LE SÈBOT CORSE El BEERTS DEBOUTE
Cette estampe, qui aura peu après un pendant, avec le volant corse (voir plus loin, page 151), acquit vite une très grande popularité; quelques jours après son apparition, elle allait être exposée à la devanture des marchands d'estampes de Paris, pour le plus grand plaisir de tousles ennemis de Napoléon, ainsi que le constatent maints chroniqueurs du moment. Les personnages représentés sont Blücher, le plus acharné de tous, avec sa longue trique, ayant mis habit bas pour mieux fouetter, Wellington, Schwarzenberg, Woronzoff, c'est-à-dire tous les généraux des armées coalisées, vainqueurs du grand capitaine.
A terre gisent les membres épars du souverain, chacun représentant une des parties de son immense Empire. Assis sur un tonneau, le roi d’Angleterre tenant en main une jambe de Napoléon et la soulevant comme un trophée.
Le Diable, à la queue duquel s’est suspendu un personnage qui perd sa couronne, a l’air consterné du spectacle qui s’offre à ses yeux. II voudrait bien voler au secours de son « protégé », mais la présence des généraux alliés ne le rassure qu’imparfaitement.
[Edition française d'une caricature anglaise, sans signature , mais qui doit être attribuée à
George Cruikshank. 30 mars 1814.]
289. — Boney abandonné par son ange gardien. — Napoléon, à genoux, une couronne lui ayant été enlevée, est sur le point de perdre la seconde. On aperçoit à distance les flammes de l’enfer; Bonaparte implore son sauveur : « Mon ange gardien, « mon protecteur, ne m’abandonne pas à l’heure du danger. » Mais le Diable triomphant lui répond : « Vous ne pouvez pas espérer toujours régner ; en outre, j’ai besoin de vous, « chez moi, pour apprendre la malice aux diablotins. »
Caricature anonyme, 3 avril 1814.
* Caricature publiée après l’entrée des alliés à Paris, et datée du jour même où le Sénat déclarait Napoléon déchu du trône.