‹ Napoléon en exil, ou, L'echo de Ste. Hél`eneChapitre 27 sur 27 · AOUT · texte numérisé non relu

AOUT

promesses ne furent employées contre lui. Si Ferdinand eût été traité comme je le suis ici , s'il eût été privé de nourriture et traité avec autant de rigueur, on pourrait dire alors que son abdication était forcée. Votre "^"^ m'aurait volontiers fait périr; * mais voyant que la nation n'y consentirait pas, ou m'a envoyé ici , afin que je meure d'une mort assez lente pour qu'elle paraisse naturelle, ou dans l'esjiérance que j'attenterais à mes jours. Le fait est que, sans les querelles particulières entre le père et le fils , je n'aurais jamais pensé à les détrôner. » J'ajoutai que dans plusieurs écrits publiés contre lui, on assurait que c'était lui qui avait eu l'art de faire naître ces dissensions dans la famille royale d'Espagne, afin de pouvoir en profiter. « Un homme tel que moi, répliqua Napoléon, est un dio ouuero un diavolo (un dieu ou un diable). Cela est aussi vrai qu'il l'est que j'ai fait venir Picliegru et Georges à Paris, dans le dessein de ruiner Moreau. Quand j'ai vu ces deux imbécilles animés l'un contre l'autre, et chercher réciproquement à se détrôner, j'ai pensé que je pouvais bien en tirer avantage, et déposséder une famille ennemie; mais jamais je ne me suis mêlé de leurs disputes. Si j'avais pu prévoir que cette affaire eût dû me causer autant de tracasseries et de chagrins, je ne m'y serais point engagé, mais les premières démarches une fois faites, il ne m'a plus été possible de reculer. »

Il a parlé sur la bataille d'Essling(ou d'Eylau),

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et il a observé qu'il y avait beaucoup à dire des deux côlés. Il avait conservé le cliamp de bataille; mais il s'était retiré pendant la nuit, et on pourrait penser que cette retraite annonçait qu'il avait essuyé un revers. La victoire a été très-décidément gagnée à Lutzen (i) et à Bautzen, (c Je n'avais guère que dix-sept ans, me dit Napoléon, lorsque je composai une petite bistoire de la Corse. Je la soumis à l'abbé Reynal , qui lui donna des éloges, et parut désirer que je la publiasse. Cet ouvrage devait, selon lui, servir la cause de la liberté, dont il commençait à être fortement question alors, et me faire une sorte de réputation. Je suis bien aise de n'avoir pas suivi ses conseils. Il était écrit selon l'opinion du jour, qui tendait à cette époque vers une rage de répubbcanisme, et ce livre contenait les plus forts argumens contre les gouvernemens monarcbiques. Il respirait la liberté d'un bout à l'autre , était rempli de maximes et de sentences républicaines , et même beaucoup trop ; je l'ai perdu depuis. Étant à Lyon en l 'j 86, je remportai , au collège, le prix d'une médaille en or, sur le tlième suivant : Quels sont les sentimens que Von doit le plus recommander , afin de rendre riiomme heureux. Quand je montai sur le trône, bien des années après, je parlai de cela, par basard, à Talleyrand. Il envoya un courrier à Lyon pour se

(i) Le general Gourgaud m'a dit qu'à Lutzen, Napole'on n'avait que deux re'giaiens de cavalerie.

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procurer ce morceau; il y parvint facilement, par la connaissance du sujet , car le nom de l'auteur était inconnu. Un jour, comme nous étions seuls, Talleyrand tira le manuscrit de sa poche, et, croyant me faire la cour, il me le remit entre les mains, en me demandant si je le connaissais. Je reconnus aussitôt mon écriture, et je le jetai au feu, où il fut consumé en dépit des efforts de Talleyrand pour le sauver. Comme il n'avait pas pris la peine de le faire copier auparavant , il parut très-mortifié de cette perte. J*en fus au contraire fort satisfait, attendu qu'il y avait , dans cet opuscule , comme dans celui sur la Corse, beaucoup d'idées républicaines , et une exaltation de sentimens libéraux suggérée par la chaleur d'une imagination bouillante, lorsque la jeunesse et la rage du siècle enflammaient mon esprit. Les sentimens au reste y étaient trop exaltés pour pouvoir Jamais être mis en pratique. »

Je lui ai demandé son opinion sur Robespierre. (( Robespierre , me répondit Napoléon , n'était certainement pas le plus méchant homme de la révolution. 11 ne voulait pas que la reine fût mise en jugement. Bien loin d'être athée, il soutint publiquement l'existence d'un Être Suprême contre l'avis de plusieurs de ses collègues. Il ne croyait pas non plus qu'il fût nécessaire d'exterminer tous les prêtres et les nobles pour consolider la liberté en France, comme le prétendaient tant de révolutionnaires; Marat, par exemple, qui ne parlait pas moins

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que de faire tomber six cent mille têtes. Robespierre voulait qu'on mit le roi bors de la loi , et non qu'on procédât à la ridicule moquerie de le juger. C'était un fanatique, un monstre; mais il était incorruptible et incapable de voler, ou de causer la mort de qui que ce fût, soit par inimitié personnelle ou par le désir de s^enricliir. 11 était un enthousiaste, mais du genre de ceux qui croient qu'ils agissent selon la justice ; et il ne laissa pas un sou après sa mort. Sous quelques rapports , on peut dire que Robespierre a été un honnête homme. Tous les crimes commis par Hébert, Chaumette , Gollot d'Herbois et d'autres, lui furent imputés. Marat, Billaud de Varennes , Fouché , Hébert et plusieurs autres étaient infiniment plus médians que lui. C'était vraiment une chose surprenante, ajouta Napoléon, que de voir ces fanatiques qui trempaient leurs mains dans le sang, et qui n'eussent pas pris une pièce d'argent ou une montre appartenante aux malheureux qu'ils traînaient à l'échafaud. 11 n'y a pas d'exemple qu'ils aient négligé d'apporter religieusement au comité de salut public l'or ou l'argent dont ils avaient dépouillé leurs victimes. Chaque pas qu'ils faisaient était marqué par le sang , mais ils croyaient bien agir, et ils se seraient fait un scrupule de commettre la plus petite action contraire à la probité.

» Le pouvoir de ce fanatisme était tel , que ces hommes prétendaient marcher dans le sentier de l'honneur et de la vertu , en n'estimant pas plus

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la vie d'un liomme que celle d'une mouclie. Lorsque Marat et Robespierre commettaient tous ces massacres , si PiLt leur eût offert deux cent millions , ils les eussent refusés avec indignation. Ils jugèrent même , et firent guillotiner quelques-uns de leurs collègues, Fabre d'Eglautine, par exemple , qui s'étaient rendus coupables de pillage. Il n'en était pas ainsi de Talley ra nd , de Danton, de Barras , de Fouclié. Ceux-là n'étaient que des figurans, et ils auraient embrassé tous les partis pour de l'argent. Talleyrand est le plus vil des agioteurs y homme corrompu , sans opinion , mais homme d'esprit. Il est toujours prêt à tout vendre et à se vendre lui-même au plus offrant. Barras était de même. Quand je commandais l'armée d'Italie , Barras se fit payer , par l'ambassadeur de Venise , deux cent mille dollars ( si je ne me trompe) pour écrire une lettre , dans laquelle il me priait de bien traiter cette république , avec laquelle

je ( ici il fit un geste très -significatif) ; je n'ai

jamais fait attention à de telles lettres. Dès le commencement de ma carrière, j'ai toujours commandé par moi-même. Talleyrand vendait également tout ; Fouclié un peu moins : sa vénalité n'était pas aussi prononcée. y>

J'ai demandé à Napoléon , comment il était possible que Barrère eût échappé aux diverses secousses de la ré volution ? (c Barrère ? parce que c'est un homme sans caractère , un homme qui changeait de jjarti à volonté et les servait tous successivement. Il a la

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réputation d'avoir du talent. Je ne l'ai pas jugé ainsi. Je me suis servi de sa plume j mais il n'a pas montré beaucoup d'habileté. Il employait volontiers les fleurs de rhétorique , mais ses argumens n'avaient aucune solidité ; rien que coglionerie , enveloppées dans des ternies élevés et sonores.

y> Billaud de Varennes est le plus exécrable des hommes qui aient figurés dans la révolution. Carnoi en est le plus honnête. Il a quitté la France sans un sou,

» Madame Campan , continua Napoléon , avait une opinion trcs-médiocre de Marie-Antoinette. Elle me raconta qu'une personne bien connue par sou attacliement à la reine , vint la voir à Versailles , le 5 ou le 6 octobre , où elle passa la nuit. La populace attaqua le palais. Marie - Antoinette s'enfuit déshabillée de sa chambre dans celle du roi pour y chercher un asyle. Son amant descendit par la fenêtre. En allant chercher la reine dans sa chambre à coucher, madame Campan \it qu'elle en était sortie, mais elle trouva une paire de culottes , que le favori avait laissées derrière lui , dans sa fuite précipitée , et qui furent immédiatement reconnues.

)) Après les événemens de brumaire, dit-il, j'eus une longue conversation avec Sieyes sur la situation delà France et sur diverses matières politiques. En me quittant, Sieyes alla souper avec quelques républicains , ses amis intimes , les plus fermes appuis du parti. Lorsque les domestiques eurent quitté la

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salle à manger , il ôta son bonnet , et le jetant à terre avec \ioIence, messieurs, dit -il, il n'y a plus de république, elle est anéantie. J'ai parlé aujourd'hui avec un homme qui , non-seulement est un grand général , mais qui est par lui-même capable de tout faire et de tout embrasser. Il n'a besoin ni de conseillers , ni d'assistance. La politique, les lois , Tart de gouverner, lui sont aussi familiers que la manière de commander une armée. Il est jeune et déterminé. La république a existé. — Mais , s'écrièrent les républicains , s'il devient un tyran, il faudra employer le poignard de Brutus. — Hélas ! mes amis, répondit Sieyes , nous tomberions après dans les mains des Bourbon, ce qui est pis. Fouché, ajouta-t-il, n'a point eu mon entière confiance. Jamais il ne m'approchait sans s'incliner jusqu'à terre devant moi. Je n'ai jamais eu d'estime pour lui. Comme il avait été un terroriste , un des chefs de la faction jacobine , je m'en suis servi comme d'un instrument pour découvrir les jacobins , les septembriseurs et ses autres vieux amis. Par son moyen , je me suis vu en état de bannir deux cents de ses anciens associés aux crimes révolutionnaires qui troublaient la tranquillité en France. Il trahit et sacrifia sans remords tous ses vieux camarades ou ses complices. Aussi je ne l'ai jamais placé dans un poste important où j'aurais eu besoin de compter sur lui , ni n'ai même souffert qu'il m'adressât le premier la parole : d'ailleurs , je n'avais pas une excellente opinion sur ses talcns.

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Talleyrand , au contraire , a réellement joui de toute ma confiance pendant long-temps , et il connaissait souvent mes projets un au ou deux avant que je les misse à exécution. Talleyrand a un talent prodigieux, mais il est méchant par caractère , sans principe , et si avide d'argent , qu'il ne s'inquiète jamais si les moyens d'en obtenir peuvent être avoués par un honnête homme. Sa rapacité était telle , qu'apiès l'avoir prévenu plusieurs lois qu'il eût à prendre garde à lui, je fus obligé de lui ôter ses emplois. Sieyes a aussi possédé ma confiance , et était un homme d'un grand mérite : il était probe , bien difïérent en cela de Talleyrand. Il aime l'argent aussi, mais il est incapable de s'en procurer autrement que par des voies légitimes , et non comme celui dont je viens de parler , qui s'en empare de toute manière.

26. — Les observations suivantes sur notre ambassade en Chine ont été faites par Napoléon. « Il paraît que votre ambassadeur, lord Macartney, a été obligé, en in 98, de se soumettre au io-ioii, sans quoi il n'eût pas été admis. Vos ministres , qui devaient avoir prévu cela , et qui , en tous cas, prévoyaient des difficultés dans l'étiquette , avaient autorisé lord Amherst à s'y conformer, lorsqu'ils l'ont envoyé dans cette contrée ; il paraît qu'il pensait lui-même devoir se soumettre à cet usage, et qu'en s'y refusant , il s'était laissé guider par de mauvais conseils. C'est une erreur , mais une erreur très-

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accréditée, de croire qu'un ambassadeur représente son souverain. Il ne le représente pas , puisque dans le fait, aucune affaire ne peut être considérée comme Téritablement valide et terminée , qu'autant qu'elle a été ratifiée par la puissance qui l'envoie ; et quant à son rang, relativement à l'étiquette, il n'y a jamais eu un exemple qu'un monarque ait traité un ambassadeur comme son égal , qu'il lui ait rendu ses visites, qu'il lui ait fait place dans une cérémonie, ou enfin qu'il ait eu pour lui les égards et les dé férences qu'il aurait pour un souverain étranger. La fausse idée que les ambassadeurs représentent le souverain est une tradition des coutumes féodales , selon lesquelles , quand un grand vassal devait rendre foi et hommage à son suzerain, et qu'il ne lui était pas possible de faire cette démarche en personne , il se faisait représenter par un ambassadeur, qui , dans ce cas , recevait réellement les honneurs dus à son maître. Le caractère d'un ambassadeur est de même nature que celui d'un ministre plénipotentiaire ou d'un envoyé , avec cette différence , que l'ambassadeur est au premier rang, le ministre au second , et l'envoyé au troisième. Mais dans les négociations , ils ont lOUs trois les mêmes droits ; tout ce qu'ils stipulent ou signent doit être soumis à la ratifications de leurs princes : la véritable différence n'existe guère que dans l'étiquette. L'ambassadeur en préséance devrait être traité comme les hommes qui occupent les plus hauts rangs dans le pays ,

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comme les princes , les ducs et les ministres d'état ; le ministre plénipotentiaire comme les nobles du second ordre , en préséance à la cour , et les envoyés comme ceux du troisième. Quant aux chargés d'affaires, ils ne sont pas accrédités auprès du souverain , mais auprès du ministre.

)) Les ambassadeurs anglais et russes avaient un droit aux mêmes distinctions et auraient dû suivre la même étiquette qui était suivie par les princes et par les chefs mandarins. Or , ces derniers avaient pratiqué le Ico-tou , et par conséquent les ambassadeurs auraient dû en faire autant j l'empereur de la Chine avait le droit de l'exiger. Ou a dit qu'un capitaine français , nommé Rock , qui était allé à la Chine sous le règne de Louis XIV, avait refusé d'accomplir le Tco-tou. Mais il faut observer que cet officier n'était ni ambassadeur , ni ministre plénipotentiaire , ni envoyé , et qu'il était le maître d'agir à sa fantaisie ; et le gouvernement chinois était libre de le considérer comme un personnage plus ou moins important. Mais un homme chargé d'une mission diplomatique devait se soumettre au ko-tou et ne pouvait pas même s'y refuser , sans manquer de respect à l'empereur. Ce souverain , de son côté , aurait méconnu le caractère de l'ambassadeur , s'il ne l'avait pas reçu , lorsque cette formalité aurait été remplie.

)) Lord Macartney et, selon toute apparence, lord Amherst, ont recouru à divers expédiens , que le

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ministre russe avait aussi cherché à mettre eu usage. Ils demandèrent à ce qu'un mandarin, d'un rangégal à celui de Fainbassadeur , accomplît le ko-tou devant le portrait du roi d'Angleterre , ou que , par une déclaration publique , le monarque chinois promît que , s'il envoyait un ambassadeur en Angleterre , il se soumettrait au ko-tou. Les Chinois rejetèrent cette proposition , et avec raison. Si l'on recevait un ambassadeur chinois à Londres, il n'aurait pas le droit d'accomplir le ko-tou , mais il devrait suivre la même étiquette en présence du roi d'Angleterre, que les princes, les ministres d'état et les chevaliers de la Jarretière , quand ils sont admis devant le trône , ce qui serait alors le ko-tou anglais. Ces demandes étaient donc déraisonnables, comme le prouve naturellement le principe que nous venons de mettre en avant,

» On fit une troisième suggestion qui consistait à suivre , à la cour de l'empereur de la Chine , l'étiquette de la cour d'Angleterre, qui consiste à mettre un genou en terre au pied du trône, en présentant les lettres de créance. C'est certainement une présomption extraordinaire de votre part, que de vouloir régler l'étiquette du palais de Pékin sur celle du palais de Saint-James. Le principe simple, ([Ucn négociation aussi bien que dans l'étiquette, l'and^assadeur ne représente pas le souverain et ne peut prétendre qu'aux honneurs réservés aux plus grands seigneurs de la cour où il se rend, éclaircit

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entièrement cette question et fait disparaître toute difîicullé. ^

))I1 ne se présente à l'esprit qu'une seule objection raisonnable, contre le ko-tou , c'est que c'est un acte religieux , que cet acte fait partie des cérémonies d'un culte de faux dieux , et qu'il est par conséquent contraire aux principes du christianisme. Les mandarins comprirent parfaitement la force de cette objection , et repoussèrent cette idée, en déclarant d'une manière positive que le ko-tou n'était pas un acte religieux , mais simplement une loi d'étiquette, ce qui aurait du écarter tout scrupule. La Russie et l'Angleterre devraient ordonner à leurs ambassadeurs de se soumettre au ko-tou , sous la seule condition que l'ambassadeur cliinois se soumettrait à Londres et à Pétersbourg aux formes d'étiquette que suivent les princes et les grands.

)) Votre ambassade vous coûte quelques milliers de livres sterling, qu'on a dépensées en pure perte, et au lieu de servir à un rapprochement , elle sera plutôt une raison d'éloignement et de mécontentement entre les Chinois et vous, et tout cela , par une erreur ridicule. En montrant votre respect pour les usages d'un pays étranger , ceux du vôtre n'en auraient été que plus respectables , et tout hommage que l'on rend à un autre souverain , dans les formes qui sont reçues dans son propre pays , sont et convenables et honorables. Outre cela , vos ministres n'en avaient-ils pas un exemple dans ce qui

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a eu lieu avec la Porte , qui a constamment obligé tousles ambassadeurs à l'étiquette qui y est en usage. L'ambassadeur n'est pas admis aux pieds du monarque ottoman , à moins qu'il ne soit revêtu d'un cafetan , et il est , en outre , obligé de faire toutes les cérémonies que les usages de la Porte , selon l'augmentation ou la diminution de son pouvoir, ont prescrites ou changées , mais qui toujours conservent des traces de leur institution primitive. Y a-t-il une grande différence entre se prosterner afin d'accomplir le ko-tou y et baiser la poussière des pieds du sultan ?

» Vous dites que vous pourriez les intimider au moyen d'un armement maritime, et forcer ainsi les mandarins à se soumettre à l'étiquette européenne? Cette idée est une folie. Vous seriez très-mal avisés, en vérité, si vous alliez exciter une nation de deux cent millions d'iiabitans à prendre les armes, et les forcer, pour leur propre défense, à construire des bâtimens pour les opposer aux vôtres. Tout Anglais de bon sens ne peut donc considérer le refus d'accomplir le ko-tou que comme impardonnable et dangereux dans ses conséquences. »

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