‹ Napoléon en imagesChapitre 31 sur 59 · LES ASTROLOGUES GAULOIS ATTIRÉS PAR LA COMÈTE IMPÉRIALE · texte numérisé non relu

LES ASTROLOGUES GAULOIS ATTIRÉS PAR LA COMÈTE IMPÉRIALE

* Quantité de pièces furent publiées sur la comète de 1811, à l’étranger comme en France. L'image, loin de voir dans cet astre le signe précurseur de grands malheurs, le considéra, au contraire, comme un indice nouveau de la puissance impériale. Les Anglais, naturellement, raillèrent celle prétention; d’où la caricature de Elmès montrant les astrologues aux pieds de Leurs Impériales Majestés.

[ Caricature de G. Elmès, 24 septembre 1811.]

* Cette caricature est dans la note grotesque qui plaisait tout particulièrement à John Bull : on y retrouve, en effet, au plus haut degré, cette familiarité, ce sans-gèneavec lesquels on espérait porter atteinte à la grandeur impériale, et cette platitude, cette obséquiosité que l’on aimait à reprocher aux Français. La comète impériale, c'est le petit roi de Rome, et la façon dont ce dernier est dessiné, partout, est un précieux document pour l’arsenal du rire." Le chapeau à plumes et le coq gaulois ne s’étaient pas encore trouvés en posture aussi comique.

232. — Bienvenue anglaise, ouTJne visite de Bantam au lion. — Napoléon sesauvant devant les Anglais. « Quoique Boney-Bantam batte des ailes», porte la légende, «cependant «i nous pouvons être assurés de ceci, e'est qu'il agitera sa queue et sc sauvera chaque fois « qu’il rencontrera l’Angleterre. >»

Et Napoléon se retire effectivement , en disant au lion britannique : « Excmez-moi, monsieur le lion (en français, dans l’original), mais je suis pris de très fortes coliques. »

Caricature anonyme, septembre 1812.

* Bantam qui apparaîtra, quelquefois, dans les caricatures de l’époque, est une sorte d’animal diabolique, ayant le corps et la queue du renard corse, la tète et les ailes du Dcvil, c’est-à-dire du Diable classique. Plus les événements marchaient, plus l’on éprouvait le besoin de multiplier les épithètes et les comparaisons diaboliques àl’égard de Napoléon. Boney ne suffisait plus : c’était devenu un petit sobriquet innocent, presque un terme d'amitié; il fallait, maintenant, les qualificatifs sanglants etterribles.

CARICATURES ANGLAISES. 15

-iœ. - JACK FROST (LE FROID) ATTAQUANT BONEY EN RUSSIE.

Un monstre effrajant, monté sur l’ours du Nord, poursuit Napoléon et le bombarde d’énormes boules (le neige, tandis que, de ses yeux, soldent des rayons cnllaunnés qui sont censés représenter la lumière au Nord. Dans le fond, au milieu, l’Empereur Alexandre chaussé de bottes immenses, recourbées comme des chaussures a la poulaine, et derrière lui toute une armée de Cosaques.

Napoléon ayant des pnlins et tenant son pauvre nez gelé, tandis que la bourrasque lui enlève son chapeau , s çcne : « Ali ! monsieur Je Froid, c’est une réception plus glaciale que celle à laquelle je " m attendais; je navals pas encore lait l’expérience d’un pareil bombardement. Il faut que je fasse « attention a mon nez, aussi bien qu’a mes orteils. Je vous en prie, pardonnez-moi, pour cette fois, et * par saint-Denis, je jure de ne jamais remettre le pied sur votre domaine. »

Jack Frost lui répond : <> Quoi, maître Bonev vous ai-je enfin pris? » !

Les soldats français se rcchaull'ent au leu des incendies allumés à Moscou.

[Caricature de Elmùs , novembre 1812 J.

234. — Armoiries de Napoléon-Buonaparte, devenu Empereur par lui-même, autrefoisle Corse, et maintenant l’effroi de l’Europe. — Les armoiries représentent le monde mis à feu, à l’exception de la Suède et de l’Angleterre, par Je Corse incendiaire. La tyrannie, l’hypocrisie, la barbarie sont ses étendards; on les aperçoit au travers de la fumée, et ils ont presque enveloppé le monde.

Les supports sont le Diable français et le Diable corse.

Le Diable français ou le Diable boiteux, c’est-à-dire un noble et un prêtre (on devine aisément que lui et Talleyrand ne forment qu’une seule et même personne), montre, sur un sablier, que le temps passe et que la chute de Boney approche. — Le coq gaulois, renversant la religion, est son emblème.

TLe Diable corse, ivre d’une ambition sans limites, porte une couronne de fer, ornée d’épines; il renverse le bonnet de la liberté, parce que la tyrannie est son idole. Le serpent et la hyène sont les vrais emblèmes de sa conduite et de son caractère infâme.

Description des armoiries divisées en huit quartiers :

Page 1