‹ Napoléon en imagesChapitre 11 sur 59 · IS · texte numérisé non relu

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40. - BUONAPARTE. APPRENANT LA VICTOIRE DE NELSON, JURE SUR SON ÉPÉE D’EXTIRPER TOUS LES ANGLAIS DE LA TERRE- — VOIR PROCLAMATION DE BUONAPARTE A L’ARMÉE FRANÇAISE, AU CAIRE, PUBLIÉE AVEC AUTORISATION DU DIRECTOIRE, DANS LES LETTRES DE VOLNEY.

Bonaparte foule aux pieds la dépêche qui lui apporte la nouvelle de la victoire de Nelson, et il s’écrie : « Quoi! notre Ootlo prise et détruite par les esclaves de la Crande-Bretagnc : sur mon épée et devant

ICONOGRAPHIE DES CARICATURES ANGLAISES

saint Mahomet, je leur jure une vengeance éternelle. — Oui : quand j’aurai subjugué l’Égypte, soumis les Arabes, les Druses et les Maronites, conquis la Syrie, navigué sur l'Euphrate au travers des déserts de sable, appelé à mon aide les Bédouins, les Turcomans, les Kurdes, les Arméniens et les Perses, organisé une cavalerie d’un million d’hommes que je ferai naviguer avec des radeaux sur le Bosphore, pendant 6 ou T milles, j'entrerai à Constantinople.

Maintenant, j’apparais sur le théâtre de l’Europe : j'établis la république de Grèce, je relève la Pologne de ses ruines, je force la Prusse à s’agenouiller devant la France, j’enebaine l’ours russe et je coupe la tête à son aigle impériale. Puis, je chasse les féroces Anglais de l’Archipel, je leur ordonne de quitter la Méditerranée, et je les raye de la liste des nations.

J, a terre ainsi conquise ne demandera que la paix, et à Constantinople on élèvera un obélisque, avec cette inscription : « A Buonaparte, conquérant du monde et destructeur de la nation anglaise. »

[Caricature de James Giilraj, 8 décembre 1708. ]

ii. — Le spectre de Buonaparte apparaissant au Directoire. — Ce dernier recule d'épouvante devant l’apparition, qui, dans un costume léger, brandit son épée émoussée en disant : « Régicides, parricides, matricides, fratricides, voilà le résultat de « votre insatiable soif de conquêtes; voilà votre reconnaissance pour mes glorieux exploits « en Italie, en Allemagne, mourir parla main d‘un assassin, d’un musulman; sans compter « mes légions de braves détruites par les Arabes et les melons d’eau.

« Allez, meurtriers de sang-froid, puisse ce crime empoisonner votre vie, et le nom de « Nelson hanter votre esprit, jour et nuit! »

Allusion aux bruits qui circulaient alors, répandus sans doute par les partisans du futur empereur, et suivant lesquels on le représentait comme une victime du Directoire, qui aurait jugé prudent d’éloigner un général aussi grand et aussi célèbre.

Caricature de Isaac Cruikshanli. 1 er janvier 1799.

12 . Colonne de Pompée ou la Science au pilori. — En bas du dessin on lit : « Il parait, d’après une lettre interceptée du général Kleber, datée d’Alexandrie, 5 brumaire an VII de la République, que lorsque la garnison fut obligée de se retirer de la ville neuve, à rapproche de l’armée turque, une partie des savants qui avaient fait l’ascension de la colonne de Pompée pour se livrer à des observations scientifiques se trouvèrent arrêtés dans leurs travaux par des Bédouins qui mirent le feu à un tas de paille et de roseaux secs placés auprès de la colonne. »

Les savants, dans une situation terrible, entre le feu et les décharges des Arabes, sc défendent en lançant sur les assaillants leurs globes et les autres instruments scientifiques dont ils étaient munis.

On fait feu sur un ballon, La Diligence d'Abyssinie, et les aéronautes sont précipites sur le sol.

Caricature de James Gillray, 6 mars 1799.

13. — L’insurrection de l’Institut amphibie. — Un savant français étudiant un ouvrage sur Y Éducation du Crocodile, d’après lequel cet animal pourrait être employé utilement pour remorquer les vaisseaux et pour traîner les voitures. Il comptait évidemment mettre la théorie en pratique, car Rapporte avec lui, au bord de la rivière, une selle, une bride, un énorme fouet, lorsqu’il est saisi par un amphibie et dévoré.

Un’autre savant occupé à lire Les droits du Crocodile est également happé par un de ces animaux, qui fait ainsi valoir» ses droits ».

Caricature anonyme, 12 mars 1799.

14. — Puissances alliées. — Bonaparte a un pied sur un fromage de Hollande qu’un Hollandais cherche àreprendre; un matelot anglais le tient solidement par la taille, tandis qu’un Turc, d’aspect féroce, au costume garni d’oreilles humaines, le lire par le nez et lui fait d’horribles balafres avec son cimeterre, qui est fumant de sang (sur ialameonîit : Saint-Jean d’Acre).

Caricature anonyme , 1 er septembre 1799.

io. — Buonaparte en crocodile. -—Il est représenté chaussé de grosses bottes avec une épée fantastiquement grande, en train doter la vie à deux grenouilles, tandis que la

terreur des autres batraciens est rendue d’une manière comique : un bataillon de crocodiles, en uniformes militaires, abandonnent leur commandant.

Caricature anonyme , novembre 1799.

16. — Retour de Satan de la terre d'Égypte. — Découvert en conciliabule avec Belzébuth et Déliai. Au centre Bonaparte, un piedsur un crâne, l’autresur ^Marseillaise et le Conseil des Cinq Cents. Derrière lui, la Gloire, avec une trinité formée de trois épées : Sieyès, Ducos et Bonaparte. Les dénions l’enlourent et, à ses pieds, la foule houleuse, hurlante, du peuple français.

Caricature de Ca>cse, 30 novembre 1799.

17. — EXir LIBERTÉ A LA FRANÇOISE, OU BUONAPARTE METTANT FIN A LA FARCE DE L’ÉGALITÉ, A SAINT-CLOUD PRÈS PARIS, LE 10 NOVEMBRE 1799.

[Caricature de James Gillray, 21 novembre 1799.]

“Très nombreuses furent les caricatures publiées en Angleterre surcet important événement; mais comme elles se ressemblent toutes, j'ai pensé qu’il suffisait d’en reproduire une et j’ai naturellement choisi la plus importante, celle de Gillray.

Il est bon d’observer que ces pièces satiriques étaient toujours dirigées contre le Premier Consul, dont la puissance grandissante n’était pas sans effrayer les Anglais. En prenant la défense de la «liberté française, assassinée par Bonaparte », nos voisins avaient surtout en vue la défense de leurs propres intérêts; la liberté en elle-même, telle qu'on pouvait alors la concevoir, suivant les principes révolutionnaires, leur importait peu.

Quelques années auparavant ils avaient criblé de leurs traits acerbes les représentants des nouvelles couches sociales, mais ils n’étaient jamais sortis du domaine de la grosse farce. Maintenant, sans cesser de ridiculiser « les purs », ils avaient surtout en vue l'homme de l’expédition d’Égypte.

Cette estampe est, très certainement, une des bonnes pages du comique anglais.

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18. — LES MEMBRES DD TRIUMVIRAT CONSULAIRE FRANÇAIS RÉDIGEANT LA NOUVELLE CONSTITUTION.

Ils jettent un coup d’œil sur les cases « de réserves constitutionnelles » de l'abbé Sieyès, qui sont a l'arrière-plan. — Dans le haut, sur un ruban, on lit : « vive la Constitution une et invisible * ; jeu de mots qui faisait le bonheur des ennemis de la Révolution.

{.Caricature de James Gitlray, tl janvier -1800.]

I'- 1 - —LES POMMES ET LES EXCRÉMENTS DE CHEVAUX, OU BUONAPARTE AU MILIEU DES POMMES D’OR.

Kxplicatio.n. — Des exerémeuls de chevaux, provenant d’un las de fumier, sont entraînés par le courant : de belles pommes nagent au milieu; d’un moment à l’autre les excréments peuvent. les noyer. — Ali ! ma foi, comme clics nagent, les pommes !

- Au milieu, Bonaparte, qualifié premier excrément, suivi des au très Consuls et de sievés, — tandis qu’aulourde Lui surnagent Marat, Robespierre, Taîleyrand, Condorcet, Masséna, — fait, oii le volt, des efforts surhumains pour saisir les bel les pommes qui vont lui échapper, c’csl-à-d ire l’Allemagne, la Prusse, la Russie, la Turquie, 1 Angleterre, Naples. De sa bouche sort la devise : ■ Ah ! par ma foi, comme elles nagent les pommes! » Sur le tas de fumier placé au coin, à gauche, on peut lire les noms des hommes et de tous les principes de la Révolution ; c’est la pyramide des excréments républicains. On y voit même Voltaire, Rousseau, les personnages du grand siècle, les philosophes précurseurs du mouvement de 178b. Les sages, les hommes de pensée se trouvent confond us avec les exaltés, avec les fous poliliques, dans la même réprobation, rii tout cela n’est, au fond, qu’une pure allégorie, il faut reconnaître que de telles comparaisons donnent l’idée de la violence des satires graphiques du moment et de l’impression générale que l’Europe monarchique continuait à avoir des hommes et des choses de la Révolution française. D’un côte, les « Jean-loutres » du pare Duchêne ; de l’autre côté, les « excréments républicains » : ici la violence du langage , là l’àpreté du crayon. Des deux banderoles s’échappent les inscriptions suivantes : » Le Caire! le Caire! Nous nagerons chacun à notre tour. — Aucun de nous n’était né pour être submergé. »

[Caricature de James Gillray, 2V février 1800.]

* Note relative à la caricature : Buonupurte quittant l'Égypte (n n 20j.

Cette charge contre Napoléon s’enfuyant avec des trésors, qui, au point de vue graphique, peut être considérée comme une parodie de la célèbre estampe de Carie Vernet, «La Renommée montrant à Bonaparte le pouvoir», est, comme beaucoup d’autres, l’interprétation par l’image de documents d’origine française. Le bruit avait, en effet, circulé dans l’armée que Junot emportait des trésors immenses trouvés par le général en chef dans les pyramides. Ce dernier ne pouvant pas les prendre lui-même, ce soin fut réservé à l’homme qui avait toute sa confiance.

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âO. — BUONAPARTE QUITTANT L’ÉGYPTE-

< pour cette illustration, voyez les lettres interceptées du général républicain Kléber au Directoire français, vous serez édifié sur le courage, l'honneur et les vues patriotiques d’un déserteur de l’armée d’Égypte. > * Tandis que la Renommée, en sonnant de la trompette, désigne Bonaparte à l'Immortalité, le général en chef, qui, entre parenthèse, louche formidablement, montre du doigt la couronne et le sceptre qui l’appellent en France et qui ont déjà étouffé le faisceau des licteurs. Ses fidèles ont pris soin des ccus.

[Caricature de James Gülray, 8 mars 1800.]

CARICATURES ANGLAISES

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