LA DÉMOCRATIE OU UNE ESQUISSE DE LA VIE DE BUONAPARTE
V. Reconnaissance démocratique. — Bonaparte conduisant les bandits régicides qui ont détrône et assassiné le Monarque dont la générosité l’avait élevé au pouvoir.
VI. Relif/ion démocratique. — Ronaparte devenant Turc, an Caire, par intérêt, alors qu’il avait juré sur le saint-sacrement de défendre la loi catholique.
Vil. Gloire démocratique. —Bonaparte recevant, comme grand Consul de France, les hommages de ses sycophauies et parasites jacobins.
VIII. Consolations démocratiques. — Bonaparte sur son lit, entouré par les spectres de ses victimes ; il aperçoit les dangers qui le menacent depuis son usurpation et il entrevoit avec horreur l’heure du jugement dentier.
{Caricature de James Gillray . 12 mai 1800.]
22. — Prière de John Bull pour la paix, ou fin de la discorde. — Il est à genoux, implorant la paix, en ces termes : « Sublime représentant du Bonheur, ouvre ton oreille à la demande d'un pauvre patient fatigué et opprimé, Bull, qui te prie humblement d’user de ton influence, de nous rendre nos anciens privilèges dont nous avons été spoliés et de mettre fin au cruel Monopole. Si cela doit durer, envoie-moi ton aide, l’opulence, pour me réconforter, moi et ma nombreuse famille, et puisse cet horrible démon de la discorde ne jamais réapparaître. »
La Paix, sur laquelle veille l’œil de la Providence, réplique : « Ta prière sera exaucée. L a richesse t'attend avec ses bénédictions, elle viendra lentement mais sûrement. » Bonaparte et Pitt, représentés couverts de serpents, se retirent tous deux devant cette déclaration.
* Pitt fut, on le sait, l’ennemi le plus acharné de la France et, en l’espace de huit ans, soudova contre elle trois coalitions.
Caricature de Roberts , 1801 .
23. — L’enfant et le champion nouvellement baptisèdu Jacobinisme. — Bonaparte est tenu sur les fonts baptismaux ayant, à leur base, des sphinx égyptiens, pendant qu'un évêque dit : « Nommez cet enfant ». Àddington et Pitt sont les parrains, lord Hawkesbury est la marraine. Pitt réplique : « Libérateur de l’Europe et pacificateur du monde. » Addington ajoute : « J’espère qu’il abolira le commerce des esclaves. » La marraine fait cette observation : « Ne dites rien de la marche sur Paris. »
Caricature anonyme, 26 octobre 1801.
* Addington, qui avait remplacé Pitt, en mars 1801, et qui présida aux négociations pour la signature du traité d’Amiens, devait le rompre ou le laisser rompre en 1803. Les faiblesses et les variations de sa politique extérieure lui suscitèrent nombre d’ennemis dans le camp des patriotes enragés; d’où, contre lui, une grêle de pamphlets et de satires crayonnées. C’est ainsi que, sans cesse, on le voit apparaître sur les caricatures de Gillrav.
24. — Rêveries politiques. — Visions de paix. — Horreurs en perspective. —
Wyndham, qui conduisait le parti de la guerre, est endormi et ses rêves sont pleins d’incidents que la gravure développe tout au long.
Comme scène principale de ses visions on voit Bonaparte attirant vers la guillotine, par une corde, l’Angleterre, dont le trident et le bouclier sont brisés.
Caricature de James Gillray , 9 novembre 1801.
* William Wyndham (i7o(M8lO), secrétaire d’État de la guerre en 1795, avait fait décider les armements qui devaient seconder les opérations des royalistes français en Bretagne et en Vendée. Ce fut lui qui s’opposa le plus aux négociations avec îe Premier Consul, de même qu’il prit une grande parta la rupture du traité d’Amiens.
20. — La Balance du pouvoir. — Des balances dans lesquelles Bonaparte pèse Pitt et le lord Chancelier. Pitt s’écrie tristement : « Voici donc la balance du Pouvoir pour laquelle nous avons fait tant d’embarras, c’est une jolie besogne. Maudite soit l’épée qui a fait ainsi pencher le fléau! »
Caricature de Ansell , 1 er décembre 1801.
26. — Une partie d’échecs entre Buonaparte et lord Cornwallis. — Bonaparte dit : « Échec à votre roi. Rappelez-vous que ce n’est pas la première fois, et je crois qu’au «< bout de quelques coups, vous pourrez vous convaincre que je suis plus que vous au « courant du jeu. » Cornwallis, s’arrachant les cheveux, réplique : « Malédiction, je vais « perdre la partie; vous êtes trop fort pour moi. »
Caricature de Ansell, 9 janvier 1802.
* Allusion à la paix d’Amiens signée par le marquis de Cornwallis, vice-roi d’Irlande.
27. — Conversation tendue. — Lord Cornwallis tient Bonaparte par la boutonnière et lui dit : « Nos négociations sont bien longues pour aboutir à un résultat et je vois que notre « peuple commence à craindre d’avoir été votre dupe. Le départ de votre flotte donne