‹ Napoléon en ItalieChapitre 165 sur 423 · Gorr., VIll, 6752. I · texte numérisé non relu

Gorr., VIll, 6752. I

entendu, ces troupes ne feraient que passer, qu'elles ne laisseraient qu'un officier à Âncône pour la correspondance, que la discipline serait strictement observée, que les plus sévères recommandations avaient été Taites à cet égard aux agents et soldats français : à peine les populations s'apercevraient-elles du passage de cette petite armée*.

Aussitôt le pape accorda le passage, pour se donner l'avantage de permettre ce qu'il ne pouvait pas empêcher. II demanda seulement qu'on lui affirmât qu'il ne s'agissait de rien d'hostile contre le royaume de Naples. Gacault lui donna cette assurance^. Quelques jours après, Gouvion Saint-Cyr, passant à Rome, pour aller prendre possession de son commandement, fut reçu à dîner chez le cardinal Consalvi, eut' une audience du Saint-Père, fut très flatté de cet accueil '.

Mais alors on apprit à Rome que les troupes françaises ne passaient pas toutes, qu'elles laissaient des garnisons à Âncône, Fermo, Sinigaglia, et semblaient prendre des mesures pour y rester. Le secrétaire d'État s'en plaignit à Gacault, qui lui répondit qu'il avait tort de se plaindre : ce séjour prolongé de plusieurs milliers d'hommes serait avantageux au pays romain, car ils y dépenseraient de l'argent*. Si Gonsalvi ne fut pas satisfait, du moins il ne le fit pas voir.

Ainsi le gouvernement français demandait au Saint-Siège de faire respecter sa neutralité par les Anglais, et en même temps l'obligeait à permettre les libres communications des troupes françaises de la Haute à la Basse-Italie. Le pape commença de relever cette contradiction et cet attentat à sa souveraineté territoriale, mais ce n'était qu'un avant-goût des exigences que Napoléon allait dès lors accumuler à l'égard de la papauté : comment y aurait-elle résisté? Sa force n'était pas dans les armes.

D'ailleurs, à ce moment, la puissance de la France en Italie était de plus en plus menaçante pour Tindépendance du Saint Siège. Bonaparte était devenu président de la République italienne en janvier 1802; presque en même temps il avait transformé le

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