AIT. Etr., Naples, n*» 130, p
seule aussitôt si elle ne craignait pas Tétranglement immédiat. Napoléon note tout cela en sa pensée; il s'en souviendra.
Mais il né plaisait pas à TEmpereur de porter tout le poids de ses forces au fond de la péninsule italienne; il avait les regards flxés sur la vallée du Danube et sur Vienne. Le temps n'était pas venu de prononcer la condamnation de la cour de Naples. Afin de se dégager cependant de toute inquiétude en ce sens, Tallcyrand demanda à Alquier des renseignements « sur les personnes qui dans un système français conviendraient le mieux au ministère, en laissant Gallo à Paris ». Ou mieux encore, écrivait-il le 29 août, ne pourrait-on pas présenter un général français, par exemple, le général de Grouchy, « pour le mettre à la tète des troupes napolitaines, Thabitude étant à Naples de faire souvent appel à des généraux étrangers »?
Alquier obéit et envoya une. liste des personnes bien intentionnées; mais il déclara à Talleyrand l'impossibilité absolue de faire un bon ministère à Naples. « Un changement de ministère ne changera rien. Le mal est dans l'invincible opiniâtreté du^oi et les emportements de la reine; il durera tant que l'État n'aura pas un autre chef.
« Le prince royal est formé à nous haïr; c'est une âme étroite et superstitieuse; il n'a aucune intelligence; il passe toujours son temps à faire couver des poules, à traire des vaches, à faire du beurre; il engraisse des cochons qu'il vend lui-môme avec la parcimonie la plus honteuse et Tavidité la plus dégoûtante.
« Il ne faut plus compter sur le gouvernement de Naples, il faut qu'il passe en d'autres mains. Ce changement est indispensable; il est appelé par les vœux de tout ce qu'il y a de grands, de riches, de sages, d'éclairés dans la nation *. »
En effet il s'agissait désormais du trône même de Naples. Le sort en était sans doute décidé dans la pensée de Napoléon; mais il dépendait aussi du jugement des armes. La reine n'était pas inquiète; elle attendait d'un espoir impatient; elle voyait la coalition si formidable, qu'elle comptait sur l'écrasement complet de la France; elle repaissait d'avance sa vengeance et son ambition*.
Elle eut un moment, en effet, l'espérance de la victoire. Napo-