STANCES
Que t'importe après tout que cet ordre barbare , T'enchaîne loin des boris qui furent ton berceau. Que t'importe en quels lieux le destin te prépare Un glorieux tombeau.
Ni l'exil, ni les fers du fier aréopage N'enchaîneront ta gloire aux bords où tu mourras j La France la réclame et voilà l'héritage Que tu lui laisseras.
Ceux qui l'ont méconnu, pleureront le grand homme. Athène à des proscrits ouvre son Panthéonj Coriolan expire , et les enfans de Rome Revendiquent son nom.
Testament de Kapoléon , ex-Empereur des Français, déposé en Angleterre , contenant les différens legs qu'il a faits à ses amis, à ses anciens officiers, et généralement à toi/tes les personnes qui composaient sa maison à Sainte- Hélène ; avec une lettre de ]\apoléon à M. J. Lafite , député $ suivi des Explications données par M. Jacques Lafitte , relativement à la contestation soumise au Tribunal du département de la Seine.
Cejourd'hui i5 avril 1821, à Longwood , île Sainte-Hélène.
Ceci est mon teslament, ou acte de ma dernière volonté :
Je lf eue au comie de JV'Jontholon deux millions de francs, comme une preuve de ma satisfaction àes soins qu'il m'a rendus depuis six ans , et l'indemniser des pertes que son séjour à Sainte-Hélcne lui a occasionnées.
Je lègue au comte Bertrand cinq cent mille francs.
Je lègue à Marchand, mon premier valet de chambre, quatre cent mille francs : les services qu'il m'a rendus sont ceux d'un ami 5 je désire qu'il épouse une veuve, sœur ou fille d'un officier ou soldat de ma vieille garde.
Je lègue à Saint-Denis cent mille francs.
A Novarre, cent mille francs.
A Pijéron, cent mille francs. 1
A Archambaud, cinquante mille francs.
A Cursor, vingt- cinq mille lianes.
A Chancelle , vingt- cinq mille francs.
A l'abbé Vîsnale, cent mille francs; je désire qu'il bâ isse sa maison près de [-"onte-Novo de Rossino.
Au comte Las-Cases , cent mille franrs.
Au comte Lavalette, cent mille francs.
Au chirurgien en chef Larrey, cent mille francs. C'est l'homme le plus vertueux que j'aie connu.
Au général Brayer, cent mille francs.
Au général Lefevre Desnouettes , cent mille francs.
Au général Drouot , cent mille francs.
Au général Cambronne, cent mille francs.
Aux enfans du général Mouton - Duvernet , cent mille francs.
Aux enfans du brave Labédoyère, cent mille frarKs.
Aux enîans du général Girard, tué à Ligny, cent miJle francs,
Aux enfans du général Chartran , cent mille francs.
Aux enfans du vertueux général Travost, cent mille francs»
Au général Lailemand l'aîné, cent mille francs.
A Costa Bastilica , encore cent mille francs.
An généra] Clausel, cent mille francs.
Au baron de Venneval , cent mille fs-anrs.
A Arniult, auteur de Alarius, cent mille francs.
Au colonel Marbot , cent mille francs. Je l'engage à continuer .. écrire pour la défense de la gloire des armées françaises, el à confondre les calomniateurs et les apostats.
Au baron Bignon, cent mille* francs. Je l'engage à écrire Pnistoire de la diplomatie française, de 179:1a ibi5.
A Poggi de Ta'aro, cent mille francs.
Au ihirurgien Bmmery, cent mille francs.
Ces sommes seront prises sur les six millions que j'ai placés, en partant de Paris, en 181 5, et sur les intérêts à raison de cinq pour cent, depuis juillet ioi5; les comptes en seront arrêtés avec le banquier, ; ar les comies Montholari. Bertrand et Marchand.
Ces legs, en cas de mort, seront payés aux veuves et enfans, et, au défaut de ceux-ci, rentreront à la masse.
J'institue les comtes Monfhoion , Bertrand et Marchand mes exécuteurs testamentaires.
Ce pré eut testament, tout écrit de ma propre main , est signé et scellé de mes armes.
Le 2.4 av*5î 1822, Longwood.
Ceri est mon codicile ou acte de ma dernière volonté : Sur la liquidation de ma liste civile d'italie, tels que argent, bijoux, argenterie, linges, meubles, écrins, dont le viceroi est dépositaire, et qui m appartenaient, je dispose de deux miUi )■ s, que je lègue à mes plu- fidèles servileurs J'espère que , sans s'autoriser d'aucune raison, mon fils Eugène Napoléon les acquittera fidèlement : il ne peut nub'ier les quarante millions que je lui ai donné;, soit en Italie, soit par le partage de 'a succession de sa mère.
Au comte Montholon deux cen+ mille francs, dont il en versera cent miile à la caisse pour le même usage que ci- dessus, pour être employés, selon mes dispositions, à l'acquit de legs de conscience.
Ce codicile est écrit entièrement de ma propre main , signé t scellé de mes armes.
Le 24 avril 1822, Longwood.
Ceci est encore un codicile , ou acte de ma dernière volonté.
Les neuf mille livres sterling que nous avons donnés au comte et à la comtesse Montholon , doivent , s'ils ont été 6oldés , être déduits et portés en compte sur les legs que nous lui faisons par nos testamens : s'ils n'ont pas été acquittés, nos billets seront annulés.
Moyennant le legs fait par notre testament au comte Montholon , la pension de vingt mille francs accordée à sa femme est annulée j le comte Montholon est chargée de la lui payer.
L'administration d'une pareille succession , jusqu'à son entière liquidation , exigeant des Irais de bureaux, de courses de commission, de consultation , de plaidoiries , nous entendons que nos exécuteurs testamentaires retiendront 3 pour 100 sur tous les legs, soit sur les six millions huit cent mille francs, soit sur les sommes portées dans les codicilles.
Les sommes provenant de ces retenues seront déposées dans les mains d'un trésorier, et dépensées sur le mandat de nos exécuteurs testamentaires.
Nous nommons le comte Las-Cases, ou à son défaut son fils, et à son défaut le général Drouot, trésorier.
Ce présent codicile est entièrement écrit de notre main , et signé et scellé de nos armes.
Ce 24 avril 1S21, Longwood.
Ceci est mon codicile ou acte de ma dernière volonté : Sur les fonds remis en or à l'impératrice Marie-Louise, ma très-chère et bien-aimée épouse, à Orléans, en 1814, elle reste me devoir deux millions, dont je dispose par ce présent codicile, afin de récompenser mes plus fidèles serviteurs que je recommande, au reste, à la protection de ma chère Marie-Louise.
Je lègue deux cent mille francs au comte Montholon , sur lecquels il versera cent mille francs dans la caisse du trésorier.
pour le même usage que ci- dessus, pour être employés, selon mes dispositions, à des legs de conscience.
Ce codicile est écrit tout de ma propre main , signé et scellé de nies armes.
LETTRE A M. J. LAFF1TE.
Monsieur Lafpite ,
Je vous ai remis en 181 5 , au -moment de mon départ de Paris , une somme de près de six millions , dont vous m'avez; donné un double reçu $ j'ai annullé un des reçus , et je charge le comte de Montholon de vous présenter l'autre reçu , pour que vous ayez a lui remettre , après ma mort , ladite somme , avec les intérêts à raison de cinq pour cent , à dater du 1 er. juillet i8i5 , en défalquant les paiemens dont vous avez été chargé en vertu d'ordres de moi.
Je désire que la liquidation de votre compte soit arrêtée d'accord entre vous , le comte Montholon , le comte Bertrand et le sieur Marchand 5 et , cette liquidation réglée , je vous donne, par la prés nte , décharge entière et absolue de ladite somme.
Je vous ai également remis une boîte contenant mon mé«; daillon 5 je vous prie de la remettre au comte Montholon.
Cette lettre n'étant à autre lin , je prie Dieu , M. Lafitte ,• qu'il vous ait en sa sainte et digne garde.
Longwood , île Sainte-Hélène, le 2,5 avril 1821.
Ce testament a été présenté, le 10 décembre 1821 , à la cour de prérogative du lord archevêque de Canlorbéry , déposé et enregistré, après Xaffidavit^ ès-mains de M. Fox, notaire et procureur- général de la cour.
A. M., le rédacteur du Constitutionnel.
Paris , le 28 février 1822.
Monsieur ,
L'ancienne maison Perregaux, Lafitte et compagnie, dont je suis liquidateur, a un compte à régler avec la succession de Napoléon Bonaparte.
Ce compte donne lien à une contestation soumise au tribunal de la Seine , et dont plusieurs journaux ont parlé d'une manière plus ou moins inexacte. Jusqu'ici j'ai gardé le silence, espérant que la publicité des débats judiciaireséclairerait suffisamment l'opinion publique.
Mais aujourd'hui que le tribunal a ordonné que cette affaire serait plaidée à huis clos , je trois devoir en faire connaître le véritable objet.
En i8i5, Napoléon Bonaparte, au moment de quitter Paris pour se rend-e dans l'Amérique septentrionale, fit verser dans !a caisse de ma maison une somme de 4>22o,ooo fr. qui , j.\i moyen d'autres valeurs en recouvrement, devait être port e à 5.0i/0,ooo.
Ma maison lui remit en échange.
i°. Une reconnaissance de 5,ooo,ooo , aux termes de laquelle cette omme était remboursable à vue ;
2°. Une leitre de crédll . . alement à vue , pour la même somme, sur des banquiers du Philadelphie.
Ainsi, Napoléon Bonaparte avait deux ti'res pour disposer de cette somme à sa volonté , so t à Paris . soit à l'étranger.
Les valeurs en recouvrement qui devaient compléter les 5,ooo,ooo , n'.mr jamais été réalisé s , et ia somme de 4,220,000 fr. , seule remise à ma maison , a élé réduite, par divers paiemens partiels, faits sur l'ordre de Napoléon Bona- .parte , à celle d'environ 3, 149,000 fr. dont ma maison reste débitrice envers sa succession.
On apprend , par un ext'ait du testament olographe de Napoléon Bonaparte , dépo é en Angleterre , qu'il a îiommé des exécuteurs testamentaires;
C'est avec ce simple extrait , accompagré d'une lettre missive signée par Napoléon Bonaparte , mais non écrite de sa main , que MM. les exécuteurs testamentaires se présentent à moi, comme liquidateur de la maison Perregaux , Lafille et compagnie : ils demandent à régler le compte et à en toucher le reliquat.
MM. les exécuteurs testamentaires connaissent mes dispositions , et même mon empressement à me libérer 5 ils sont d'accord aussi que je dois me refuser à tout paiement qui n'opérerait pas ma pleine libération ; mais ils soutiennent qu'ils ont qualité pour me donner une quittance valable ; mes conseils pensent le contraire. Voici le point qui nous divise.
On dit, pour moi, que la leltre missive considérée comme mandat, est révoquée par le décès du mandant , et qu'elle ne saurait valoir comme disposition à cause de mort^ puisqu'elle
nVst pas revêtue des formalités voulues par la loi ; que le tesla..Hiil olographe, représenté par extrait , n'est pas exécutoire de plein droit contre un tiers débiteur de la succession ; 3ue je ne puis ni ne dois me constituer juge des questions de roit politique ou civil qui pourraient s élever sur la validité de ce titre 5 que cette validité doit être reconnue par l'héritier légitime , ou vérifiée contradictoirement avec lui ; que dans notre droit il n'existe point de succession sans héritier ou représentant légal ; qu'il est , ou dans un parent au degré successible , ou dans la veuve , ou dans l'état ; qu'enfin ce» n'est pas à moi , mais à MM. les exécuteurs testamentaires à rechercher et à mettre en cause cet héritier légitime , quel qu'il puisse être.
En un mot , d'après l'avis de mes conseils , je dis à MM. les exécuteurs testamentaires : Je suis prêt à payer 5 mais je veux payer valablement 5 je ne veux pas m'exposer à payer deux fois. Faites vérifier votre titre et votre qualité avec le contradicteur légitime , ou bien souffrez que je me libère par un versement à la caisse des consignations.
Tel est , si l'on peut appeler cela un procès , celui qui existe entre MM. les exécuteurs testamentaires et l'ancienne société Perregaux , Lafitte et compagn e.
J'ai l'honneur, etc.
Signé Lapitte.
Dernière lettre que le général B ichegru a adressée en Angleterre , après son débarquement lors de la tentative de Georges contre le premier Consul.
Le 18 janvier, de cinq lieues dans les terres:
Je vous ai écrit de la rade de Douvres, le soir du samedi \^: Le lendemain, à quatre heures du matin, nous remîmes à la voile , et , dans la nuit du 16 , nous avons débarqué heureusement avec un pronostic extraordinaire pour s'être déjà renouvelé trois fois. J'en fus frappé d'abord , mais je l'ai été bien davantage , lorsque ceux qui nous ont devancés ici , m'ont dit que la même chose leur était arrivée. Voici ce que c'est,
Au moment où les chaloupes ont abordé le rivage, une étoile, ou feu aérien , d'un éclat extraordinaire, est venu tomber directement devant nous , comme pour nous indiquer le point de débarquement et suppléer aux personnes qui devaient nous y attendre , et qui ne s'y trouvaient pas , parce que ce n'était pas un
Jour de rendez-vous. St., . et Larive , qui arrivent à l'instant de P..., et qui, comme vous savez, ont débarqué séparément, nous ont dit avoir remarqué la même chose. Je me flatte que ce phénomène est d'un heureux présage , et je désire que tout ce que j'aurai vu, d'ici à peu de jours, me confirme dans cette espérance. Nous partons d'ici ce soir, et Larive m'a dit que nous ne pourrions être à P — avant dimanche ou lundi. Je détache d'ici M. Frédéric pour aller par la voie la plus prompte, je veux dire, la poste, prévenir de notre arrivée, de manière que j'espère voir et savoir à quoi m'en tenir dans les premiers jours de la semaine prochaine ; je vous écrirai aussitôt. L.... retourne avec nous , et sera probablement porteur de ma première, surtout si elle a à vous annoncer ce que nous désirons.
Notre voyage n'aura , j'espère , d'autres désagrémens que ceux résultant des mauvais chemins , des mauvais temps , et des marches de nuit. Toutes les troupes sont concentrées des environs de Boulogne à Flessingues, de manière qu'il n'y en a presque point d'ici à Paris. Le Corse y est retourné depuis environ huit jours ; on croit bien décidément qu'il tentera la descente, et il vient de mettre (d'hier seulement) tous les bateaux de la côte en réquisition.
Adieu , mon cher B***, j'espère vous donner prochainement de nos m uvelles ; j'y mettrai plus de célérité , si elles peuvent être aussi favorables que je le désire.
Faites-moi le plaisir de communiquer ces deux mots à Larive, n'ayant pas le temps de lui écrire. Portez vous aussi bien que nous 5 all is well. (Tout va bien.)
Bon. of. R.
Publiés à Londres par le capitaine N. W. d'Àngibau , aide - de - camp ei secrétaire particulier du général de Willot.
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Campagnes de Napoléon Bonaparte , et batailles commandées par lui en personne*
campagnes d'italie, {Autrichiens et Piémontais.)
1796. Avril*
Mai.
. Montienote.
. Millésimo.
. Dégo.
. Pont de Lodi;
Août.
. Lonado.
. Castiglione.
Septembre.
. Rovéredro.
. Bassano.
. Saini-Georges.
Novembre.
. Aréole.
1797. Janvier.
. Rivoli.
. La Favorite.
Mars.
. Tagîiamento.
. Lavis.
campagne d'égypte , {Mamzlucks et Arabes. 1790. Juillet.
i3 . . . Chébreisse.
ai . . . Pyramides.
CAMPAGNE DE SYRIE , ( TurCS €t MdTTie kicks .)
1799. Avril.
Jaffa.
l5 . • . Mont-Thabor.
2e. campagne d'Egypte, ( Turcs et Mamelucks. )
Juillet.