LENOIR ; NECTOUX; SAINT-GENIS , VINCENT
DUTERTRE; SAVIGNT.
LONGIT. DEPUIS PARIS 3o^ 16' a2'^
LATITUDE BOREALE ^0^ 3' 45"-
Une 2iutre inseriptiop conservait aussi les noms des sa-
vans qui composaient la seconde escouade ; mais grave sur (Les assises plus rapprochées du sol , eUe a été mutilée par des voyageurs qui sans doute n'étaient pas Français...
lO
Les Aimé àA l'Egypte, agiles Bayadères.
Ces Prétresses de la volupté' ^ ou plutôt ces ministres de ' la ddbauche y qu'on appelle ^/m/^^ ou savantes , ont mente ce dernier nom par Tëducation qu'elles ont reçue ^ et qui est plus soignée que celle des autres femmes ; pour être agrëgee parmi elles ^ il faut avoir une belle voix, bien pos-^ séder sa langue, et pouvoir, sur-le-champ, composer et chanter des couplets adaptes aux circonstances. Il n'est point de fêtes sans ces Aimes, point de festins dont elles ne fassent l'ornement ; après y avoir chanté, elles exécutent de petits ballets pantomimes, dont les mystères de l'amour fournissent ordinairement le sujet. La souplesse de leur corps est inconcevable , et l'on est étonné de la mobilité de leurs traits. Les regards , les gestes , tout parle chez elles , mais d'une manière si expressive , qu'il n'est pas possible de s'y méprendre. Au commencement de la danse, elles quittent avec leurs voiles la pudeur de leur sexe. Une
longue robe de soie très légère descend sur leurs talons ; une riche ceinture les serre mollement ; de longs cheveux noirs tressés et parfumés flottent hurleurs épaules, et une chemise , plus transparente que la gaze et comme tissue d'air, voile à peine leur sein. A mesure qu'elles se mettent en mouvement, les contours de leur corps semblent se détacher successivement. Le son de la flûle , des castagnettes, du tambour de basque et des ciraballes , règle leur pas , et presse ou ralentit la mesure. Des paroles propres à ces sortes de scènes les animent encore ; ce sont des bacchantes dans le délire; c'est alors qu'oubliant toute retenue, elles s'abandonnent entièrement au désordre de leurs sens ', c*est alors qu'un peuple peu délicat , et qui n'aime rien de voilé, redouble d'applaudissemens.
Les Ba jadères , ces danseuses de l'Inde , dont l'abbé Rajnal a parlé avec tant de complaisance, sont des modèles de pudeur en comparaison de ces danseuses égyptiennes.
( Savary. F'ojreige en Egypte, )
" Il parait au Khalig, où le peuple l'appelle. Le Khalig est le canal qui s'ouvre au-dessous du Vieux-
Caire y sur la petite branche du Nil formée par Ttle de Roudah , et. traverse le Caire.
■' Et le sage Ouaij.
Ou appelle ainsi Tofficier chargé de former une digue , à cinquante pas en dedans duKalig, pour empêcher le fleuve d y pénétrer , jusqu'à ce que les eaux soient suflisarament élevées.
'^ Son palais de Boulak.
Boulak. est un village près du Caire , dont il est, pour ainsi dire, le faubourg ; c'était près de Boulak qu'était situé le palais de Mourad.
DU
* Mêle ses vains débris aux nuages du soir.
Voir la note du premier chant sur le mirage.
' Des soldats de Gambyse ont yu les ossemens.
Deux armées de Cambjse furent ëtoufifées par le simoun. Tune en revenant de TOasis-d'Ammon ^ l'antre dans la vallée qui conduit en Ethiopie.
3 Les blocs de gpranit
Qui maï'quenl la frontière où le désert finit.
Deux colonnes beaucoup plus elevëes que les blocs qui indiquent le chemin des caravanes ^ sont placées sur la frontière de Syrie. Les voyageurs engages dans le grand désert, les saluent de loin avec des transports de joie;
joie ; elles leur annoncent l'abondance , les sources d'eau et la fertilité.
Dans les longues et savantes revues de ses aventures , que faisait Napolëon à Sainte-Hélène y avec ses compagnons d'exil I il disait souvent que le désert avait toujours eu pour lui un attrait particulier. Il ne Tavait jamais traversé sans une certaine émotion. C'était pour lui l'image de l'immensité ^ disait-il^ il ne montrait point de bornes | n'avait ni commencement ni 6n ; c'était un océan de pied ferme. Ce spectacle plaisait à son imagination , et il se complaisait à faire observer que Napoléon veut dire : Lion du Désert. (Extrait du Mémorial de Sainte^Hélêne. )
4 D«saix, en ee mcanent , loin du sol d'idumée , Recommande au burin les fastes de l'armée.
L'expédition de Desaix dans la Haut^-Égjpte n'entrait pas dans notre plan ; nous ne faisons que l'indiquer ici en la rattachant au sujet principal.
^ Ont mêlé leur histoire à T histoire des cieui. Le xodia^pe de Tentjrris, Denderah où Téntyra, déeoQ-
DU CIUNT CINQUIEME. 359
vert pur Desaix ^ fat apporte à Marseille en 1 8a i ; quarante jours après ^ il fîit exposé dans tme salle dv Leurre à la vénération des savans. Cette merveilleuse circonstance a inspiré une page adn»irable à M. Agoub, jeune et célèbre orientaliste I qui colore ses travaux scientifiques de tout l'éclat de sa poétique imagination.
« Le zodiaque de Tentjra est maintenant au Louvre : le « Louvre et Tentjra ! quelle alliance entre des noms que
• séparent des siècles! Combien le voyageur qui viendra « visiter ce sanctuaire des beaux-arts sera surpris d'y ren- « contrer^ au milieu des chefs - d^œuvrc modernes ^ ce
• reste vénérable de l'antique civilisation , ce deljris sauvé « du naufrage de tant d'empires ! A l'aspect de cette pierre « éloquente , l'une des premières archives de l'esprit hu- « main y quelle est l'ame aride qui ne s'élève à de hautes « pensées ? Cette pierre décora jadis la voiite d'un temple ;
• elle est encore noircie de la fumée des flambeaux qui a éclairèrent d'imposantes cérémonies : frappé de ce sou- « venir, je me transporte en idée au milieu des anciens « Égyptiens; j'assiste , dans le temple même de Tentjra,
« k lune de ces pompes religieuses où le peuple assemble « vient recueillir des leçons de morale et de sagesse. *
( M. Agoub , Discours sur F expédition des Français en Egypte, considérée dans ses résultats littéraires. )
Aujourd'hui le zodiaque de Denderah«est enseveli dans une salle basse de la bibliothèque royale, rue de Richelieu.
DU
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' Ptolémals.
G'esl Tancien nom de Saint-Jean-d'Acre. Cette viUe| après avoir subi tant de désastres y est encore la même que du temps des croisades. La description que nous en donnons semble faite depuis plusieurs siècles ^ tant cette ville a rdsist^ aux reVolutions du temps et des hommes.
• Vers la fin du douzième siècle , Gui de Lusignan alla mettre le siège devant Ptolemaïs y qui s'était rendue à Saladin quelques jours après la bataille de Tibe'riade. Cette viUey que les historiens appellent tour à tour Acca| Ac- C0U| Acre y ëtait bâtie à l'occident d'une vaste plaine. La Mëditerranée baignait ses murailles ; elle appelait, par la commodité de son port, les navigateurs de l'Europe et de
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l'Asie y et meritail de régner sur les mers^ comme la viQe de TjTf qui s'élevait dans son voisinage. Des fosses profonds entouraient ses murailles du c6td de la terre; oa avait bâti y de distance en distance, des tours formidables, parmi lesquelles on remarquait la Tour maudite, qui dominait sur la ville et sur la plaine. Une digue, construite de pierre , fermait le port vers le midi , et se terminait par une forteresse , bâtie sur une roche isolée , au milieu des
flots. »
(MiCHAUD, Histoire des Croisades, tome ii. )
> Salah-Eddin.
C'est le même sultan que les Occidentaux connaissent sous le nom de Saladin.
^ Prête à ces grands tableaux sa bordure d'azur.
M. de Chateaubriand a décrit cette partie de la Sjrie avec son magique talent ; ses pages nous ont fourni plusieurs inspirations qui n'étaient chez nous que des réminiscences; car toutes ses oeuvres littéraires sont dans notre mémoire depuis Tâge de seize ans^ et si profondément em-
preiotes, que nous pourrions les réciter en âEOSsî peu de temps qu'un autre mettrait à les lire. Qu'on nous permette ce petit écart d'amour-propre en faveur de nos bonnes in*tentions.
4 G^est là que règne Achmet , tyran sexagénaire.
Voici le portrait d' Achmet ^ d'après Thi bandeau , dans son Histoire de Bonaparte : « Parmi les pachas de la Porte était le fameux Achmet, pacha de Saîde (Sidon) et de Saint-Jean-d'Acre^ surnommé Djezzarou le Boucher. Cet homme ^ féroce et entreprenant, commandait, avec le titre de visir, tout le pays situé entre le Nahr*el*Keb et Césarée, et avait une grande puissance. Il était à la fois son ministre, son chancelier, son trésorier et son secrétaire, souvent même son jardinier, son cuisinier , et quelquefois juge et bourreau. Il avait le vêtement d'un simple Arabe , et sa barbe blanche descendait sur sa poitrine ; il portait dans sa ceinture un poignard garni de diamans , comme marque d'honneur de son gouvernement ; il donnait ses audiences assis sur une natte , dans une chambre sans meubles, ayant près de lui un pistolet à quatre eoups^.
mie carabiae à veat» une hadbue et un loii|[ nabre. Peodaot la conversation , il découpait avec des ciseaux toutes sortes de figures en papier. Dans ^es antichambres ^ on voyait des domestiques mutilés de toutes les manières : l'un avait perdu une oreille, l'autre un œil| l'autre un bras. L'intérieur de son harem était inaccessible ; on ne connaissait point le nombre de ses femmes; celles qui entraient une ibis dans celle prison mystérieuse, étaient perdues pour le monde. On leur donnait à m«agw par un tour, et c'était par là aussi que le médecin tâtait le pouls de celles qui élaient malades. Il tuait de sa propre main celles dont la fidélité était suspecte. Il avait alors près de soixante ans; mais sa vigueur était encore celle d'un homme dans la force de l'âge. •»
^ La place où doit s'ouvrir l'assaut du lendemain.
Le général CafarelU-Dufalga avait perdu une jambe sur les bords du Rhin ; lorsque les soldats regrettaient la terre natale, ils disaient , en montrant Dufalga : « Quant à lui » il est heureux : il a toujours un pied en France. » Ce brave général , que Bonaparte aimait d'une affection particulière, fut tué devant Sain t-Jcan-d' Acre.
*' Le lamentable loumb» tritte oiseau île Técueil.
Espèce de goéland^ dont le chaut reMemUe au cri de détresse d'un honinie qui te ooie.
( Voyez l'Episode de P'eiUda, daiw le» Murtyrs,')
1 Marchez, le sort du monde est là, dans cette tour !
Bonaparte mettait la plus grande importance et le plus opiniâtre acharnement à la prise de Saint- Jean -d'Acre: « Le sort de TOrientest dans cette bicoque, • disait-il un jour à Murât , en lui montrant la ville assiégée.
Plus tard, sur le rocher de Sainte-Hélène, il revenait avec complaisance sur ce si^e , et persistait dans ses premières idées; les souvenirs de Saint -Jean -d'Acre étaient ses regrets de prédilection.
La campagne d'Egjpte était, selon lui , aussi intéressante qu'un épisode de roman. Voici ce qu'il disait à ce sujet, au rapport de M. Las Cases :
• C'était pourtant bien audacieux d'avoir osé se placer « ainsi au milieu de la Sjrie , avec seulement douze mille, «hommes. J'étais, continuait - il , h cinq cents lieues de