‹ Napoléon en exil: relation contenant les opinions et les réflexions deChapitre 7 sur 8 · NO · texte numérisé non relu

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Extrait rfe /a déclaration signée par les ministres des puissances alliées, à Vienne, le 13 mars 1815.

Le^ puissances qui ont signé le traité d« Paris s'étant réunies en congrès à Vienne, et ayant appris la fuite de Napoléon Bonaparte, et son entrée en France par la force, doivent à leur propre dignité «t à l'ordre social» une déclaration des sentiments que cet événement leur fait éprouver.

En rompant la convention qui l'avait établi dans l'île d'Elbe, Bonaparte a détruit le seul titre légal auquel était attachée son existence. En reparaissant en France

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avec des projets de trouble et de subversion, il s'est privé de la protection des lois, et a manifesté à la face du monde qu'il ne peut y avoir de paix avec lui.

Les puissances alliées déclarent, en conséquence, que Napoléon est repoussé des relations civiles et sociales ; et quelles le livrent à la vengeance publique , comme l'ennemi et le perturbateur du repos du monde.

Suivent les signatures.

Autriche. . . . . Le prince de Metternich. — Le baron de Wessemberg.

Espagne P. Gomoy Labrador.

France Le prince Talleyrand. — Le duc d'Al»

berg. — Latour-du-Pin. ; — Le comte Alexis de Noailles.

Russie , Le comte de Rasoumouski. — Le comte

de Stakelberg.^ — Le comte de Nesselrode.

Grande-Bretagne, Wellington. — Clancarty. —

Gathcart, — Stewart.

Portugal, ..... Le comte Palmela. — Saldanha. — Lobo.

Prusse Le prince d'Hardenberg, — Le baron

de Humboldt.

Suède Lowenhielm.

No 3 Protestation de l'empereur Napoléon,

En présence de Dieu et des hommes, je proteste ici solennellement contre la violence exercée envers moi, contre la violation de mes droits les plus' sacrés. On a porté, par la force, atteinte à ma personne et à ma liberté. Je suis venu volontairement à bord du Belléroplion ; je ne suis pas prisonnier de T Angleterre, je suis son hôte.

Je suis venu à l'invitation du capitaine lui-même ; il m*a dît qu'il avait ordre du gouvernement de me rece-

voir et de me transporter, ainsi que ma suite, en Angle* terre, en cas que cela me fût agréable. Comptant sur cette assurance, j'acceptai cette offre, de me mettre sous la protection de la Grande-Bretagne. Du moment où je montai à bord du Bellérophon^ j'avais droit à l'hospitalité anglaise. Si le gouvernement,' en donnant au capitaine du Bellérophon des ordres pour me recevoir, naoi et ma suite, n'a voulu que me faire tomber dans un piège, il a forfait à l'honneur et dégradé son pavillon.

Si cet acte a lieu, les Anglais auront parlé en vain à l'Europe de leurs lois et de leurs libertés. La confiance dans la bonne foi de l'Angleterre est anéantie par Finhospitalité du Bellérophon.

J'en appelle à l'histoire ; elle dira : Un ennemi qui, pendant vingt ans, avait fait la guerre au peuplé anglais, vint dans son infortune chercher un asile sous la protection de ses lois. Quelle plus forte preuve pouvait-il lui donner de son estime et de sa confiance ? Mais comment l'Angleterre a-t-elle payé une telle magnanimité ? On affecta de lui tendre une main hospitalière, et quand il se fut livré.,, on le sacrifia !

4 août 1815.

Signé Napoléon.

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