NAPOLÉON SUR LE « BELLÉROPHON
Pièce publiée à Londres, d'après une caricature anonyme. - On peut voir, par cette gravure, «le quelle façon les Anglais ont traduit racle tout spontané et non dénué de grandeur de Napoléon se rendant à boni «In BcUrrojihon.
[juillet 1813.1
3o3. - Le Bone-à-part dans une nouvelle situation. — pris dans un piège, une jambe cassée, il rend son épée à John Bull, habillé en jardinier.
« Prenez ceci, monsieur Bull, je suis en votre pouvoir; — je m’en remets à votre gé- « nërosité habituelle, et je confesse humblement que je regrette fort d’être venu ici. » — Jolm Bull ne répond pas, mais sc parlant à lui-même : « Il a pillé bien des jardins voi- " sins; toutefois, je pensais bien qu'il aurait à se repentir, s’il mettait jamais le pied dans le " mien. Je suppose que cette épée clait destinée à couper mes choux, et peut-être aussi '< ma fête! mais je m’en servirai comme d’une serpe, pour élaguer ses branches s’il venait << à en pousser, après avoir été sous ma garde. »
Caricature de Charles , 15 juillet 1813.
334. — Compliments et congés, ou Soumission du petit Boney aux mains de la vieille Angleterre. — Napoléon vient se livrer lui-même, en pleurant, ainsi que sa suite : il est reçu avec respect par le capitaine Maitland. L’Ex-empercur dit: <«• O monsieur <■ Bull, je suis si heureux de vous voir ! j’ai toujours admiré les marins anglais, ce sont de " si nobles et si braves compagnons! Vous voyez que je suis dans le malheur, mais « j’espère que vous aurez pitié de moi et de ceux^qui me suivent : mou barbier, mon cui- « sinier et ma blanchisseuse, ainsi que quelques-uns do mes braves généraux qui se « sont enfuis avec moi à Waterloo. Je vous assure que nous aurons grand plaisir à capi- •« tuler devant ces bons Anglais. Je vous serais très reconnaissant, si vous vouliez nous » emmener en Amérique, sinon en Angleterre, car je liais les ours et ces maudits Co- « saques; quant aux Français, — maintenant, ils peuvent être damnés.
« Vive la vieille Angleterre pour toujours!! »
Sa suite répète avec lui :
■< Vivent les Anglais! »
Le capitaine Maitland le remercie du compliment et lui répond qu’on ne prendrait pas
ICONOGRAPHIE DES CARICATURES ANGLAISES
autant soin d’eux en Amérique qu’en Angleterre où on va les conduire prochainement. Les appréciations des marins sont peu polies; ils espèrent qu’on les mettra à la Tour, dans le pavillon des singes, ou bien pour danser avec l’ours.
Caricature de George Cruikshank , 24 juillet 1815.
* Cette estampe montre bien les véritables sentiments des Anglais. Tandis que le capitaine Maitland, les officiers et marins de sa suite sont représentés en tenue correcte, comme s’il s’agissait de la représentation précise de l’événement et non d’une caricature, Napoléon et sa suite sont figurés de la façon la plus grotesque.
355. — Une rare acquisition de la ménagerie royale. Présent venant de Waterloo : don des maréchaux Wellington et Blücher. — Napoléon en tigre royal, animal dangereux et sans pareil, capturé apres mille difficultés.
Caricature de Rowlandson, 28 juillet 1813.
330. — Bonaparte le 17 juin. — Bonaparte le 17 juillet 1815. — A la première date, on le voit faisant le fanfaron sur la côte française, brandissant son épée et s’écriant :
« Àh ! ahl vous, polissons d’insulaires, je suis revenu, et vous allez voir, coquins, ce que « je ferai de vous! Vous pensiez que j’étais fini, que j’allais rester à file d'Elbe! Maudits « soient les Anglais, leurs alliés, Elbe et l’abdication! Je vais jouer l’enfer avec eux tous. »
John Rull, en sécurité sur sa rive, devant son grand pot de bière et avec sa pipe de « terre, lance une énorme bouffée de fumée à son adversaire en disant :
« Allez vous faire damner! Je ferai de vous un fouloir. »
Un mois après. — Napoléon est à genoux, pleurant, sur le Bellérophon. I! demande à M. Bull, sa carrière approchant de sa fin, de devenir son ami, parce qu’il est persuadé que tout ce que l’on dit sur sa bonté est véridique.
John Bull réfléchit :
« Voyons : tout d’abord, vous venez de l’ile de Corse, et lorsque vous avez été chassé de « France pour aller à nie d’Elbe, vous avez fait un nouveau saut en France. Maintenant « que vous êtes, à nouveau, chassé de France, vous désirez venir vivre dans mon île; mais « cela ne peut pas aller ainsi, maître Boney, car vous feriez encore un saut en France. « Aussi je vais vous dire, je vous enverrai à File Sainte-Hélène et nous verrons, une fois « là-bas, quel saut vous ferez. »
Caricature de George Cruikshank , 15 août 18J3.
337. — L’ex-Empereur dans une bouteille. — Napoléon est enfermé dans une bouteille de verre que le prince Régent, en uniforme de hussard, vient de fermer avec un cachet portant l’empreinte d’un canon et la légende « Exploits militaires ».
Louis XVIII est à genoux, les yeux levés au ciel en signe de reconnaissance.
Caricature anonyme, 23 août 1813.
358. — Chute de la tyrannie et retour à la paix. — La Justice, avec une épée flamboyante, a envoyé Napoléon à Sainte-Hélène où, enchaîné, il devient la proie de l’ennemi.
La Paix avec un rameau d’olivier, la Fortune avec la corne d’abondance , l’Agriculture et le Commerce sont reçus à bras ouverts par l’Angleterre.
Caricature de George Cruikshank, 1815.
339. — L'exilé à Sainte-Hélène, ou Méditations de Boney. — Napoléon, revêtu de son uniforme habituel (petit chapeau et redingote), le corps d’un diable avec des cornes et des pieds fourchus, se tient debout, les jambes écartées, un pied sur chaque rocher de la baie. Dans le fond, une reproduction exacte de l’ile rocheuse et de sa petite ville. Transformé ainsi en nouveau colosse de Rhodes, il a une expression particulièrement lamentable. A droite, au haut de la gravure, le portrait du roi Georges, en médaillon, tout autour duquel sont des rayons.
Caricature de Marks , août 1813.
360. — Ouverture de la campagne de sir William Curtis concernant les couleurs françaises. Sir William Curtis, un excentrique et un nationaliste enragé, dont la figure fut une vraie fortune pour les caricaturistes de cette période, avait offert de décorer Mansion-House, c’est-à-dire l’hôtel du Lord-Maire, avec les drapeaux tricolores pris aux Français sur les champs de bataille péninsulaires, tandis que la bannière de l’Angleterre dominerait le faite du monument. C’est ce sujet que représente la caricature mentionnée.
Caricature de George Cruikshank , août 1815.
361. — Réussite de l’invasion menaçante de Boney, ou Boney regardant la côte anglaise depuis la poupe du « Bellérophon. » — La côte anglaise est représentée par une citadelle, sur le devant de laquelle une putence est dressée. Quelqu’un de sa suite, le général comte Bertrand, la lui montre : » Ils l’ont érigée à votre intention. » Napoléon, monté sur la culasse d’un canon et une lunette d’approche en main, répond : « Je « n’aimé pas cette damnée perspective. »
Un matelot, également assis sur un canon, donne son opinion : » Je pense, maître Boney, qu’au lieu de vous envoyer à Heii-Bay (baie de l’enter, Elbe), ils auraient mieux fait de vous envoyer tout de suite en enfer. »
Caricature de George Cruikshank , 1 er septembre 1845.
* Cette estampe est'la parodie du fait relaté par le capitaine Maitland dans sa « Narration» du voyage de Sainte-Hélène, sur le Bellcrophon , lorsque Napoléon s’écria devant Torbay, sur les côtes de Devonshire : « Quelle contrée merveilleuse! Et combien frappante est « la ressemblance avec la baie de Porto-Ferrajo! »
362. — Voyage de Napoléon, de l'île d’Elbe à Paris, et de Paris à Sainte- Hélène. — Trois sujets sur une même feuille. Comme premier, la bataille de Waterloo avec l’armée française en déroute. Napoléon est debout sur l’aigle français, qui ne bat plus que d’une aile ainsi qu’il le fait tristement remarquer : « Mon aile gauche a entièrement disparu. » — L’Empereur, dont la couronne et le sceptre sont tombés, étreint l’oiseau autour du cou, lui disant : « Sauve qui peut! Le diable est par derrière. » — « Courez, « mes amis, votre Empereur vous montre le chemin. » — « Mon cher aigle, conduis-moi " encore sain et sauf jusqu’à Paris, comme tu l’as fait depuis Moscou et Leipzig, et je ne te « dérangerai plus jamais. Oh! damné Wellington! »
Le second dessin montre Napoléon à l’arrière du Bellérophon , causant avec John Bull, qui est assis au coin de son feu, fumant tranquillement sa pipe comme d’habitude. L’Empereur lui dit : « Comment vous portez-vous, mon puissantet généreux ennemi? Je viens, « comme Thémistocle, m’asseoir à votre foyer. Je suis si heureux de vous voir. »
John Bull répond : « Je suis également heureux de vous voir, monsieur Boney, mais que a je sois damné si vous prenez place à mon foyer ou dans quelque autre partie de ma « maison. Cela m’a coûté une belle somme pour vous prendre, monsieur Thémistoclc, « comme vous vous surnommez; maintenant que je vous ai, je prendrai soin de vous. »
Le troisième dessin représente Napoléon à Sainte-Hélène, réduit à faire la chasse aux rats, assis mélancoliquement devant une trappe, dans laquelle les petits rongeurs ne veulent pas entrer.
Caricature de George Cruikshank , septembre 4815.
(Voir la reproduction page 183).
363. — Général sans pareil. — Portrait symbolique de Napoléon, en pied, le petit chapeau classique ayant tout autour la reproduction des différentes couronnes que Bonaparte plaça sur les tètes de ses lieutenants.
Sur l’index et sur le pouce de la main gauche les noms de Moreau et de Pichegrue (sic) indiquent que Moreau était son guide dans toutes les victoires, et que Picliegru fut un obstacle à l’accroissement de son pouvoir. De l’autre main il tient une corde, — lacetpour Pichegrue, — seul moyen de se débarrasser d’un ennemi aussi formidable. Sur sa poitrine, c’est-à-dire sur le devant de son habit, se lisent les noms des royaumes qu’il a conquis.
Son gilet porte les portraits des différents rois qu’il a créés : fabrique de sire, suivant une appellation populaire, parce que, tant que les nuages du despotisme ont plané sur l’empire de Bonaparte, les rois reflétaient leur éclat d’emprunt, puis quand le soleil de la « restitution universelle » a fait luire ses rayons, ils ont fondu comme de la cire à la chaleur de l’aslre-lumière.
Au-dessus de la tête des rois, la Folie , dansiaquelle il faut voir le jeune roi de Home en singe. Sur les pans de son habit se lisent : 13 Vendémiaire. Guerre éternelle à V Angleterre, Bésolation de V Allemagne, Trahison sur la famille d’Espagne, etc., tandis que, sur le bras gauche, on voit l’assassinat du duc d’Enghien. Des ballots et des tonneaux de marchandises, sur sa cuisse gauche, indiquent l’arrêt amené à Paris, dans le commerce, par la vie essentiellement militaire infligée au peuple français. La betterave a rapport au décret autorisant la fabrication du sucre avec cette plante, après la perte des possessions françaises dans les Indes occidentales.
La cuisse droite, elle, donne la figuration des Objets d'art pillés chez les différentes nations.
Sur ses bottes, sont représentés des crânes, symboles de la mort qui l’accompagnait partout : Conscription et Levée en masse. Le revers porte l’inscription : Chute du trône de
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France et d'Italie, tandis que l’éperon est figuré par un serpent éguillonnant son système de tâiGstvuct'ioTi
Son épée, qui si souvent paralysa le monde et fit des conquêtes avec une rapidité jusqu’alors inconnue, est représentée par un brillant météore, avec l'inscription : Comète.
Caricature anonyme due à un artiste français habitant Londres et qui fut publiée avec légendes en plusieurs langues, anglais, allemand, français, italien, etc. 1 er septembre 1815.
364. — Boney, traversant la Ligne, subit les divertissements grossiers du bord. — Napoléon, les yeux bandés, est jeté dans une cuve et soumis à l’usage habituel, d’après l’ordre de Neptune, traîné, lui et son épouse, par des marins, sur un affût. Neptune dit : « Je vous ordonne de le purifier de toutes ses iniquités. » Le pauvre Boney, qui a peu de goût pour ce genre de traitement, réplique : « Je n’aime pas le valet de « chambre anglais, ayez pitié de moi! » Deux généraux français, les yeux bandés, vont subir ce même traitement. L’un dit : « J’aimerais assez que cette sale besogne fût termi- .< née » : l’autre : « Je n’aime pas les boutiques de barbier. »
Un marin leur fait remarquer qu’ils doivent prendre patience, qu’on va les raser tout de suite et qu’on leur donnera une bonne « savonnée », comme le fit, récemment, le vieux Blücher.
Caricature de Lewis Marks, septembre t8la.
363. — Couleurs solides, ou La blanchisseuse royale lavant les habits de cour de Boney. — Le gros et impotent Louis XVIII, costumé en blanchisseuse de mardi-gras, essaye de nettoyer la garde-robe du pouvoir et, surtout, de faire disparaître « le tricolore ». Il s’étonne que'les couleurs soient aussi solides : « Je crains, dit-il, de ne pouvoir jamais les x< faire devenir blancs, quoique j’aie pris pour cela un excellent savon. » Napoléon, assis en face de lui, sur son rocher, lui dit, en gouaillant : « Ma vieille temme, vous frotterez long- « temps, avant de les faire devenir blancs, car ils sont tricolores jusque dans la fibre de « l’étoffe. »
Caricature de George Cruikshank, 26 octobre 181 d.
366. — Mâ,t de cocagne, ou Royales étrennes. — Le gros Louis XVIII^grimpant au màt de cocagne pour saisir la couronne de France, monté sur les épaules de l’Autriche, de la Russie, de la Prusse, pyramide humaine qui repose sur l'Angleterre. Ce sont les étrennes que les souverains réservent à Boney.
Caricature de George Cruikshank, 1816.
Napoléon se rendant au-devant de Marie-t.ouise.
CARICATURES ANGLAISES