Aff. Etr., Rome, 935, P
d'obédience et en recevront Tinvestilure canonique par des bulles de confirmation dans lesquelles on omettra cependant tout ce qui p'ourrait être préjudiciable aux droits de l'électeur et toute expression qui aurait rapport au temporel. »
Il faudra diminuer le nombre des fêtes chômées; il faudra diminuer ou supprimer les confréries, pèlerinages et dévotions particulières, nuisibles à la majesté de la religion et à la vraie morale; il faudra que le pape aide l'électeur « à dégager les exercices de piété de tous les accessoires ci-dessus^ ».
Ces négociations n'eurent pas de suite, et l'Église catholique d'Allemagne passa pendant quelques années par une crise où elle faillit disparaître; les chapitres continuaient par endroits à élire les évoques sous le contrôle des princes; beaucoup d'évèchés demeurèrent longtemps vacants, administrés quelquefois par des vicaires apostoliques désignés par la cour de Rome, mais sans prestige, sans véritable autorité. Ce n'est que beaucoup plus tard que le catholicisme se réorganisa en Allemagne. En attendant, le pape Pie VII n'avait pas lieu de se réjouir de la politique religieuse du Premier Consul dans ce pays.
Presque aussitôt après la nouvelle du recès germanique, le pape reçut du Premier Consul cette lettre : « Autant j'ai eu de plaisir, il y a un an, d'instruire Votre Sainteté de la paix conclue avec l'Angleterre, autant j'éprouve de peine aujourd'hui à lui annoncer que la guerre est près de troubler l'Europe, par l'injustice des Anglais, qui, au mépris des traités, ne veulent pas évacuer Malte.
« Le ministre de la République fera une demande à Votre Sainteté d'un passage de troupes par la Marche d'Ancône pour se rendre dans le royaume de Naples. Mais cela ne doit porter en rien préjudice ni aux États ni aux finances du Saint-Siège *. »
En effet, quelques jours après, avant que cette demande eût pu être délibérée et consentie, Gouvion Saint-Cyr, chargé de réoccuper le royaume de Naples, dirigeait à travers la Marche d'Ancône 12 000 hommes d'infanterie, 2 500 chevaux et 2& canons. Cacault déclara au gouvernement pontifical que, bien
1. AIT. Etr., 935, T 253. — Lavisse et Rambaud, Histoire générale^ IX, p. 289.