Corr., III
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du général Gentili et lui dit : i< Français ! vous allez trouver dans ces Iles un peuple ignorant dans les sciences et les arts qui illustrent les nations; mais ne le méprisez pas pour cela, il peut devenir encore ce qu'il a été, apprenez en lisant ce livre à Teslimer ». Le général ouvrit avec curiosité le livre que lui présentait le Papa et il ne fut pas peu surpris en voyant que c'était Wdyssée d'Homère.
« L'île de Ck)rcyre, ajoute Bonaparte, était, selon Homère, la patrie de la princesse Nausicaa. Le citoyen Arnault, qui jouit d'une réputation méritée dans les belles-lettres, me mande qu'il va s'embarquer pour faire planter le drapeau tricolore sur les débris du palais d'Ulysse*. »
Le Directoire lui-même était saisi d'enthousiasme à l'évocation de ces grands souvenirs; il abondait dans le sens des ambitions du général : « Il reste, disait-il, un grand objet, c'est l'état de la Turquie. Vous êtes placé assez près de la Grèce pour savoir à quoi vous en tenir sur la situation de cette puissance. Si elle ne veut pas être une alliée utile et effective de la République, si son sort est d'être envahie par des voisins qui la convoitent, il ne faut pas qu'il en soit de ce partage comme de celui de la Pologne. Vous entendez aisément quels sont les intérêts et les vues possibles de la République française. Il faut songer à l'avenir et au commerce du Levant. Dans cette vue, outre les lies et les ports de l'Albanie vénitienne, il faudra ménager à Ancône un établissement un peu arrondi... Quant à l'île de Malte, vous avez déjà reçu les ordres de prendre toutes les mesures que vous croiriez nécessaires pour qu'elle n'appartînt pas à qui que ce fût qu'à la France. »
Elle !•' novembre 1797, lorsque Monge, envoyé par Bonaparte, fut reçu solennellement par les Directeurs, il s'écria : « La gloire de l'armée d'Italie retentit jusqu'au fond de la Haute-Egypte. Les Arabes du désert s'en entretiennent le soir sous leurs tentes. Une lueur de je ne sais quelle espérance s'est glissée dans l'âme des anciens Grecs * ».
Quel chemin parcouru depuis la bataille de Montenotte ! Il ne ^agissait alors que d'occuper en Italie par une diversion une partie des troupes autrichiennes. Dès l'armistice de Gherasco, à la
t. Corr., III, 2061 : {•' août 1797.