Arr. Etr., Naples, n" 130, f
Driallt. — Italie. 24
léon, dès le mois d*août, dès qu'il avait été sûr de rintervention de rAulriche, s'élail réjoui de la possibilité de frapper un grand coup sur Vienne, d'autant plus que le gouvernement autrichien, dans ce même temps, paraissait porter beaucoup de troupes dans la Vénétie. L'enjeu de la lutte était Tltalie; mais il n*é(ait pas nécessaire de se battre en Italie.
Cependant, pour que la campagne du Danube fût tout à fait décisive, il fallait contenir les Autrichiens sur l'Adige; tout le résultat attendu serait compromis s'ils recommençaient pour leur compte la campagne de Souvarov en 1799. Les opérations militaires en Italie avaient dotic une importance capitale. Napoléon ne voulut négliger aucune chance de succès.
Les troupes de Gouvion Saint-Cyr pouvaient être utiles à la défense de l'Adige; elles risquaient d'autre part d'être coupées de leur base de communications par un débarquement des ennemis à Ancône; elles eussent été alors uniquement un embarras; elles pouvaient même être enveloppées et prises, et Teffet en eût été déplorable.
Pour toutes ces raisons, l'Empereur résolut de ramener Gouvion Saint-Cyr du fond de l'Italie dans la vallée du Pô pour y achever la formation de l'armée de Masséna.
Mais il ne voulait pas avoir l'air de reculer devant les sommations du gouvernement napolitain, qui, depuis deux ans, ne cessait pas de réclamer l'évacuation de son territoire. Il engagea la conversation avec M. de Gallo et lui offrit de retirer ses troupes du royaume de Naples si le roi voulait s'engager à une neutralité absolue.
Le 23 août il écrivit à Talleyrand : « Vous aurez un entretien avec le marquis de Gallo. Vous lui direz que j'ai été touché des malheurs de Naples. Vous ajouterez que je n'ai aucun intérêt bien majeur à établir la guerre sur le territoire de Naples et que, si elle doit avoir lieu bientôt, je veux savoir quelle sera ma garantie que la reine de ^^aples et Acton ne recevront pas dans l'État de Naples les Russes ou les Anglais et ne m'obligeront pas à y envoyer dès à présent des forces plus considérables que celles que j'y tiens; que, si je ne le faisais pas, ce serait une faute militaire qui sauterait aux yeux de tout le monde; qu'il n'y a d'autre manière de l'empêcher qu'en me présentant la garantie qui m'est
nécessaire. » Il demandait à nouveau Téloignement d^Acton, qui en Sicile continuait sans doute ses relations avec les Anglais : « Il peut très bien, disait TËmpereur, être envoyé en Angleterre, sa patrie originaire, et il y sera plus près de ses revenus et de ses vrais moyens d'existence. » Il était disposé à conclure avec la reine de Naples un traité de neutralité « qui assurerait sa tranquillité ».
Il terminait : « Vous laisserez entrevoir à M. de Gallo que j'espère que la cour de Naples sera assez sage pour adopter ce que je propose ; mais que, craignant qu*on y appelle les troupes anglaises et russes, je vais augmenter les troupes que j'ai dans ce pays, que je n'en puis être empêché qu'autant que M. de Gallo recevrait des pouvoirs en forme, qui le mettraient à même de faire sur-le-champ uu traité ou une convention qu'on considérerait comme des articles secrets additionnels au traité de Florence; si cela a lieu, alors je laisserai Naples dans sa tranquillité et dans sa neutralité*. »
La cour de Naples, forte du voisinage des Anglais et des Russes, accueillit froidement ces avances; elle prétendit ne négocier une semblable convention qu après l'évacuation du lerritoire par les Français. Elle se réjouissait secrètement; car elle attribuait cetle demande de Napoléon à la crainte ; Alquier redoutait que son audace n'en fût accrue ^
Alquier ne savait pas toutes les mauvaises dispositions du gouvernement napolitain. Sa dépêche est du 18 septembre; huit jours auparavant, Iq 10, le roi de Naples avait signé avec le ministre de Russie, Tatistchef, un traité d'alliance qui ne fut pas même communiqué à Gallo : si les troupes françaises étaient renforcées dans les garnisons napolitaines. Sa Majesté Sicilienne s'engageait à ouvrir son territoire aux Russes et aux Anglais, et à mettre toutes ses troupes et forteresses sous le commandement du général en chef de l'armée russe ^.
Cependant Napoléon, sans être renseigné là-dessus, voulait
i. Corr., XI, 9H8.