L'ABDICATION
ment. Si vos soixante ans pèsent sur vous, quittez-le et remettez-le au plus ancien de vos officiers généraux. La patrie est menacée et en danger ; elle ne peut être sauvée que par l'audace et de la bonne volonté et non par de vaines tem.porisations. Vous devez avoir un noyau de plus de six mille hommes de troupes d'élite. Je n'en ai pas tant, et j'ai pourtant détruit trois armées, fait quarante mille prisonniers, pris deux cents pièces de canon et sauvé trois fois la capitale. L'ennemi fuit de tous côtés sur Troyes.
Soye{ le premier aux balles. Il n'est plus question d'agir comme dans les derniers temps, mais il faut reprendre ses boites et la résolution de 93- Quand les Français verront votre panache aux avant-postes, et qu'ils vous verront vous exposer le premier aux coups de fusil, vous en ferez ce que vous voudrez.
Langage admirable, éclatant comme un clairon de bataille, et qui ne fut pas entendu.
Aussi bien, génie militaire, éloquence railleuse ou entraînante, tout demeura également inutile. Il fallut en arriver à cette matinée du 4 avril, où fut signée l'abdication.
U abdication.
Les Puissances alliées ayant proclamé que l'empereur Napoléon était le seul obstacle au rétablissement de la paix en Europe, l'empereur Napoléon, fidèle à ses serments, déclare qu'il est prêt à descendre du trône, à quitter la France et même la vie, pour le bien de la patrie inséparable des droits de son fils, de ceux de la régence de l'Impératrice et du maintien des droits de l'Empire.
Fait en notre palais de Fontainebleau, le 4 avril 18 14 11). ' I C'est à cette rédaction que s'était ramené un premier texte diffus, peu
Cette abdication, conditionnelle en quelque sorte, ne fut pas acceptée par les Alliés, qui réclamèrent une abdication pure et simple. L'Empereur se résigna alors le 6 avril à ce nouveau texte, qu'il reprit le 1 1 avril :
Les Puissances alliées ayant proclamé que l'empereur Napoléon était le seul obstacle au rétablissement de la paix en Europe, l'empereur Napoléon, fidèle à son serment, déclare qu'il renonce, pour lui et ses héritiers, aux trônes de France et d'Italie, et qu'il n'est aucun sacrifice personnel, même celui de la vie, qu'il ne soit prêt à faire aux intérêts de la France.
Fait au palais de Fontainebleau, le 1 1 avril 18:4.
Le 20 avril, à onze heures du matin, dans la cour du Cheval-Blanc, il fit ses adieux à sa Garde.
Lea adieux de Fontainebleau.
Soldats de ma vieille garde, je vous fais mes adieux. Depuis vingt ans, je vous ai toujours trouvés sur le chemin de l'honneur et de la gloire. Dans ces derniers temps, comme dans ceux de ma prospérité, vous n'avez cessé d'être des modèles de bravoure et de fidélité.
Avec des hommes tels que vous, notre cause n'était pas perdue, mais la guerre était interminable. C'eîit été la guerre civile, et la France n'en serait devenue que plus malheureuse. J'ai donc sacrifié tous nos intérêts à ceux de la patrie. Je pars.
Vous, mes amis, continuez de servir la France. Son bonheur était mon unique pensée ; il sera toujours l'objet de mes vœux. Ne me plaignez pas. Si j'ai consenti à vivre, c'est pour servir encore votre gloire. Je veux écrire les grandes choses que nous avons faites ensemble. Adieu, mes enfants. Je voudrais vous embrasser tous ; que j'embrasse au moins votre général. Venez, général Petit, que je vous presse sur mon cœur. Qu'on m'apporte l'aigle du régiment que je l'embrasse aussi. Chère aigle,
clair, couvert de ratures, que possède la Bibliothèque municipale d'Amiens. En résumé, l'acte d'abdication a passé par trois rédactions successives.