RETRAITE DES GÉNÉRAUX FRANÇAIS
Gelés, harassés de fatigue, les vêtements en lambeaux, coiffés de casquettes et même de chapeaux de femme, les généraux sont entassés pêle-mêle dans un traîneau tiré par des chevaux qui ne veulent plus marcher.
[Caricature de George Cruikshank. décembre 1812.]
237. — Le général le Froid rasant le petit Boney. — Napoléon en vain demande grâce : «Je vous en prie, frère général, ayez pitié, — ne m accablez pas avec voire élément « blanchâtre, vous m’avez tellement égratigné que mes dents claquent. — Je suis presque « entièrement gelé. » Mais l'impitoyable général le Froid lui répond : « Envahissez seulement « mon pays; je vous raserai, je vous gèlerai, je vous enterrerai sous la neige, petit singe. »
Caricature anonyme , 1 er décembre J 812.
238. — La diète au milieu du désert français. — Napoléon embroché rôtissant devant un énorme feu sur lequel saute une poêle pleine de grenouilles. Un ours westpbalien tourne la broche et raille la pauvre victime. Napoléon est arrosé, à grand jus, par un Russe gigantesque, une énorme cuillère dans une main, tandis que, de l’autre, il saisit un tisonnier rougi en fer de Russie.
Ce Cosaque féroce s’écrie, tout en fonctionnant : «Je veux vous rôtir, — vous arroser, — « vous servir dans un plat, et vous dévorer! — 11 fume, frère Bruin, encore un tour, et il « sera à point. »
Le pauvre Napoléon, agonisant, s’écrie : « Cette situation peut vous amuser, monsieur « l’Ours, mais je lui préférerais de beaucoup la mort. »
Caricature anonyme, 8 décembre 1812.
239. — Le passage étroit, ou Le grand saut de Boney à, la Grimaldi. — Cette estampe satirique a trait à un incident de la campagne de Russie raconté par les gazettes de la coalition. Napoléon ayant mis pied à terre venait d’entrer dans une pauvre maison, pour se réconforter, lorsqu'un gros de Cosaques fit irruption à sa suite, prêt à enfoncer la cabane. L’un d’entre eux apparaissait déjà à l’ouverture d'une fenêtre : « Vite, courez, « mon Empereur, cc diable de Cosaque, pourrait emporter votre dîner », lui crie un des hommes de sa garde. Et si, immédiatement, l’Empereur n’avait pas sauté par la fenêtre avec l’agilité d’uu arlequin (sic], pendant que ses fidèles soldats combattaient pour lui donner le temps de fuir, « on aurait vu probablement la fin de cette grande butte d’air , l’Empire français. »
Caricature de George Cruikshank, 1813.
ICONOGRAPHIE DES CARICATCRES ANGLAISES
240. — BONEY, FATIGUÉ DES PÉRILS DE LA GUERRE , ALLANT SE METTRE EN SÛRETÉ DANS LES BRAS DE SA BIEN-AIMÉE.
Voici la U-aducLion des légendes qui figurent au-dessus des personnages.
L’impératrice dit : = Venez dans mes bras, mon héros, et contez-moi tous les secrets de votre glorieuse campagne. »
Le roi de Rome demande : « Nounou, est-ce que papa a effraye les Russes comme les Anglais nous ont effrayés? »
La nourrice répond : « Non, Votre Majesté, les Russes ont combattu comme des taureaux, et leur héroïsme prouve que c’étaient des patriotes convaincus. »
De la bouche de Napoléon s’échappent ces paroles : « Ma réputation est perdue pour toujours; je dois songera la paix, lufandum, regina, jubés renovare dolorcm. »
Au-dessus du diable, qui porte ie souverain sur ses épaules, on lit : « Conduisez-lc au lit et dégelez-tc: je suis presque pétrifié pour l'avoir aidé à fuir du théâtre de la guerre. J'espère que, chaque soir, il chantera mes louanges. •
[ Caricature de George Cruikshauh , janvier 1813.]
241. — Retour de Russie, Boney couvert de gloire, et laissant son armée dans de confortables quartiers d’hiver. — Napoléon, avec un de ses généraux, est en pleine retraite dans un traîneau et il a abandonné son année poursuivie par les Russes. Le sol est jonché d’hommes et de chevaux morts. Le général demande ; « Votre Majesté veut-elle « écrire ie Bulletin? — Non,» répond Napoléon, « écrivez-le vous-même. Dites que nous « avons laissé l’armce en bon état, bien disposée, dans d’excellents quartiers, avecunegrande u quantité de provisions; que nous voyageons en grands seigneurs , que nous sommes « reçus partout avec des acclamations et que j’aurai bientôt assuré le repos de l'Europe. »
Caricature anonyme, I er janvier 1813.
* Les événements d’Espagne avaient déjà bien mis en joie les crayons londoniens , mais ils n’avaient pas pris, devant l’estampe, l’importance de la retraite de Russie. Malgré cela, il faut constater que cette série de pamphlets graphiques manque de variété, car ce sont presque toujours les mômes sujets et les mômes légendes. Dans leur immense joie, les artistes anglais ne savaient plus quoi trouver; et ils revenaient toujours au traditionnel « Boney, couvert de gloire, laissant son armée dans de confortables quartiers d’hiver ».
-2i-2. — LE BARBIER IMPÉRIAL-
A gauche, l’Angleterre représentée par le prince de Galles, régent du royaume depuis 1811. I>e sa bouche sort cette légende : * Je continuerai à porter mes favoris, comme cela me plaît, en dépit de toutes les oppositions. »
Au milieu, Napoléon en barbier, savonnette en main, et s’écriant : « Je ne puis pas arriver à raser les favoris de ce vil Régent à cause de la cuvette d’eau qui est entre nous (allusion à la Manche). »
Dans le fond encore, recevant un formidable coup de pied du Russe, et happé en certain endroit par l’ours, Napoléon, le rasoir en main : « Ah ! foutre, l’ours! Pendant que je brandis mon rasoir, on me donne des ruades et je ne puis m’en aller. » be Russe, s’écrie : « Non, Monsieur! par saint Alexandre Newskv, vous ne raserez point ici. »
Assis dans le fond cl faisant pileuse mine , le roi de Prusse et l’empereur d'Autriche. L’un dit : « Je suis rasé d’assez prés », l’autre : « Je ne suis rase que d’un côté. Quand est-ce que mon terrible gendre achèvera sa besogne? =
ICaricalurr de IL. II. lirooke (Ekoorb), 1 er lévrier 1813.]
243. — Le retour du Héros. — Napoléon, en fort triste ctat, n’ayant plus ni nez, ni oreilles, ni doigts, ni orteils, l'ait son entrée, soutenu par deux mameloucks, et à cheval sur un autre de ses fidèles qui marche à quatre pattes.
L’Inipcratrice s’arrache les cheveux et pleure abondamment, pendant qu’une demoiselle d’honneur lui fait respirer des sels. Une autre suivante a saisi le roi de Rome qui pousse des cris d’horreur à la vue de son père. Son chien môme aboie, et la consternation est générale.
Un Oriental, courbé à terre, lient un flacon dans lequel se trouve le nez de Napoléon, tandis que, derrière lui, trois autres personnages, debout, portent d’autres flacons contenant les doigts, les orteils et les oreilles de l’Empereur.
Caricature de George Cruikshanl i, 22 février 1813.
244. — Bonaparte devant le Corps législatif, après son retour de Russie. —
Ici encore, l’Empereur vaincu est dans un triste équipage. Son habit est en loques, ses culottes couvrent à peine une partie de ses jambes, ses orteils sortent de ses boites, et il essaie vainement, avec son mouchoir, d’arrêter les larmes qui coulent en abondance le long de ses joues. 11 dit : « Je suis entré moi-mème en Russie, les armées russes ne pouce vaient pas se maintenir devant nos troupes, les Français étaient constamment victorieux. « Une foule de Tartares tournèrent leurs mains parricides contre les plus belles provinces « de ce vaste empire qu’ils avaient été appelés à défendre.
« Mais la rigueur excessive et prématurée de l’hiver amena une terrible calamité sur « mon armée. En quelques nuits, tout changea. — Les malheurs produits par l’intensité du « froid apparurent dans toute leur horreur. — J’eus à subir de grandes pertes, et elles
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« auraient brisé mon cœur, si dans de telles circonstances j’avais pu être accessible à tout « autre sentiment qu’à ceux de l’intérêt, de la gloire et de la future prospérité de mon « peuple. — J’ai signé, avec le Pape, un Concordat qui met fin à toutes les dissensions qui « s'étaient élevées au sein de l’Église. La Dynastie Française règne, — et régnera en Espa- « gne, — je suis satisfait de tous mes alliés, je n'en abandonnerai aucun.
« Les Russes peuvent retourner dans leur horrible climat. »
Caricature anonyme, dessinée le 4 cr décembre 1812, publiée le 24 février 1813.
245. — Les Badauds de Paris, ou chute de Nap. le Grand. — « L’événement « qui a le plus contrarié Napoléon, ce sont les badauds de Paris, qui avaientpris des chiens « et leur avaient attaché des casseroles à la queue, avec Pécriteau suivant autour du cou : « Fuite de Moscou ».
« Quand on les lâchait, ils couraient avec furie, dans toutes les directions, au grand amuse- « ment des Parisiens. » {Courier, 1 mars 1813.) — Ce fait, qui fut alors relaté, avec une joie non déguisée, par tous les journaux de la coalition, sert de légende explicative à la caricature.
Caricature anonyme, 6 mars 1813.
‘ On peut voir, par l’estampe reproduite ci-après (page 132), que cet incident fut souvent interprété par l'image. En peu de temps, toutes les devantures des imagiers, londoniens et autres, se couvrirent de limiers corses traînant une casserole à leur queue.
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246. — COUR MhKTIALE AS SEMBLÉE POUR JUC-ER VN DESERTEUR DEJA
CRANDEARMfi-
Caricature publiée avec texte français et anglais. Le titre de ce dernier porte : A court Martial on the Cowardly Deserter from the Grand Army.
’Cruikshank suppose, dans celte eslampo, qu'à la suite d'une révolution, la populace de Paris a eu le dessus, qu’un savetier a été nommé empereur, à la place de Napoléon, et que Boney est amené de\ant ce nouveau souverain jacobin. par un boucher féroce, pour avoir à rendre compte de ses crimes.
Entre le cuivre anglais et le cui\re français il y a quelques différences de légendes. Sur l'estampe anglaise on voit , en plus , le roi de Rome qui demande : « Où est mon père? »
[Caricature de George Cruikshank, G mars 1813.]
âi". — LE LIMIER CORSE POURSUIVI PAR L’OURS DE RUSSIE.
Le premier ours crie à ses compagnons : « Avancez, mes amis . pas de grognements — Kap t’avait flairé, — pas de pattes à sucer, cet hiver, voici de quoi nourrir les ours de toutes lesRussies. »
D’autre part, le limier fait les tristes réflexions que voici : « Quoi horrible climat: — ma seule chance pour échapper aux griffes de ces affreux cannibales est de prendre mes jambes à mon cou. — >i Encore une fois, je ne parviendrai pas à me débarrasser de cette vieille casserole, — jusqu'à ce que ma queue parte avec. » Sur les papiers qui s’échappent de la casserole, on lit. : « Destruction, Famine, Froid, Mort, etc. »
[ Caricature de 17. Elmès , 7 mars I8UL]
~'tS. — Napoléon passant en revue la Grande Armée, ou La conquête anticipée de la Russie. — Pendant le défilé, montrant ses soldats, il dit à deux de ses généraux : « Avec cette armée je vais anéantir ces Russes barbares et faire trembler toutes les « nations sous mon courroux. »
Un général, enthousiasmé, s'écrie : « Parbleu, avec cette armée nous ferons la conquête " du Ciel! » L'autre, un anglophobe évidemment, ajoute : « Et de l'enfer également, afin de « pouvoir y envoyer tous ces damnés Anglais. »
Caricature anonyme, avril 1813.
249. — Boney et le joyeux peuple de Paris faisant le plan de la prochaine entrée triomphale à Moscou. — Napoléon et ses généraux sont réunis en conseil. Ces derniers ont été, tous, plus ou moins maltraités par les intempéries de la dernière campagne; les uns ont perdu leur nez, les autres ont les pieds enveloppés de bandelettes, tous ont cruellement souffert des atteintes du froid.
félin d’eux montre une carte géographique et dit : « Sire, nous ferions bien d’aller en « même temps jusqu’à Pétersbourg ». A quoi Napoléon réplique :
« Nous poumons aussi aller en Sibérie, afin de délivrer les exilés qui se joindraient à « nous, avec joie, heureux d’échapper à leur tyran. »
Deux généraux, causant ensemble, ne paraissent pas approuver le plan. L’un remarque : « Sacré Dieu! je n'aime pas les campagnes de Russie; j’ai, dans la dernière, perdu mon " nez, mes doigts et mes orteils. » L’aulre répond : « Eh bien, nous y laisserons tout ce qui « nous reste. »
Caricature anonyme, avril 1813.
ICONOGRAPHIE DES CARICATURES ANGLAISES
2o0. — La séparation d’Hector (Nap.) et d’Andromaque, ou La Russie menacée. — Le cheval de Napoléon attend son maître et les fenêtres du palais des Tuileries sont garnies de dames qui veulent assister au départ. Napoléon tombe en extase à la vue de son fils que Marie-Louise tient en l’air, dans ses bras.
Le jeune roi de Rome brandit une épée en déclarant : « Je tuerai le peuple comme mon « père. » — Sa mère lui dit : « Embrasse ton père, il te rapportera quelques méchants Russes « à tuer. » — Napoléon s’écrie : « Adieu, je pars, je vais voir, je vais conquérir. — A mon « retour, j’accueillerai mon fils avec un nouveau titre. »
Caricature attribuée à George Cruikshank, avril 1813.
231. — REVUE DES TROUPES FRANÇAISES AU RETOUR DE LA MARCHE DE SMOLENSK-
Toujours les mêmes troupes en déroule, vêtues de haillons et souffrant du froid, tandis que Napoléon, lui-même, a la goutte au nez. El l’on renvoie le lecteur, pour plus amples explications, au Hamburg Correspondent du 1 i mars 1812.
[Caricature de George Cruikshank, 27 mai 1813.]
232. — Glorieux retour de Napoléon, ou La fin de la campagne de Russie. —
Marie-Louise se prépare à se mettre au lit, et Madame Lætitia, mère de Napoléon, lui enlève ses bas. « Oh! l’esprit, l’esprit de mon Nap.! », dit Tlmpératrice-mcre devant un spectre en haillons. L’Impératrice, effrayée, s’écrie: « Jésus, Marie! quelle est celte lugubre ap- « parition? Ce ne peut être mon mari, il m’avait promis de revenir en triomphateur, ce « doit être son esprit! » Le roi de Rome, lui non plus, ne reconnaît pas son père. Il va se mettre au lit, il a déjà son bonnet de nuit, mais il s’enfuit épouvanté, en criant : « Ce n’est pas mon Papa, il m’avait promis de m’apporter quelques Russes à tailler en « pièces. Je crois que ce sont eux qui l’ont mis en morceaux ». Pendant ce temps, Napoléon apparaît en personne, dans un état pitoyable, ses orteils passant au travers de ses bottes, son épée et son fourreau brisés, le visage souillé.
« Me voici! Votre pauvre Nap. a échappé aux Cosaques. J’ai sauté par une fenêtre, pour « conserver la vie, et maintenant, je vais sauter dans mon lit, auprès de ma femme. »
Les suivantes ont disparu, mais Tune, ayant oublié la bassinoire dans le lit, celui-ci prend feu, et flambe avec éclat.
Caricature anonyme, juin 1813.
253. — Napoléon furieux rompt l'armistice. {Il s’agit de l’armistice signé entre Napoléon et les armées alliées, le 4 juin 1813.) — Deux messagers lui présentent leurs
CARICATURES ANGLAISES
rapports. L un est ainsi conçu : « Les Anglais sont près de Bayonne, levée en masse, dans « le midi de la France, de 200.000 hommes, sous l’étendard des Bourbons, révolte à Tou- « Ion, mécontentement à Paris, toute l’Espagne évacuée, pertes considérables. »
L’autre messager dit à l’Empereur furieux : « Diable! votre grande armée d'Espagne ■< est complètement en déroule : 180 canons, 400 wagons de munitions, tous les bagages, « 9.000 tètes de bétail, et la caisse militaire remplie d'argent, tout cela est devenu la proie « de l’ennemi. Votre frère, le roi Joseph, s’est enfui à cheval, le Diable sait où! M. Jour- « dan a perdu sa perruque et sa canne, et l’ennemi les poursuit dans toutes les directions. » Dominé par la colère, Napoléon brandit un tisonnier, et donnant un coup de pied au dernier messager, il lui dit d’une voix menaçante : « Allez-vous-en, vils serviteurs, encore « de nouveaux tourments! Lâche Joseph! Traître Jourdan! Maudits Anglais! Je ferai " trembler le ciel et la terre; mais tout cela ce ne sont que mensonges, vils mensonges. « Donnez-moi mon cheval, et en route pour l’Espagne! pour l’Angleterre! Wellington! « Et l’Enfer! afin de renverser Lucifer de son trône, pour lui apprendre à m’avoir traiii! »
Caricature anonyme, juin 1813.
Soi. — B0NEY RECEVANT IE RÉCIT DE LA BATAILLE DE VITT0RIA, OU LE PETIT EMPEREUR DANS UNE GRANDE COLÈRE.
Un postillon qui vient de faire diligence, — il est permis de le dire quand on voit son état de maigreur et de délabrement, — monté sur le dos d'un personnage à genoux, non moins déguenillé, ayant des éperons à ses pieds nus, déroule un long papier. — la dépêche officielle, —sur lequel on lit : «Le roi Joseph a été battu par Wellington et a subi une perte de L’il canons, 443 wagons de munitions, des bagages, des provisions. — Il reste aux Français un très joli pclit obusicr. — Un quart de l’armée a été tué, un autre blessé, un troisième quart fait prisonnier elles Anglais jouent, au diable avec le reste.»
Napoléon, devant son trône, frappe du pied, s’arrache les cheveux et brandit son épée à la grande terreur de son mamelouck Rustan. — Il s’écrie avec rage : «Oh! Euler et Diable! — Nation damnée, rc maudit ennemi, John Bull, me rendra fou! — C’est un mensonge, c’est aussi embrouillé, aussi noir que l’enfer! arrière ce rouleau de papier, il brûle mes yeux. Je le déchirerai en dix mille morceaux. — Je vais, tous, vous envoyer au Diable. »
La Russie, la Prusse et l’Autriche sont là en spectateurs.
La Russie dit : « Le moment est arrivé » ; la Prusse, qui partage cette opinion, demande à l’Autriche : * Maintenant ou jamais, ne voulez-vous pas vous joindre à nous! »
[Caricature de George Cruikshank, 8 juillet 1813.]
ICONOGRAPHIE DES CARICATURES ANGLAISES
2oo. Épisode après la bataille de Vittoria, ou Nouveaux trophées pour Whitehall. (i) — Le duc de Wellington, à cheval, reçoit les drapeaux conquis que les officiers déposent à ses pieds. Il est évidemment satisfait du résultat, car il s’écrie : <> Il y en a pour trois jours d’illumination. » Un officier lui présente un bâton en lui disant : k Voilà le rouleau de pâtissier du maréchal Jourdan. »
Un autre, apportant un étendard capturé et désignant un groupe qui escorte l’artillerie, dit : « Et voici leur dernier canon qui arrive. »
Caricature de George Cmikshank, 1 0 juillet 1813.
* Après les affaires de Russie, les affaires d’Espagne. Pour les premières, c’était toujours le Froid, pour les secondes ce sera toujours, sous une forme plus ou moins grotesque, la grande colère du petit Empereur. Cetie dernière caricature fait allusion à la nouvelle donnée par le n° 2oo, la perte par le maréchal Jourdan de son bâton de commandement.