III. ARMES
N» 1. Un glaive en or, fourreau en écaille avec son étui Grand costume de la Légion .
Fourni par Biennais « Au Singe violet » le 7 brumaire, an XIII : « Un glaive à poignée d’or, la garde formée de deux aigles portant en sautoir une croix de la Légion d'honneur émaillée. Les aigles sur une couronne d’étoiles du nombre des cohortes de la Légion. Devises : « veni, vidi, vici » — « Honneur ET Patrie » Le pommeau décoré delà Couronne de Fer, de la couronne Impériale et de couronnes de laur iers, payé 7 000 fr.
La boîte, 192 francs.
Ce glaive ne se retrouve pas à l’inventaire de 1821.
n semble bien être le môme que celui qui était exposé sous le n“ 173 au Musée des Souverains et dont voici la description :
« Épée de cérémonie de l'Empereur Napoléon Donnée au Musée des Souverains par l’Empereur Napoléon III. »
(Longueur 0^,910.)
« La lame, étroite et fine, est d’acier, ornée à sa partie svpé- « rieure, mais d'un côté seulement, d'incrustations d'or, ciselées, « dont les principaux motifs sont une couronne impériale, la lettre « N, initiale du nom de Napoléon, l’aigle impérial et, plus bas, les <a lettres . I. R. (Imperutor Rex.)
« La poignée est d'or richement et finement ciselé; un aigle « couronné et portant au cou la croix de la Légion d'honneur est « placé sur le milieu de la garde, appuyant ses serres sur un écu « que remplit la lettre N; une guirlande d'étoiles et la devise : « VENI, VIDI, vici. Sur les branches de la garde on lit : Honneur « ET Patrie. Des abeilles, encadrées dans des lauriers, décore t « la fusée. Le pommeau est composé de la superposition de quatre i< couronnes : la première, d’olivier et chêne, la seconde, d’étoiles,
LA GARDE-ROBE
« la troisième ést la Couronne de Fer, la quatrième, la couronne « Impériale. L’extrémité du pommeau peut servir de cachet. On y « voit, gravées en creux, les armes de l'Empire et on y lit ces « mots : Napoléon, Empereur et Roi. (Les deux côtés de la poignée «e sont semblables.)
« Le fourreau d' écaille, semé d’aigles et d'abeilles, qui sont d'or « incrustés et gravés, est, à trois places, garni d’armatures en or « ciselé dont les motifs principaux sont des foudres, des abeilles, « des palmes.
« L'orfèvre qui a exécuté cette épée a gravé son nom sur l’extré- « mité supérieure du fourreau, en un endroit que recouvre la « pointe de la garde : Biennais, orfèvre de Leurs Majestés Im- « pÉRiALEs, et de l'autre; a Paris, 1806. »
Cette date est gênante pour l’assimilalion. — Mais les mauvaises lectures sont fréquentes dans le Catalogue de M. Henry Barbey de Jouy. En tout cas, l’identité des deux descriptions est singulière.
N® 2. Deux épées montées en or avec leurs fourreaux montés en or. Service ordinaire. Un fourreau de rechange pour lesdites .
Inventaire de I82i ■' « Une épée, celle que S. M. portait à Austerlitz. »
Léguée par l’Empereur à son üls.
Confiée au Grand-maréchal Bertrand : « Je charge le comte Bertrand de soigner et de conserver ces objets et de les remettre à mon fils lorsqu’il aura seize ans. »
Offerte par M. le comte Bertrand au Roi Louis-Philippe, en 1840.
Déposée dans la cella du Tombeau, aux Invalides.
Facture de Biennais en 1806 : « Une épée en or à 20 k. Ciselée : la poignée, ornée par le bas d’une Couronne de Fer enveloppée d’une couronne de lauriers; le milieu avec tètes de Minerve et d’Hercule dans des médaillons enrichis d’arabesques. Le pommeau avec casque et hibou; la branche, ornée d’aigles et d’abeilles et terminée par une petite tête de lion antique. La garde, à coquille renversée avec aigle posé sur son
APPENDICE
foudre, ciselé sur uu bouclier dont la bordure est parsemée de 16 abeilles, nombre des seize Cohortes. La lame, fusée en acier et incrustée d'ornements. Le fourreau en écaille, les bélièi'es et le bout en or : 5 700 francs.
« Remis à neuf l’épée en or de S. M., avoir démonté, remonté et netto3’é ses pièces, fait graver et incruster sur la lame ces mots : « Épée que portait l’Empereur à la bataille d’Austerlitz. »
Si l’épée payée en 1806 n’est point celle d’Austerlitz, elle est en tout cas presque semblable. Mais ce qui doit attirer l’attention c’est que, de 1811 à 18t4, l’Empereur n’a absolument que deux épées en service ordinaire, que, en 1821, il ne s’en trouve plus qu’une et que celle-ci, qui est son épée est aux Invalides.
ün ne saurait nier, néanmoins, que dans les comptes, pourtant fort incomplets, de la Garde-robe de l’Empereur, ne se trouve l’indication de fournitures d’épées bien plus nombreuses. On sait que l’une de ces épées a été donnée par Napoléon à l’Empereur Alexandre, mais c’est la seule dont on connaisse la destinée. C’est le sabre qu’il a porté dans ses campagnes d’Italie, qu’il envoie à Eugène, en présent, au mois de janvier 1808; c’est Ze sabre qu’il portait à Marengo qu’il donne à son frère Jérôme; c’est un sabre qu’il a fait fabriquer par Biennais et payé 14 300 francs qu’il donne à son frère Louis; c’est un glaive, aussi fabriqué par Biennais et payé 7 000 Irancs qu’il offre au Roi de Bavière ; il donne des sabres à des officiers russes, à quantité de gens; mais ce ne sont point les épées qu’il a portées : et pourtant voici une épée de son modèle fournie en l'an XIV; deux en 1806; une en 1808, et il en est bien d’autres. Ce point est donc un des plus nécessaires à éclaircir et, sans prétendre en rien à donner une explication, je me borne à poser la question : à qui Napoléon a-t-il donné de ses épées? Que sont devenues ces épées?
N® 3. 'Une épée à la française en vermeil.
En 1821, cette épée est en dépôt chez M. le comte de Tu* renne.
L’Empereur l’a léguée à son ûls (État B).
Non retrouvée.
LA GARDE-ROBE
N® 4. Un glaive, poignée en ivoire, fourreau en nacre Costume de Premier Consul.
En 1821, ce glaive est en dépôt chez M. le comte de Turenne.
L’Empereur le lègue à son fils (État B).
Musée des Souverains. N® 168 Glaive de Napoléon, Premier Consul. C'est celui que l’Empereur, dans son testament, appelle son glaive et qu’il lègue à son fils. (Longueur 0”^,9I0).
La lame est d’acier quadrangulaire, terminée en pointe, ornée, en sa partie supérieure, d’incrustations d’or dont les motifs sont des trophées et qui se détachent sur un fond dépoli. La poignée, d’ivoire, est presque cylindrique, taillée à côtes, enrichie, sur les deux côtés aplatis, de trophées ciselés en relief d'argent doré, composés d’armes, d’étendards et ayant, sur leur milieu, un bouclier dont le fond, d’émail rouge, porte une tête de Méduse, ciselée en or; au-dessus du bouclier est un écusson sur lequel se détachent, en or et en émail bleu, les lettres R. P. I. (République Française). Deux aigles sont ciselés en or sur la garde qui est d’argent doré, orné d’émaux rouges et, sur le côté qui regarde la lame, sont deux médaillons contenant ces mots : Manufacture a Versailles — Boutet, directeur artiste. Le pommeau est formé par deux têtes de lion, adossées, d’argent doré, ciselées en ronde bosse.
Le fourreau (.Y® 169} — longueur 0’°,773, est composé de plaques de nacre de perles, ajustées dans des encadrements dorés. A la partie supérieure et vers la pointe, des or'.ements ciselés sur le métal en constituent la partie décorative; quelques médaillons dont les fonds sont en émail rouge ajoutent un peu de couleur à l’éclat du mêlai; sur l’un de ces médaillons est une tête de la République; sur celui qui lui est opposé, une image de la patrie; et les trophées finement ciselés qui se relient à l’un et à l’autre sont composés de la réunion d'instruments de métiers, des sciences et des arts.
Il se trouve au Musée d’Artillerie(J. 386 et J. 418, collection Lepel-Gointet) deux glaives de Premier Consul (sic) qui n’onl aucun rapport aveccelui du Musée des Souverains et dont rallri* bulion semble plus que douteuse. Au surplus, c’est dans cette
APPENDICE
collecLion Lepel -CoiiUet que se renconire une croix de commandeur de la Légion d’honneur du Consulat'
N“ 5. Une épée à lame plate, garde en ivoire.
Non retrouvée.
N® 6. Un sabre que portait S. M. à la bataille d’Aboukir.
Donné au général Drouot à Fontainebleau. (Inventaire en 1814.)
Il n’est point douteu.x que l’Empereur a donné, à Fontainebleau, au général DrouoI, un sabre oriental, mais est-ce celui qu’il portait à la bataille d’Aboukir? Le biographe le mieux informé de Drouot dit simi^lement de ce sabre, offert par le général à la viUe de Nancy le 5 décembre 1835 et conservé, depuis lors, au Musée de cette ville : « Un magnifique cimeterre que l’Empereur avait longtemps porté avant de lui en faire présent. »
Dans VInventaire dei821 dressé à Sainte-Hélène on trouve : « Un sabre, celui que S. M. portait à Aboukir. » Ce sabre, l’Empereur l’a confondu avec le sabre de Sobieski qui n’était pas à Sainte-Hélène, mais chez M. le comte de Turenne — et c’est ainsi qu’il a disposé deux fois, en faveur de son fils, de l’arme qu’il appelle le sabre de SobieskL De fait, le sabre qu’il portait à Ahoukir, bien qu’il se trouvât à Sainte-Hélène, ne lui appartenait plus : il l’avait donné, en 1814. à Fontainebleau, au général Bertrand.
f\oir ci-dessous n° 13 '
N® 7. Deux sabres à la mameluck.
Donnés au Roi de Naples. (Inventaire en 1814).
N® 8. Un sabre ayant appartenu au Roi de Pologne.
Ce sabre, désigné dans l’État B comme le sabre de Sobieski, dans VDiventaire comme « donné par la ville de 'Varsovie », est, en 1821, déposé chez le comte de Turenne. Il est légué par l’Empereur à son fils à deux reprises (État A, § 2. État B, § 3). On peut se demander s’il tm s'agit pas du sabre conservé au
LA GARDE- ROBE
Musée d’Arlillerie sous le n» J. H9, comme celui d’Élienne Bathory, roi de Pologne, et venu au Musée, en 1861, de la Bibliothèque Nationale. M. Du Casse dit (Les dessous du coup d’État, page 234) que ce sabre, venu au Roi Jérôme dans le partage des objets de Napoléon I®', aurait été, vers 1851, rachelé par le Prince Président, moyennant la somme de 7 000 francs et déposé au Musée d’Arlillerie.
N® 9. Un sabre, la poignée en ivoire, le fourreau en fêr, orné d’étoiles d’or. (Modèle.)]
Est-ce l’épée désignée dans l’État B comme se trouvant en dépôt chez le comte de Turenne, que l'Empereur nomme : Une épée en fer et qu’il lègue à son fils?
N® 10. Un sabre que portait S. M. à la bataille du Mont-Thabor.
Donné par S. M. au Maréchal duc de Tarente à Fontainebleau . (Inventaire en 1814).
Macdonald rapporte que l’Empereur, en lui donnant ce sabre, aurait dit; « Vous pouvez, sans blesser votre délicatesse, accepter im cadeau d’un autre genre. C’est le sabre de Mourad- Bey que j’ai porlé à la bataille du Mont-Thabor. Acceptez-le en souvenir de moi et de mon amitié pour vous. »
No 11. Un sabre à lame droite, garde en cuivre doré. Donné au comte de Turenne. (Inventaire en 1814.)
N® 12. Un sabre dont le fourreau est en cristal. La lame entièrement gravée. Ce sabre a son ceinturon en dra.p rouge brodé en or. Le tout renfermé dans un étui.
Donné au dix de Vicence. (Inventaire en 1814).
No 13. Un sabre dont la poignée est* surmontée d’une tête de cheval. Le fourreau garni en perles. Le tout renfermé dans un étui.
Donné au comte Bertrand. (Inventaire en 1814.)
APPENDICE
Le général Bertrand, dans l’Exposé fait par l’ancien Grandmaréchal Bertrand, relativement aux armes de Napoléon, dit, page b : « L’Empereur me fit don du sabre qu’il portait à la bataille d’Aboukir. »
Cette note de Bertrand se trouve en contradiction avec l’indication du gardien de la garde-robe (Voir n® 6 ci-dessus) et concorde d’aiitre part avec la note de Marchand (Inventaire. — Armes de S. M.) : Un sabre, celui qu’Elle portait à Aboukir.
Le fait que l’Empereur eût conservé dans sa garde-robe le sabre qu’il avait précédemment donné à Bertrand, s’explique fort bien par l’instabilité de l'habitation du Grand-MarécI ai par le fait que l’Empereur, à Sainte-Hélène, aimait à avoir sous la main tout ce qui lui rappelait les temps anciens. Il avait aussi (v. Exposé cité ci-dessus) donné à Bertrand son grand nécessaire et pourtant il le reprend dans sa garde-robe et, par son Testament, il le lègue à son fils. Bien mieux, il a emprunté à Bertrand un médaillon représentant l’Impératrice Joséphine, et ce médaillon est compris dans l’Inventaire.
Il est à remarquer que si, dans le testament et les codiciles, il est fait deux mentions du sabre dit de Sobieski, il n’en est fait aucune du sabre donné au général Bertrand et les exécuteurs testamentaires, pour expliquer la confusion entre les deux mentions du sabre de Sobieski ont rédigé cette note : « Le sabre, porté sur l’État A (Testament § 2) est celui que l’Empereur portail à Aboukir et qui est entre les mains du comte Bertrand. »
N® 14. Trois étuis ne contenant rien.
N® 15. Une garde de sabre démontée, antique.
« Poignée de sabre antique » qui, en 1821, est en dépôt chez M. le comte de Turenne.
Léguée par l’Empereur au Prince Jérôme (État B, § 2).
N® 10. Un poignard" à la mameluck : la poignée en or le fourreau en velours.
Désigné Inventaire de 1821 : « Un Poignard ».
Testament, § 2 : « Mon poignard ».
LÀ GÀRDE-nOOE
Légué par l'Empereur à son fils.
Musée des Souverains. N» 170. Poignard ayant appartenu à l’Empereur Napoléon J". C’est celui que l’Empereur, dans son testament, appelle son poignard et qu’il a légué à son (ils (Longueur, 0’^,303.)
Lapoijnée est un travail d’orfèvrerie italienne du xvi® siècle; la composition est fort ingénieuse ( t l’or est ciselé avec autant de finesse que de goût. Ce sont des lartouches dont la succession et l’enlacement forment une sorte de réseau sertissant de places en places comme cia . s un ladre élégant des petites têtes d’hommes ou de femmes et, sur le pommeau, des mufles de lions. Des émaux de couleurs variées sont pjsés sur tous les enroulements dont ils accusent les contours.
Ce beau poignard du xvi® siècle fut offert à Napoléon Bonaparte, général en chef de l’armée d’Égypte, apres la prise de Malte et la dissolution de l’ordre de Malle. Il avait été jusque-là en la possession des grands-maitres de l’Ordre de Malte, ayant été donné à l’un a’eux, Jean Parisot de La Valelte, par le pape Pie IV, pour avoir défendu Malle contre l’armée de Soliman.
Le fourreau, d’argent doré, est garni de velours rouge, il a été fait par Bknnais, orfèvre de l’Empereur, et porte son nom gravé à l'intérieur. Les ornements sont finement ciselés ; de chaque côté, on voit l’aigle impérial couronné et une abeille.
11 convenait de conserver telle quelle la rédaction de M. H. Barbey de Jouy. En réalité, ce poignard lut enlevé de la Conseixatorerie de Malte en même temps que l’épée du grandmaître La Valette, l'estoc et le casque de Manoel Vilbena, des trophées de toutes sortes, l’argenterie des églises et des chevaliers, etc. — Suivant Miège, 111. 152 et Boisgelin, 11. 220, il avait été donné, non par le Pape, mais par le roi d’Espagne, Philippe II, au grand-maître La Valette.
No 17. Un ceinturon en cuir noir, boucle en or.
N° 18. Un ceinturon en soie.
Peut-être le ceinturon de soie blanche fourni en 1811, payé
francs.
342 APPENDICE
N“ 19. Un cordon soie et or avec sa garniture en cuivra
doré.
No 20. Deux ceinturons en soie avec crochets en or.
No 21. Trois crochets d’épée en or.
No 22. Un ceinturon boucle en or.
Nos 20 et 22 : six boucles de ceinturon en forme de boucliers ornés de têtes d’aigles, lettre initiale N et garnis chacun d’un S en serpent pour servir de crochet, l’un pour ceinturon de soie, les autres pour ceinturon de peau de renne brodés en or — 1 268 francs (Biennais).
On trouve, en février 1806, une fourniture de dix ceinturons veau lac, garniture d’argent lin; en 1815, une autre fourniture de six ceinturons d’épée à 60 francs la pièce.
A Sainte-Hélène, on ne trouve, dans l’État du partage du mobilier, qu’un ceinturon d’épée qui fut attribué à Montholon.