau bleu, collet brodé (Marengo).
La précision avec laquelle l’Empereur insiste sur ce fait que c’est là le manteau de Marengo, empêche de supposer qu’il s’agit ici du manteau de drap de Louviers bleu, payé 744 francs à Chevalier en mars 1809.
LA GARDE-ROBE
No 16. Un manteau à la mameluck en drap écarlate, brodé en or.
Ferdu en Russie. (Note de l’Inventaire de 1814.)
N® 17. Une pelisse en velours vert, brandebourgs en or, fourrure de martre.
On trouve dans les comptes deux pelisses de cette espèce • la première (velours vert, fourrée, avec 12 olives en cr) fournie au moment du départ pour la Prusse en septembre 1806; la seconde, semblable, en velours vert, à brandebourgs et olives en or, fournie le 26 mars 1813.
Dans le tableau de Lejeune, la Bataille d’Eylau, bien plus documentaire que celui de Gros, l’Empereur semble représenté avec cette pelisse.
Il est possible que ce soit la pelisse désignée dans l’État du mobilier sous le titre : une pelisse zibeline; pourtant dans l'État A elle est dite par l’Empereur ; une zibeline petite veste. En tout cas, cet objet a péri, mangé par les mites, pendant la traversée de retour des exécuteurs testamentaires.
N® 18. Une pelisse en étoffe écarlate, brandebourgs en or, fourrure en renard rouge.
Remise à M. le Préfet du Palais. (Note de l’Inventaire de 1814.)
Est-ce la même que la capote de drap écarlate, avec olives et brandebourgs en or, fournie le 10 novembre 1806?
L’Empereur, comme on le voit, a fait usage d’une façon fréquente de vêlements fourrés; ceux qui se trouvent indiqués ^ dans l’Inventaire de 1811, sont loin d’être les seuls qu’il ait portés.
A Strasbourg, en frimaire an XIV, il se fait faire une redingote grise fourrée; en septembre 1806 la capote de velours vert ci-dessus (n® 16); en 1807, une witchoura de renard jaune et de martre zibeline qui est transformée en redingote l’année suivante; en novembre 1806, la pelisse en étoffe écarlate n® 17.
En septembre 1808, Chevalier fournit une capote en velours gris dont voici le détail :
APPENDICE
Neuf aunes velours gris pour capote, à 42 francs. 388 fr. Les brandebourgs garnis de 30 olives avec bou¬
quet et 30 glands à torsade . 505
Façon et poches de la capote . 42
Plaque de la Légion d’honneur pour la grande
capote . 62
Total . 997 fr.
En décembre 1812, une pelisse de drap gris ouatée avec bordures et parements de chinchilla de 753 fr. 50; en mars 1813, une pelisse de velours vert (ci-dessus n» 16). On en trouverait d’autres encore.
Ces pelisses ont en général des agrafes forme de boucliers ciselés en relief. Ainsi l’agrafe fournie par Biennais en septembre 1808, prix 140 francs; ainsi l’agrafe en vermeil de la redingote faite à Strasbourg en 1805.
No 19. Cinq bonnets en velours pour les voitures.
Perdus en Russie. (Note de l’Inventaire de 1814.)
L’Empereur a porté constamment ces bonnets en velours, non seulement lorsqu’il voyageait, mais même à la guerre. On lui en fournit de plusieurs sortes :
En vendémiaire an XIII, deux bonnets de velours à 21 francs pièce.
En frimaire, sept bonnets en velours de Gênes, garnis de glands, à 48 francs.
En août 1807, un bonnet de velours vert garni en or, bandeau de peau de loutre du Kamschatka, 78 francs; un bonnet de velours vert garni en or, bandeau de fourrure, 60 francs; un bonnet de voyage en velours bleu; un bonnet de velours vert garni en or; un bonnet de velours gros bleu garni en or.
En 1811, huit bonnets de différentes couleurs et une loque de voyage en velours bleu.
En 1813, six bonnets de velours à 30 francs. (Fournisseurs : Poupard, Poupard et Delaunay, Maneglier.)
C’est un bonnet en fourrure, un bonnet à coiffe de velours vert, qu’il porte à Eylau lorsqu’il visite le champ de bataille.
C’ast un bonnet en velours cramoisi, garni de martre zibe-
LA GARDE-ROBE
line, qu’il porte à La Béiézina. 11 est vêtu de Tuniforme des chasseurs de la garde, avec veste et culotte blanche, et par dessus, d’une pelisse de marire zibeline.
En 1815, l’Empereur fait acheter pour le voyage deux bonnets de soie noire à 3 francs et 3 fr. 50.
Aucun de ces bonnets ne se retrouve à Sainte-Hélène.
N° 20. Deux draps de peau.
Perdus à Thorn. (Note de l’Inventaire de 1814.)
L’Empereur avait depuis longtemps l’usage, en campagne, de ces draps de peau qu’on voit nettoyer en 1807, au retour de la guerre de Prusse.
§ 3. Habits de chasse.
No 21. Trois habits de chasse à courre.
N® 22. Trois habits de chasse à tir.
L’ordre du 19 août 1811 porte :
« Deux habits de chasse : un à courre, à la Saint-Hubert; un à tir au l" août, 860 francs.
« Ces habits devront durer trois ans. »
L’habit de chasse à courre galonné or et argent, fourni par Chevalier, coûte 580 francs; l’habit de chasse à tir, 190 et 200 francs.
Plusieurs de ces habits avaient été emportés à Sainte- Hélène. L’Empereur avait fait enlever les galons de l’habit de chasse à courre et le portait habituellement. Tout une suite de dessins du général Gourgaud et d’officiers anglais le montrent en ce costume.
Dans l’État du mobilier (1821) on ne trouve pas d’habit de chasse, mais aux habits bourgeois, au moins un habit vert et une redingote verte.
N® 23. Trois ceinturons de chasse. Service ordinaire.
En février 1806. Un ceinturon de chasse or sur veaulac, boucle ciselée or mat.
APPENDICE
En 1809, deux cein lurons de chasse, galon d’or, 100 fr. pîece.
Mdsée des Souverains, n® 239 : Ceinturon porté par l'Empereur Napoléon J®® pour soutenir son couteau de chasse. Conservé par M. le comte de Turenne. Donné au Musée des Souverains par l’Empereur Napoléon IH, longueur 0^°, 950. Il est de velours vert ; des abeilles et des étoiles d’or sont brodées sur les bords; une tête de Méduse, d'un léger relief, orne la plaque d’argent doré qui ferme la ceinture.
N® 24. Deux couteaux de chasse.
État du Mobilier (1821). Un couteau de chasse.
Etat A, joint au testament. « Mon couteau de chasse confié au comte Bertrand pour le remettre à mon fils, lorsqu’il aura seize ans. »
Un couteau de chasse, venant de l’Empereur, se trouve à Rome, appartenant au prince Napoléon-Charles Bonaparte.
S 4. Habits bourgeois.
N® 25. Quatre habits de drap.
L’ordre du 19 août 1811 porte :
« Un habit bourgeois au l®® novembre. Devra durer trois ans, 200 francs. »
A Sainte-Hélène, État du mobilier, il a quatre habits bourgeois : deux, un gris et un brun, sont attribués à Bertrand; un, vert, est pour Montholon. Marchand ale quatrième, dont la couleur n’est pas désignée.
On ne trouve guère dans les comptes depuis 1810, la façon de plus de cinq babils bourgeois : un brun, en 1810; un bleu et un brun en 1811 ; un vert et un gris en 1812.
(Voir la note du n» 21.)
N® 26. Six redingotes de drap.
Trois brûlées en Russie. (Note de l’Inventaire de 1814 )
La couleur de ces reding i-'i-- u’est point désignée dans l’In-
LA GARDE-ROUE
ventaire de 1811 et c’est une erreur de croire que l’Empereur a porté uniquement des redingotes grises. « Dans les dernières années, dit d’Abrantès, il en portait souvent une bleue. »
On trouve dans les comptes en 1810 : deux redingotes, une verte et une Lieue; en janvier 1813 une redingote verte; en janvier 1814, une redingote verte; ailleurs, deux capotes de drap bleu.
L’ordre du 19 août 1811 porte d’ailleurs :
« Deux redingotes, une grise et l’autre d'une autre couleur, 400 francs.
« Elles seront fournies chaque année au !•' octobre et dureront trois ans. »
La redingote de couleur fournie par Chevalier coûtait 180 francs. La redingote grise fournie par le même, 190 francs.
En voici le détail lorsque la fourniture est faite par Lejeune:
Redingote. 2 aunes 1/2 drap gris . 143 fr.
Façon . 15
3 aunes de croisé pour la doublure . 6
Toile de coton pour les poches, compris celle du portefeuille, pièce d’estomac, taille du collet
et des revers . 6
Boutons de soie . 6
Total . 178 fr.
A Sainte-Hélène (État du mobilier), il restait deux redingotes grises, une verte.
L’Empereur lègue à son fils (État A), une capote grise et une capote verte.
La capote grise restante est attribuée à Montholon par le tirage au sort.
Musée des Souverains, n» 220 : La redingote grise de l'Empereur Napoléon donnée au Musée des Souverains par l’Empereur Napoléon 111.
La lettre qui suit y étant jointe : « L’Empereur me donne l’ordre de vous remeAtre le chapeau et la redingote grise ayant appartenu à l’Empereur Napoléon 1". Sa Majesté désire que ces deux objets, dont l’authenticité a été reconnue, prennent, dans le Musée des Souverains, la place qui leur appartient. »
APPENDICE
(Lettre adressée le i février éSoi à M. le Directeur général des Musées, par le Grand-Chambellan duc de Bassano. Archives du Musée).
Il n’est point dit d’où proviennent ces objets : on peut présumer que ce sont ceux qui avaient été légués par l’Empereur à son fils, remis par Marchand au général duc de Padoue, mandataire de Madame Mère, et attribués par elle à l’un de ses enfants. Mais il est permis d’en douter puisque l’on sait d’une façon certaine que le chapeau (Voir ci-dessus II § 12) réservé par l’Empereur à son fils, attribué par Madame Mère à sa fille, la Reine Caroline (M™' Mural), fut donné par celle-ci à M. F.-B. de M.. ., dont le fils le vendit à M. Gérôme. J'ai eu entre les mains toutes les preuves irrécusables de son authenticité. Donc, ce n’était pas le chaaeau de Sainte-Hélène qui était au Musée des Souverains, et quant à la redingote, si authentique qu’elle paraisse (sans doute, c’est celle qui se trouve aujourd’hui au Musée d’arlillerie) il serait bon de savoir comment elle était venue entre les mains de Napoléon III.
N® 27. Quatre gilets de piqué blanc.
(Voir I • 9 c'-dessus),
N» 28. Un gilet de drap de soie noire.
Un gilet semblable fourni par Lejeune en 1815.
N» 29, Un gilet de Casimir noir.
N® 30. Une culotte de Casimir noir.
Des culottes semblables sont fournies par Lejeune en janvier 1813 et en juin 1815.
N® 31. Trois chapeaux ronds.
« En bourgeois, dit M™® d’Abrantès, il avait un chapeau rond posé sur les yeux et planté tout droit ».
On trouve un chapeau rond de 36 francs fourni le 19 août 1808 et en frimaire an XIII un chapeau rond boucle en or. Dans l’ordre du 19 août 1811, la fourniture des chapeaux
LA GAnOE-ROBE 325
ronds n’est point prévue. Elle rentre dans les objets extraordinaires.
Il s’en trouve un à Sainte-Hélène. (État du mobilier). L’Empereur le lègue à son fils (État A).
N® 32. Cinq dominos pour les bals.
En 1810, deux dominos en talTelas.
En 1812, deux dominos : un gris, un bleu.
En 1813, un domino de levantine noire.
Dans les comptes de la petite cassette :
26 mars 1809 : à Constant, un mémoire de fournitures de dominos et de masques faites pen¬
dant le carnaval . 320 fr.
18 mars 1811 : à Constant, pour des masques et
dominos . 628 fr.
Les masques sont noir, bleu, violet, etc.
Aucun de ces objets ne se retrouve à Sainte-Hélène.
En dehors des habits bourgeois inventoriés de 1811 à 1814, il s’est trouvé à Sainte-Hélène, dans la gai de-robe de l’Empereur, en dehors des objets désignés dans la note additionnelle du n» 9 ci-dessus, un chapeau de paille qui fut attribué au général Bertrand. D’après la mesure prise exactement sur ce chapeau, l’Empereur avait 57 centimètres de tour de tête. Ce chapeau a été légué par M“«Thayer, née Bertrand, à S. A. I. le prince Victor Napoléon. 11 existe diverses représentations contemporaines de Napoléon en chapeau de paille, d'après des dessins faits par des officiers anglais à Sainte-Hélène. On est en droit de supposer que pour son Napoléon à Sainte-Hélène, Horace Vernet a eu, du Grand-maréchal Bertrand, l’autorisation de peindre d’après nature le chapeau et le costume de nankin de l’Empereur. Ce tableau a été gravé et n’est pas un des moins intéressants de l’œuvre du peintre.
APPENDICE
§ 5. Chaussures.
N® 33. Quatre-vingt-douze paires de bas de soie blancs.
Cinquante-quatre paires perdues en Russie. (Note de l’Inventaire de 1814.)
L’ordre du 19 août 1811 porte :
« Deux douzaines de bas de soie à 18 francs (une paire tous les quinze jours). 432 francs.
Doivent durer six ans. »
« Un jour, dit Marchand, il me demanda ce que coûtaient les bas de soie qu’il portait.
— Pour Votre Majesté, lui dis-je, ils sont de 18 francs.
—T Et pourquoi plus chers pour moi que pour un autre. Je n’entends pas cela. Dois-je être volé?
— Non, Sire. Je me plais à croire que la qualité jointe à ce que c’est pour Votre Majesté en élève le prix.
— C’est ce que je ne veux pas, à moins que tu n’en supportes la différence pour ton compte », me dit-il en me serrant fortement l’oreille. »
Le prix de ces bas fournis par Panier n’a point varié, mais ce qui varie ce sont les fournitures : 60 paires en 1807, 30 en 1808, 30 en 1810, 36 en 1813.
Sainte-Hélène (État du mobilier) ; 27 paires de bas de soie. Bertrand, Montholon et Marchand en ont chacun sept paires. Par l’état A, l’Empereur en lègue six paires à son fils.
N® 34. Deux paires de bas de soie noire.
Il ne s’en trouve pas à Sainte-Hélène.
C’est un objet extraordinaire non compris dans le budget.
N® 35. Trente paires de souliers à boucles .
Douze paires perdues en Russie. (Note de l’Inventaire de 1814.) L’ordre du 19 août 1811 porte :
« Vingt-quatre paires de souliers (une paire tous, les quinze jours, devant durer deux ans), 312 francs. »
LA GARDE-RODE
Le complet serait donc de 48 paires. 11 n’est jamais atteint, l’Empereur, comme on l’a vu, brûlant constamment ses chaussures en poussant le feu.
Les souliers, doublés en soie, sont fournis par Jacques. Ils coûtent 15 francs la paire. Avant qu’ils soient portés par l’Empereur, ils le sont, ainsi que les bottes, par Joseph Linden, garçon de la garde-robe, aux gages de 1,200 francs par an, lequel est chargé de les briser.
L’Empereur à Sainte-Hélène n’avait plus que quatre paires de souliers. Une est léguée à son fils par l’Étal A. Les trois autres sont partagées entre les exécuteurs testamentaires. Mais il semble douteux que ces souliers aient été apportés de France. Ceux qui étaient échus au général Bertrand sont très gros, très lourds, très épais, d’un travail qui semble un travail anglais. Us ont un centimètre de plus que les pantoufles, lesquelles venaient de Paris.
N» 36. Trois paires de souliers à cordons.
Les souliers à cordons, également fournis par Jacques au prix de 15 francs, sont un objet extraordinaire.
Ces trois paires de souliers sont perdues en Russie. (Inventaire de 1814.)
N» 37. Six paires de pantoufles unies.
N® 38. Six paires de pantoufles fourrées.
Les pantoufles sont toujours en maroquin vert ou en maroquin rouge. Elles sont fournies par Jacques et coûtent 15 et 16 francs. Celles qui sont doublées de fourrure ou doublées en peau d’agneau coûtent 18 francs. L’Empereur ne pouvait se séparer de ses vieilles pantoufles et on prétendait même qu’en 1815 son cordonnier avait fait voir un compte de raccommodages et de ressemelages se montant à 18 francs, et portant l'arrêté du Maître de la Garde-Robe.
Napoléon n’avait plus, à Sainte-Hélène, que quatre paires de pantoufles qui ont été partagées comme les souliers (voir cidessus n® 35). Les pantoufles en maroquin rouge très usées, qui viennent du général Bertrand, mesurent exactement 26 cenlimèlres de longueur.
APPENDICE
N® 39. Vingt-deux paires de bottes à l’écuyère.
D’après le budget (ordre du 19 août 1811) on devait fournir : « six paires de bottes devant durer deux ans; 600 francs. »
Le complet aurait donc dû être de douze paires.
Les bottes fournies par Jacques, doublées en maroquin ou en peluche de soie, coûtent uniformément 80 francs. Une paire faite en Allemagne en l’an XIV coûte seule 100 francs.
En 1821, il s’est trouvé dans la Garde-Robe quatre paires de bottes. Elles ont été partagées comme les souliers et les pantoufles.
La paire qui échut à Marchand, offerte par lui au Musée des Souverains, n’était pas exposée.
N® 40. Deux paires de bottes à revers.
On ne sait quand elles sont entrées dans la Garde-Robe et il ne s’en fait point ordinairement. On a vu ci-dessus (u®® 8 et 9) que l’Empereur essaya de se remettre à en porter pendant son séjour à l’ile d’Elbe. Il ne s’en trouve pas dans le mobilier de Sainte-Hélène.
$ 6. Linge.
N® 41. Neuf douzaines de chemises.
Six douzaines ont été brûlées en Russie. (Note de l’Inventaire en 1814.)
Chaque chemise emploie 2®, 88 d’une toile demi-hollande, qui coûte par aune (84 centimètres) 20 francs. La toile est fournie par M“®® Lolive et de Beuvry, lingères. La chemise, façon comprise, fournie blanchie, est payée 48 francs, quelquefois en toile hollande 60 francs.
D’après l’ordre du 19 août 1811, on doit chaque année fournir quatre douzaines de chemises qui doivent durer six ans. (Crédit ouvert; 2,830 francs — 58 à 59 fr. par chemise). Le complet qui ne sembla jamais avoir été atteint, devait donc être de 24 douzaines.
LA GARDE-RGDE
Le blanchissage par Durand, A la Pologne, rue de la Bienfaisance, coûte par chemise 60 centimes; par Barbier, à Neuilly, 50 centimes.
A Sainte-Hélène, il reste à l’Empereur quatre-vingt-sept chemises en toile de hollande. 11 en lègue six à son fils. Chacun des exécuteurs testamentaires en reçoit vingt-sept.
N» 42. Sept douzaines de cravates blanches.
Cinq douzaines brûlées en Russie. (Note de l’Inventaire en 1814.)
Les cravates blanches sont en mousseline de l’Inde qui coûte 45 francs l’aune.
Elles sont fournies par M"®’ Lolive et de Beuvry, qui emp'oient 56 centimètres de mousseline par cravate.
D’après l’otdre du 19 août 1811, on doit chaque année fournir 2 douzaines de cravates (crédit ouvert ; 720 francs; 30 francs par cravate). Elles doivent durer six ans. Le complet devrait donc être de 12 douzaines.
Le blanchissage par M”® Durand coûte 20 centimes par cravate.
A Sainte-Hélène (État du mobilier) on ne trouve pas de cravates blanches et pourtant dans l’État A (testament), l’Empereur en lègue six à son fils.
N® 43. Do\ize cols noirs de soie.
Onze brûlés en Russie. (Note de l’Inventaire en 1814.)
Ces cols de soie fournis par M"®* Lolive et de Beuvry coûtaient 8 francs la pièce. Ils sont épais, très hauts et lourds, montés sur double ou triple toile forte.
D’après l'ordre du 19 août 1811, on doit en fournir une douzaine par an. Ils étaient attachés par derrière par une petite boucle en or (voir ci-dessous IV, C. n® 8).
A Sainte-Hélène (État du mobilier) il s’en trouve quatre. L’Empereur les lègue à son fils (État A). Pourtant, d’après le partage entre les exécuteurs testamentaires, deux seulement sont réservés à Napoléon II. Bertrand et Montholon en reçoivent chacun un.
APPENDICE
N» 44. Douze douzaines de mouchoirs de poche.
Huit douzaines brüldes en Russie. (Note de l’Inventaire en 1814.)
Les mouchoirs fournis par Lolive et de Beuvry, sont en batiste; soit blancs unis, soit à vignettes et imprimés en diverses couleurs, mais toujours avec chiffre couronné, ils coûtent uniformément 12 francs pièce.
D’après l’ordre du 19 août 1811, on doit en fournir quatre douzaines par an. Ils doivent durer six ans. Le complet serait donc de 24 douzaines.
Le blanchissage d’un mouchoir par M™® Durand coûte 20 centimes; par Barbier (1810) 15 centimes.
A Sainte-Hélène (État du mobilier) se retrouvent 63 mouchoirs. Bien que par l’État A l’Empereur en ait légué six à son fils, les exécuteurs testamentaires en reçoivent chacun vingt.
No 45. Dix-neuf douzaines de serviettes de toilette.
Douze douzaines brûlées en Russie. (Note de l’Inventaire en 1814.)
Les serviettes de toilette sont en toile de Gourtray, fournies par Lolive et de Beuvry et coûtent 8 francs l’aune. La serviette a une aune en carré.
Pourtant, d’après l’ordre du 19 août 1811, un crédit de 720 francs est ouvert pour la fourniture annuelle de deux douzaines de serviettes, lesquelles reviendraient ainsi à 30 francs la pièce.
Le blanchissage d’une serviette par Durand (1806) coûte 20 centimes; par Barbier (1810) 15 centimes.
A Sainte-Hélène (État du mobilier) se retrouvent 15 serviettes. Bien que par l’État A l’Empereur en ait légué six à son fils, les exécuteurs testamentaires se les partagent et en reçoivent chacun cinq.
N° 46. Trois douzaines de serviettes à enveloppes.
Deux douzaines brûlées en Russie.. (Note de l’Inventaire en 1814.)
LA GARDE-RODE
Je ne rencontre aucun renseignement à ce sujet.
N® 47. Trois douzaines de chaussons de mérinos.
Deux douzaines brûlées en Russie. (Note de l’Inventaire en 1814.)
Les chaussons de laine ou de mérinos sont fournis par Panier et coûtent 2 fr. 50 la paire.
D’après l’ordre du 19 août 1811, il doit en être fourni deux douzaines par an, et l’Empereur ouvre un crédit de 432 fr., ce qui mettrait la paire de chaussons à 18 francs, comme la paire de bas de soie. Pourtant la facture de Panier en 1808 précise bien le chiffre de 2 fr. 50.
A Sainte-Hélène (État du mobilier) il reste 18 paires de ces chaussons qui se trouvent dé'ignés sous le nom de chaussettes. Bien que l Empereur en ait légué si.x paires à son fils, les exécuteurs testamentaires s’eu partagent douze paires.
Une de ces paires de chaussons qui appartenait au général Bertrand, a été léguée par M™® 'l'hayer, née Bertrand, à S. A. I. le Prince Victor Napoléon. Ces chaussons, fort usés du bout, mesurent en longueur un peu moins de 26 centimètres.
5 7. Service de la chambre à coucher.
N® 48. Douze robes de chambre en basin piqué.
Huit brûlées en Russie, (^ote de l’Inventaire en 1814.)
Les robes de chambre en basin piqué, parfois doublées en molleton de coton, sont fournies par le tailleur. Chevalier, en 1808, les fait payer 200 francs. Lejeune (1813 et 1815) 175 francs et 130 francs lorsqu'elles ne sont pas doublées.
L’ordre du 19 août 1811 ordonne la fourniture annuelle d’une robe de chambre de piqué le 1®’’ mai. Elle devra durer trois ans et le crédit ouvert est de 250 francs.
Le blanchissage d’une robe de chambre coûte 3 francs par Mme Durand, 2 fr. 50 par Barbier.
A Sainte-Hélène (État du mobilier) il s’en trouve huit. Deux
APPENDICE
sonl léguées par Napoléon à son üls. Les six autres sont partagées entre les exécuteurs testamentaires.
N® 49. Six robes de chambre en molleton de laine.
Quatre brûlées en Russie. (Note de l’Inventaire en 1814.)
Je ne trouve pas d’indication au sujet des robes de chambre en molleton de laine qui, peut-être, se trouvent dans les factures et dans l’Inventaire de 1821, confondues avec les robes de chambre en piqué. Le même crédit (250 francs) était ouvert pour les unes et les autres. On devait en fournir par année, le l®*" octobre, une seule, qui devait durer trois ans.
N® 50. Douze pantalons à pied en futaine.
Cinq brûlés en Russie. (Note de l'Inventaire en 1814.)
Les caleçons de futaine à 22 francs fournis par Chevalier en 1808, les pantalons de laine fins à 21 francs fournis par Panier la même année, les pantalons à pied de finette à 28 francs fournis par Lejeune en 1815, peuvent servir à établir un prix moyen.
L’Empereur, par l’ordre du 19 août 1811, avait ordonné la fourniture annuelle d’un pantalon à pied de piqué (crédit ouveit : 30 francs) et d’un pantalon à pied de futaine (crédit ouvert : 30 fiancs). Mais à moins que ces pintalons à pied de piqué ne soient jeprésentés par les caleçons de toile à 20 Ir. la pièce, fournis à diverses reprises par Chevalier, je n’en trouve pas la trace.
A Sainte-Hélène (État du mobilier) il reste neuf pantalons de nuit (sic). L’Empereur, par l’Etat A, en lègue deux à son fils. Les exécuteurs testamentaires s’en partagent six.
N® 51. Trois gilets de taffetas ouatés.
Chevalier a fourni en germinal an XIII, quatre gilets de soie ouatés à 48 francs pièce; il fournit en octobre 1808 quatre gilets de taffetas ouatés à 54 francs l’un
C’est un objet extraordinaire et il ne s’en retrouve pas à Sainte-Hélène. ,■
LA GARDE-ROBE
N* 52. Douze madras pour la tête.
Huit perdus en Russie. (Note de l’Inventaire en 1814.)
Les madras devaient coûter un louis pièce (24 francs). On devait en fournir six par an et ils devaient durer trois ans. Ils coûtaient 20 centimes de blanchissage.
Il s'en trouve dix-neuf à Sainte-Hélène. L'Empereur (Éiat A) en lègue six à son fils. Bertrand en reçoit quatre, Montholon quatre, Marcliand deux.
l’as d’indication sur la destinée des trois autres.
N" 53. Trente-six gilets de flanelle.
Trente perclus en Russie. (Note de l’Inventaire en 1814.)
Les gilets de tlanelle fournis par le tailleur coûtaient 30 fr. pièce.
Chevalier (geiminil an XIII) 38 francs; le même (-«eiitembre 1808) 40 francs; le même (décembre 1808) 40 francs. Lejeune, tailleur de l’Empereur, en 1811, les remet à 30 francs.
D’après l’ordre du 19 août 1811, on devait en livrer 48 patan, au prix de 30 francs.
Us devaient durer trois ans.
Le blancliissige par .\I“* Durand coûtait 1 franc, par Barbier, 60 centimes.
Il se trouv.iil à Sainte-Hélène vingt-un gilets de flanelle. Six ont été légués par l’Empereur à son fils. Les exécuteurs testamentaires se sont partagés les quinze autres.
N” 54. Neuf gilets de cachemire.
Brûlés à Orcha. (Note de l’Inventaire en 1814.)
On trouve en 1808 la façon à 10 francs pièce, par Chevalier, de six gilets de cachemire. Nulle autre indication.