DU FILS DE L IHLMMK
La caisse sonne étrange, l'oiteniciit (■Ile reli.nilil , Dans leur fosst; eu ressusciteiil Le^. vieux soldais péris;
i;i (jui au tbiid du Nord Sous la ylaee enroidis, Et ([ui liop e'.iaudemenl i4i>cnl Sous la terre d'Ilalii;,
Et seus la bourbe du Nil Et le sable de l'Arabie; Ils (luitteul leur sépulture , Leurs aruies ils ont saisi.
Et à minuit, de sa tond)e Le trompette se lève et sort .
Monte à cheval et sonne La trompe bruyant et fort.
Alors sur chevaux aériens Arrivent les cavaliers, Vieux escadrons célèbres, Saniilants et balafrés.
Sous le caseiue, leurs crânes blanchâtre» Ricanent , et fièrement Leurs mains osseuses soulèvent Leurs i;laives longs et trancliants.
Kt a minuit, de sa tombe 1.0 chef se lève et sort; A pas lents il s'avance, Suivi de ietat-major
l'etit clia]»eau il porte.
Habit sans oinements ; Petite épée jjour arme Au côté j;auclie lui pend.
La lune à pâle lueur La vaste plaine éclaire ; L'homme au petit ciiapeaii Des troupes revue va faire.
Les rangs présentent les armes; Lors sur l'épaule les mettant, Toute l'armée devant le chef Délile tambour battant.
On voit former un cercle De capitaines et générau.\ Au [ilus voisin à l'oreille Ce chef souffle un mol.
Ce mot va à la ronde, Résonne le long de la Seine Le mot donné est la France .
La parole : Sainte-Hélène.
nu FILS DE 1/ 110 M AIE. ôlî)
C'ost là la {grande rcviio Qu'aux Cliainps-I^;iysrps , A riioiiro (le niintiil Tifiit Ct'?ar décode.
Cf'ci, coniiiie on le vrtit, n'osi, plus qvin In squolplto d'un corps; n'est une esquisse luMile qui pourrait devenir un l;i- Ideau admirable, si un Victor Hugo voulait lui donner le coloris et la vie; mais du moins celte pièce peut donner une idée de la nouvelle poésie allemande, et fournit également la preuve de la popularité que la gloire française a su conserver dans les Etats qu'elle avait conquis.
' lit je n'ai m(''nic pu recueillir une fois Le son de sa parole et Tacceiit de sa voix.
Le I»ul de mon voyage étant d'être présent*' nu duc de Heichstadt, de lui offrir notre poëme, on doit penser que je ne négligeai aucun moyen possible d'y parvenir. Dans le nombre des personnes qui me témoignaient quelque intérêt, les unes étaient tout à fait sans pouvoir, les autres craignaient avec quelque raison de s'immiscer dans une affaire de cette nature; ainsi je me vis presque réduit à moi seul pour conseiller et pour prolecteur. Je pensai qu'au lieu d'emplover des détours (|ui auraient pu attirer des soup(;ous S(''ri('u\ sur mes iiitenlitms pii( ififpies, il valait mieux aborder la (|uesli(m avec franchise, et (b'cJarer ouvertement le motif de mou S(''jour à Vienne.
D'aju-ès celte idt'-ti, je me |)r(''seulai chez .M. le comte de
(Izcriiiiu', ([ui cslobo-hofincislcr ih' rcMii[»creur, rliaruc tjui répond, je crois, à celle de grand chanibellan. Ce vénérable vieillard me reçut avec une bonté et une obligeance dont je lus vraiment pénétré ; et quand je lui eus énoncé le but de ma visite, il n'en parut nullement surpris; seulement il m'engagea à m'adresser à M. le comte Dietrichstein, cliargé spécialement de l'éducation du jeune prince, et même il voulut bien m'autoriser à m'y présenter sous ses auspices : je ne perdis pas un moment; et, en quittant 31. le comte de Czernine, je me rendis sur-le-cbamp cbez M. Dietrischstein.
J'eus un véritable plaisir de me trouver avec un des seigneurs les plus aimables et les plus instruits de la cour de Vienne. Aux lonclionsde grand maître du duc de Reichstadl, il joignait la cliarge de directeur de la bibliothèque, et, devant ce dernier titre, je pouvais invoquer bardiment ma qualité d'bomme de lettres. Il voulut bien me dire que notre nom et nos ouvrages ne lui étaient point inconnus, que même il avait pris le soin de se faire envoyer de France toutes les brochures ([ue nous avons puldiées jusqu'à ce jour, et qu'en ce moment il attendait avec impatience notre dernier poëme. Comme, à tout événement, je m'étais muni d'un exemplaire, je me balai de le lui offrir, et même de lui en faire une dédicace signée, ce qui parut lui être agréable. Encouragé par cet accueil, je crus le moment propice pour en venir à une ouverture décisive.
"iMonsieur le comte, lui dis-je, puisque vous voulez bien me témoigner tant de bienveillance, j'oserai vous supplier de me servir dans l'affaire qui m'attire à Vienne : je suis venu dans le but unique de présenter ce livre au duc de lleichsladt; pers(uine, mieux (jue son grand maitre, ne peut me seconder dans mon dessein; j'espère ([ue vous voudrez arc(''der à ma
rir FILS IM: I/linMMK. -i>i
(Ifin.'imlf. — Alix jiit'init'is mois de coltc liiiiiihUi roquèlo vfi- It.'ilc, Icvisaifi'du (■(niilc prit iiiic cNjirfssioii, jt- ne <lir;ii jins de méconlciilciiit'iit, ni.iis de in;il;iiso, de «'(intrainlf : il paraissait comme ràclii' d'avoir éti' assez aiinaldc jtoiir iiii-iiliardir à relie demande, et sans dnnle qu'il aurait préféré n'èlre pas dans la nécessité de me répondre. Après quelques secondes de silence, il me dit : « Est-il l»ien vrai (|ue vous sovez venu à Vienne pour voir le jeune prince? Qui a |)u vous enirairer à une pareille démarche? Ksl-il possible que vous avez compté sur le succès de votre voyaire? On se fait donc en France des idées l)ieu Fausses, liieu ridicules, sur ce qui se passe ici? Ne savez-vdus jias (|ue la politique de la France et celle de l'Au- Iriclie s'opposent également à ce qu'aucun étranger, et surloul un Français, soit présenté au prince? Ce que vous me deumn lez est donc tout à lait impossible. Je suis vraiment fâché que vous ayez fait un si long et si pénible voyage sans aucune chance de succès, etc., etc.»
Je lui répondis que je n'avais mission de personne en venriut eu Autriche; que c'était de mf>u propre mouvement, el sans impulsituî étrangère, que je m'étais di'cidé à ce vovage ; qu'en France, on pense généralement qu'il n'est pas difilcile d'être présenté au duc de ReichsIadI, et que même on assure qu'il reçoit les Français avec une bienveillance })lus particulière ; que, d'ailleurs, les mesures de prudence qui repoussent les étrangers me semblaient ne pas devoir m'atteindre, moi ([ui ne suis qu'un homme de lettres, f[u"un citoyen inaperçu, e! fpii n'ai jamais rempli de rôle ou de fonctions prditiques. Je conçois, ajoutai-je, f[ue mf)n zèle peut vous paraître exagéré ; cependant considérez que nous vencms de publier un poëme sur Napfdi'on : est-il donc si (•trnnL''e que nous d(''sirions le
|ti'('s('iilcr ;i s(Mi lils? (h'oycz-vdiis que cet lioninmi^c lilt(''r;iir(' ail un liiil caclK'? 11 ne tient cjuà vous de vous convaincre du cdutraire. Je ne demande pas à entretenir le prince sans léni(»in ; ce sera devant vous, devant dix personnes, s'il le faut, et s'il m'échappe un seul mol qui puisse alarmer la politique la plus ombraaeiise, je consens à Unir ma vie dans une prison d'Autriche. '<
Le i^rand maitre répli([ua que tous ces jiruits répandus en France, au sujet de personnes présentées au duc de Reichstadt, étaient de t(uile fausseté; qu'il était persuadé que le Init de mon voyage était purement lit libraire, et détaché de toute pensée politique ; mais que néanmoins il lui était impossible d'outre-passer ses ordres ; que les plus strictes défenses interdisaient ces sortes d'entrevues ; que cette mesure n'était pas l'effet d'un caprice momentané, mais bien la suite d'un système constant adopté par les deux cours ; qu'elle n'était pas applicable à moi seul, mais à tous ceux qui tenteraient d'approcher du prince, et que j'aurais grand tort de m'en trouver lésé spécialement; enlin, ajouta-t-il, ce (jui doit excuser ces rigueurs, c'est la crainte d'un attentat sur sa personne.
« Mais, lui dis-je, un attentat de celle nature est toujours à craindre, car le duc de Reichstadt n'est pas entouré de gardes ; un bonnue résolu pourrait toujours l'aborder, et une seconde suflirait pour consommer un crime : votre prévoyance est donc en défaut de ce côté. Maintenant vous craignez peut-être (|u'une conversation trop libre avec des étrangers ne lui révèle des secrets, ou ne lui inspire des espérances dangereuses; mais, avec tout votre i)ouvoir, est-il possible à vous d'empêcher qu'on ne lui transmette ouverlemenl ou clandestinement uni' lettre, une p(''titi(Mi, un avis, soit à la promenade, soit au
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théâtre, ou <laiis l(jiil aiili'c lieu ! .Moi, par ('\('iii[il(*, si au lieu de m'adresser fraiiclieiucMit à vous, je ui'étais posté sur sou j)assa,yc; si je m'étais liardiuiout avancé vers lui, et qu'eu votre présence même je lui eusse remis un exemplaire de Napoléon en Egypte, vous voyez bien que j'aurais trompé toutes vos précautions, et (jue j'aurais rempli mon hut, dune manière violente, j'en conviens, mais l'ulin il n'en est pas moins vrai (|ue le prince aurait reçu mon exemplaire, et ([u'il l'aurait lu ou du moins qu'il en aurait connu le titre. »
M. Dielrichstein me lit une réponse qui me glaça d'étonucment. « Ecoutez, monsieur; soyez bien persuadé que le prince n'entend, ne voit et ne lit que ce que nous voulons qu'il lise, ({u'il voie et qu'il entende : s'il recevait par hasard une lettre, un pli, un livre qui eût trompé notre surveillance, et fût tmuhé jusqu'à lui sans passer par n(js mains, croyez que sou premier soin serait de nous le remettre av.int de l'ouvrir ; il ne se déciderait à y porter les yeux qu'autant que nous lui aurions déclaré qu'il pourrait le faire sans danger. — Il parait, d'après cela, monsieur le comte, que le fils de Napoléon est bien loin d'être aussi libre que nous le supposons tu France ? —
Iléponse : Le prince n'est pas prisonnier, mais il se trouve
dans une position toute particulière. Veuillez bien ne plus me presser de vos questions, je ne poui'rais vous satisfaire entièrenu'ul : renoncez également au jjrojel qui vnus a conduit ici : je vous ré[)ète qu'il v a impossibilité absolue.
— Eh bien, vous m'eulevc/, tout espoir; je ne |)nis certainement recourir à personne après voire arrèl , cl je sens qu'il est inutile de rentuiveler mes iuslauccs; mais du moins vous ne , pouvez me refuser de lui reuuilre cet exenq)laire au nom des auteurs : il a sans doute une bibliolhè([ue, et ce
livre n\'sl pas assez dangereux pour être mis à Tiiidex. " M. Dietriclistein secoua la tèle, eoiiinie un lioinnie irrésolu; je compris iju'il lui était jiéuililc de m'accalder de deux refus dans le même jour. Aussi, ne voulant pas le forcer à s'expliquer trop nettement, je pris coniré de lui, eu le priant de lire le poëme, de se convaincre ([u'il ne contenait rien de liien séditieux, et de me faire espérer que, d'après cette conviction, il consentirait à favoriser ma seconde demande.
Environ (juinze jours après, je retournai chez le grand nmitre ; j'en revins encore à uies premières obsessions. 11 était étonné lui-ujème de ma ténacité. « Je ne vous conçois vraiment pas, me disait-il ; vous mettez trop d'importance à voir le prince ; contentez-vous de savoir qu'il est heureux, ([u'il est sans ambition : sa carrière est toute tracée ; il n'approchera jamais de la France, il n'en aura pas même la pensée. Répétez tout ceci à vos compatriotes; désabusez-les, s'il est possible. Je ne vous demande pas le secret de tout ce (pic j'ai pu vous dire ; bien au contraire, je vous prie, à votre retour en France, de le publier, et même de l'écrire si bon vous sendde. Quant à la remise de votre exemplaire, n'y comptez pas : v(dr(> livre est fort beau comme poésie, mais il est dangereux pour le fils de Napoléon ; votre style plein d'images, cette vivacité de descriptions, ces couleurs que vous donnez à l'histoire, tout cela, dans sa jeune tète, peut exciter un enthousiasme et des germes d'ambition qui, sans aucun résultai, ne serviraient qu'à le dégoûter de sa position actuelle. L'histoire, il en ronnait l<uit ce qu'il doit savoir, c'est-à-dire les dates et les noms : vous voyez, d'a})rès cela, que votre livre ne peut lui convenir. >
J'insistai encore ([uelque temps; mais je vis bientôt que le
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yraïul maître ne m'écoiilait que par civilité. Je ne voulus pas iii'ci)iiis('r en prières inutiles, et dès lors, désabusé de mon innocente chimère, je re<,^irdai cette visite conmic une audience de congé, et je ne pensai plus qu'à rdonnu.T en France.
Jusqu'au moment de mon dépari, je continuai à visiter les l»ers(Mines ([ui m'avaient jus([u' alors témoigné tant d'intérèl. Dans une de ces paisibles réunions, on m'a répété un propos du duc de ReiclistadI, (lui m'a singulièrement frappé. Je le tiens de bonne source, et, si je ne craignais de nuije à la fortune de cette personne, je la nommerais ici : (ju'on se contente de savoir qu'elle voit familièrement le prince presiiue tous les jours. Dernièrement, cet étrange jeune homnn; paraissait absorbé par une idée lixe; il était enlièrement distrait de sa leçon ; tout à coup il se frappe le front avec un signe d'impatience, et laisse échapper ces mots : « Mais que veulent- « ils donc faire de moi? pensent-ils que ij'aie la tète de mon (( père !... »
On doit conclure de cela que le rempart vivant i\m Tenloure avait été franchi, (ju'une lettre ou un pli indiscret avait été lancé jusqu'à lui, et que, pour cette fois, il avait enfreint les ordres ([ui lui prescrivent de ne rien lire sans l'aveu de ses précepteurs.
' Les luTus de Scliillcr s'aj^itaioiil siii' la scciu'.
L(! théâtre de la cour, lloflheater, celui où japerrus pour la première fois le duc d(! Ueirhslad!, est reiiruquablr par le p'.'U de luxe de la salle et des déciUMlious. Ou y joue indis-
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linctement la coiiKulic, le drame tragique, et même des farces ignoldes, indignes de nos théâtres des boulevards. On vante beaucoup le mérite des acteurs ; il n'appartient pas à un étranger de prononcer là-dessus ; il m'a semblé qu'ils avaient plus de vérité et moins d'emphase que les comédiens anglais. Ce qui est vraiment étonnant, c'est le peu de clarté répandue dans la salle pendant la représentation. Figurez-vous une enceinte elliptique, à peu près grande comme celle des Français, éclairée, non par un lustre, mais par un quinquet à six ou huit branches, qu'on trouverait mesquin dans un estaminet de Paris : c'est au milieu de celte lueur douteuse que les spectateurs cherchent vainement à se reconnaitre ; aussi n'a-t-on pas pris la peine d'établir l'usage des loges grillées, ce que j'attribue moins à la sévérité des mœurs qu'à la parcimonie du luminaire.
Outre cet étrange effet de lumière fantasniagori([ue, on ne peut s'empêcher d'être frappé du sik'nce de tout ce peuple. Les héros de Schiller ou de Goethe ont beau s'agiter sur la scène, aucun cri, aucun murmure, aucun trépignement ne trahit les émotions de joie et de plaisir : l'arrivée même ou la sortie de la famille impériale n'excite pas le moindre tumulte ; on dirait une réunion d'ombres heureuses et paisibles, assistant aux champs Elysées à une représentation scénique.
« La toux iniix'nialo.
L'empereur François depuis longtemps languissait dans un état habituel de souffrance ; une toux presque constante le fatiguait horriblement, et pourtant au milieu de ces douleurs
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pliysi([Uf'S, :iii lien do so iM'sifrncr au i'c|m»s (pic scniMail lui [ii-pscrirc la l'aiMcssc de sdii ài.'c, cet iiilatiirablc soiivcraiii scmltlail craindre de dérolx-r iiii iinniient à ses devoirs. Malgré les bniils d('savaiilageii\ fiiroii a affert<; de semer sur s(iii coiuple, princijialemeut dans les libelles anglais, nous nous plaisons à rendre justice aux vertus privées de ce monarque. Par les froids les plus rigoureux, il était toujours débouta cinq beures du malin; deux l'ois par semaine il donnait des audiences publiques, des audiences de liuit ou uimiI' beures, pendant lesquelles le dernier de ses sujets, un [)orlefaix, un cocber de fiacre, pouvait l'aborder l'amilièreuu'ut et lui demanderjustice. Il n'est aucun monarque au monde qui ait poussé à ce point la simplicité, ou, pour mieux dire, la bonbomie. Au milieu de la nuit, si le feu se manifestait dans quelque quartier de Vienne, il montait à cbeval et se rendait en personne au Ibéàlrc du danger, qu'il ne quittait que le dernier et après s'être assuré que la tranquillité était parfaitement rétablie; aussi le peuple de Vienne, qui dans ses jcuirs de détresse lui avait prodigm- tant de preuves de dévouement, lui a-t-il toujours conservé son affection. On ne poussait pas autour de lui des cris tumultueux de : Vive l'empereur! mais tous les yeux s'attacbaient sur lui avec intérêt; on épiait en silence les cbangements sinistres ou favorables de son visage, et une expression d'amour et de respect était empreinte sur Ituites les pbysionomies.
' Sur la lorra?so nnio où se miro la Sfiiif .
On se rappelle que le jeune roi de Uome se inniitrail sur la terrasse des Feuillants, pronu'ué dans un petit cbar trainé jiaideux béliers.
' Il sci'iail !>[oiitosqiiioii de sos bras enfaiiliiis.
Le 29 mars, louto la roiir inipôrialo partit pour Ramhouillot ; on remarqua alors avec élonnement un l'ait qui, dans toute autre circonstance, eût été rep^ardé comme très-ordinaire, et même puéril. Au moment de monter en voiture, le jeune Napoléon, ((ui était accoutumé à faire de fréquents voyages à Saint-Cloud, à Compiègne, à Fontainebleau, etc., etc., ne voulait ]tas quitter sa chambre; il poussait des cris, se roulait par terre, disait qu'il voulait rester à Paris, et qu'il ne voulait pas aller à Rambouillet : sa gouvernante avait beau lui promettre de nouveaux joujoux; dès qu'elle le voulait prendre par la main pour l'entraîner, il commençait à se rouler et à se débattre, en criant encore plus fort, qu'il ne voulait pas quitter Paris; il fallut empbnei- la force pour le poi-ler dans une voiture.
- O grossi(M' Portugais, qui s'est l'ait roi depuis.
Don Miguel, exilé à Vienne après l'attentat deBemposta, n'a pas laissé dans cette capitale de brillants souvenirs. — Messieurs les apostoliques de /« Quotidicnnr, qui l'ont déjà canonisé de son vivant, et qui applaudissent cbaipie jour à la justice expéditive de leur jeune Titus, seraient peut-être désenchantés si on leur racontait ce que la notoriété puldique apprend aux voyageurs sur sa vie privée. Traité à la cour de François comme un homme sans moMirs, dégoûtant de débauche, il avait vu les portes du [)alais impérial se fcrnu'r pour
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lui, cl (les lors le frère di; reiiipereiir don l'edic ne lui plus ([u'uu coureur de filles et un pilier d'cslamiiiel. Pour ne pas déroger tout à l'ait, il s'était l'oriué pourtant une espèce de cour, où toutes les nymphes de Vienne venaient ensemble ou tour à tour réveiller les désirs du jeune sultan, et le distraire par des orgies scandaleuses. — Là, clia((ue jour, la pijie allemande ou le cigarilo portugais à la bouche, l'assassin de Moneira, jurant caraco, distribuant des arrêts à coups de cravache ou même à coups de poing, s'instruisait, en gouvernant son petit sérail, à l'art de décimer un royaume. Uuelquelois, pour varier ses plai^irs, il prenait ses premières leçons d'équilation sur un grand lévrier allemand, qui, mieux appris que les mules portugaises, sut respecter les côtes d'une majesté en herbe.
Enlin le ministre Metternich, voyant qm' don Miguel apprenait chaque jour à ses flegmatiques vassaux, qu'un lils de roi, issu des Bragance, pouvait être aussi mauvais garnement «lue le dernier sujet de S. M. François II, voulut mettre un terme à cette conduite avilissante, et chercha comment il pourrait occuper la nullité du Portugais. — Précisément à la même époque, le duc de Ueichstadt avait besoin d'un menin ; mais, Udèle au système qui avait présidé à l'éducation du jeune prince, le premier ministre voulut placer auprès de lui, ou un honune assez dévoué pour tout lui taire, ou un être assez stupide pour tout ign(»rer ; ct'tte dernière espèce même l'ut prél'érée, et Tcm choisit don Miguel pour occuper ce poste. — Cependant, cet homme (|u'ou avait cru si peu dangereux, ce Portugais si grossier, avait lait un cours d'histoire dans les billards et les tabagies; les mots de Napoléon, d'abdication, vai-uement écrits dans sa tête, n'en sortaient (|ue par
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