‹ Napoléon en imagesChapitre 39 sur 59 · LA MORT ET BONAPARTE · texte numérisé non relu

LA MORT ET BONAPARTE

CcLte estampe est la reproduction du transparent que. l’éditeur Ackcrmami avait expose a son magasin, tors dos illuminations des S et G novembre 1813, pour fêter les victoires des troupes alliées, a Leipzig, sur les armées françaises, sous le titre de : Les deux Rois de la Terreur.

[ Caricature de Rovolandson, V- T janvier

281 . Le double charlatan, ou Le fils du Diable implorant la paix. •— Carica-

ture en deux parties : 1° Napoléon devant ses esclaves, 2° Napoléon devant ses vainqueurs.

L’une représente Napoléon, s'adressant au Sénat, du haut de son trône, eleve sur les nombreuses couronnes des pays conquis. Son ami le Diable, perche derrière lui, lui

1814] ICONOGRAPHIE DES CARICATURES ANGLAISES

souffle le discours suivant, qui semble produire sur l'auditoire un véritable effet soporifique. Extraits du discours de l’Empereur, 19 décembre 1813 :

« Sénateurs, conseillers d'Etat, députés du Corps législatif, De splendides victoires « ont couronné la gloire des armes françaises, pendant cette campagne. Dans ces circons- « tances importantes, ma première pensée a été de vous réunir autour de moi.

« Je n’ai jamais été ébloui par la prospérité ; j’ai conçu et exécutéde grands desseins « pour le bonheur de l’univers, comme un monarque et un père. J’ai senti que la paix h était nécessaire pour la sécurité des trônes et des familles; j’ai accepté des propositions « et des préliminaires. 11 est nécessaire de grossir mes armées par de nombreuses et « nouvelles recrues; une augmentation des taxes devient, par conséquent, indispensable. « Je suis satisfait des sentiments de mon peuple d’Italie, de Danemark, de Naples, d’A- « mérique, des dix-neuf cantons de la Suisse, et j’ai appris à connaître les lois que, pen- « dant quatre siècles, l’Angleterre a vainement essayé d’imposer à la France. » .

La seconde partie de la caricature montre Napoléon agenouillé devant les puissances de l’Europe, rendant son épée, abandonnant ses drapeaux et ses couronnes, à l’exception d’une seule, la couronne de France, qu’il porte sous son bras. — Les souverains alliés paraissent révoltés des aveux de l’Empereur, qui leur tient le discours suivant :

« Messieurs, Empereurs, Rois, Confédération du Rhin, etc... Contemplez un imposteur « déchu, qui pendant plusieurs années a été ivre d’ambition, d'orgueil, d’insolence, qui vous (c a tous déçus et trompés, qui a follement fait périr, en une année, un million de braves « Français/qui a conçu le grand et diabolique projet de subjuguer le monde, et qui a « maintenant perdu tous ses amis, à l’exception du Yankee Madison. »

« Maintenant, Messieurs, pour expier mes péchés, je sollicite votre pardon, et j’implore « la Paix, quelles que soient les conditions que vous m’imposiez...

« Reprenez toutes ces couronnes, excepté celle des Bourbons. Mon Impératrice vous « fait remettre également les vingt drapeaux pris dans les églises, lors de ma fuite de « Leipzig. Quant à l’histoire, Messieurs, du caporal et du pont qui saute en l’air, « vous devez savoir que c’était une farce pour tromper le peuple de Paris. »

Talleyrand affirme aux tètes couronnées que son maître a dit la vérité. « Que Dieu « lui vienne en aide, » s’écrie-t-il. « Amen! »

Caricature de Roiolandson, 1 er janvier 1814.

ïfÀBDTlMES (?r d Wfiatwt££ Itëcctn&ofus 0'cùw, wh&t skctÜ wtf « 4 ?/// / /

*23-2. — JOURS D’ÉPREUVE, OU • 0 CHER. QU’ALLONS-NOUS DEVENIR! 0 CHER. QUE FERONS-NOUS? » Simulacre de procession de tous les malheureux du jour. Au-dessus se trouvent les légendes suivantes :

/J qm a & rq>Tw*/ë PARIS tuvc f.ùtat . ctckumrCmipaf â MOI àe ROME ????? ;

•àic m/J f)cr£7iO t)‘. Ci Ijfan '(

1/ (jj if mfic f /sort faite*

283. — NOUVELLE FARCE QUI A ÉTÉ REPRÉSENTÉ (SIC) A PARIS AVEC ÉCLAT ; ACTEUR PRINCIPAL, LE ROI DE ROME.

Encore une caricature publiée simultanément avec texte anglais et avec texte français. Lancée en réponse à un entrefilet du Moniteur qui avait appris urbi et orbi que le roi de Rome avait assisté à une revue des troupes.

[Caricature attribuée à George Gruikshank , mars 181'*.]

284. — Le Premier des courriers venant de la foire de Leipzig. — D'après un dessin allemand, et de date plus ancienne, la ville à l’ arrière-plan portant, sur l’estampe originale, le nom de Mayence.

Napoléon est représenté en messager, luttant de vitesse avec le lièvre. Sur la pomme de sa haute canne, Charlemagne. Dans sa course rapide, il laisse tomber de sa sacoche toutes les choses qui lui avaient été confiées : « Italie , Hollande , Suisse, Confédération du Rhin, Pologne , département de la Hanse. »

Caricature de Rowlandson, 2 mars 1814.

* Le Napoléon en messager est une de ces estampes, populaires aujourd’hui encore dans les provinces du Rhin, qui, à l’époque, firent le tour de l’Europe coalisée. On le vit même en vieux messager boiteux, sur le modèle des anciennes estampes; dans le genre de ceux qui figurent sur les calendriers de Lahr, de Strasbourg, de Bâle, de Berne et de Vevey.

28ii. — JOUEURS D’ÉCHECS POLITIQUES, OU BONEY EMBARRASSÉ. — JOHN BULL SOUTIENT LA TABLE (c'est-à-dire le monde sur lequel les souverains jouent aux échecs).

Napoléon, dont la couronne va tomber, s'écrie : « De quel côté dois-je me diriger? Comment manœuvrer? J’ai peur de perdre mon Roi, comme mes hommes et mes chevaliers (mes généraux). »

Voici, (l’autre part, les réllexions des souverains :

« Échec et mat, c’est sûrement bon », dit le premier à gauche. « Restez avec nous, Johnny (c'est-à-dire John Bull), » dit le second, « qu’importe si votre argent sort de vos poches! » — « Faisons seulement attention à nos mouvements, frère, » objecte le troisième, « et nous sommes sûrs du jeu ».

Les deux derniers personnages, à droite, représentent la monarchie légitime (Louis XVIII) et la France émancipée par l’Acte additionnel. « vous arrivez juste à temps, * dit le monarque, « pour voir votre ancien voleur d’hommes perdre le jeu, quoiqu'il se ligure être le plus grand joueur du monde. » Ce à quoi la France répond : « Je suis mise en liberté à la condition de prendre part à de nouvelles conquêtes avec lui, mais je ne considère pas cette contrainte comme absolument obligatoire. »

John Bull, dont le sourire est quelque peu narquois, dit à ses alliés : « Ne craignez rien, mes amis, et prenez garde à votre jeu. Quoi qu’il arrive, John Bull ne cédera pas. »

[Caricature attribuée par M. Greyo à C. Williams , 4 mars 1814.]

286. — Le favori du Diable. — Pièce intéressante par la ressemblance frappante de l’enfant avec Napoléon. Le Diable assis tenant entre scs bras l’Empereur, emmaillotté comme un poupon, dans une couverture aux rayures tricolores. En sa main droite, la croix de la Légion d’honneur placée bien en évidence.

Caricature de Roivlandson , 12 mars 1814.

* Cette caricature, qui obtint un succès considérable, fut publiée dans tous les formats et avec légendes dans toutes les langues. Il est, du reste, excessivement difficile de dire si l’idée première vint d’Allemagne ou d’Angleterre.

287. — John Bull apportant le nez de Boney à la meule. — La Russie tourne la meule, les puissances alliées regardent et John Bull, qui fait l’opération, dit : « Ah! « ah! Maître Boney, je pense vous y apporter un de ces jours. Vous avez fait, assez long- « temps, le commerce de broyer, au grand ennui de vos voisins opprimés. Chacun son tour. « Donnez un tour, père Alexandre, et nous allons voir ce qu'il en pense. »

Caricature de W. El mes, 21 mars 1814.

Page 1