Corr., XI
mière occasion favorable pour faire appareiller Tarmée combinée et vous porter dans celle mer.
« Vous vous porterez d'abord vers Carlhagène pour y faire rallier Tescadre espagnole qui se trouve dans ce port.
c< Vous vous dirigerez ensuite sur Naples et vous débarquerez, sur un point quelconque de la côte, les troupes passagères qui sont à bord pour rejoindre Tarmée aux ordres du général Sainl-Cyr*. »
II s'agissait donc d'enserrer le royaume de Naples entre la flotte et l'armée de Gouvion Saint-Cyr; mais cela était hasardeux : Villeneuve pouvait ne pas arriver et Saint-Cyr pouvait se trouver en présence de forces supérieures.
Néanmoins la cour de Naples eut peut-être vent de ces dispositions redoutables, ou elle eut peur de n'être pas soutenue à temps par ses alliés. Elle consentit aux négociations offertes par Napoléon, dans l'espoir secret qu'elles seraient longues, qu'elle pourrait ne s'engager à rien.
Mais aussitôt Talleyrand pressa Gallo et ne lui donna aucun répit avant qu'il n'eût signé le traité que voulait l'Empereur. Dès le 21 septembre, il obtenait la convention suivante :
1. — Sa Majesté le roi de Naples promet de rester neutre pendant le cours de la guerre actuelle entre la France d'une part et l'Angleterre, rAutriche, la Russie et toutes les puissances belligérantes d'autre part. Elle s'engage à repousser par la force et par l'emploi de tous les moyens qui sont en son pouvoir toute atteinte qui serait portée aux droits et devoirs de sa neutralité.
2. — Par suite de cet engagement, Sa Majesté le roi des Deux-Siciles ne permettra qu'aucun corps de troupes appartenant à une puissance belligérante débarque ou pénètre sur aucune partie de son territoire, et elle s'engage à observer tant sur terre que sur mer et dans la poli(îe des ports les principes et les lois de la plus stricte neutralité.
3. — De plus Sa Majesté s'engage à ne confier le commandement de * ses armées et de ses places à aucun officier russe, autrichien, anglais ou appartenant à d'autres puissances belligérantes. Les émigrés français sont compris dans la même exclusion.
4. — Sa Majesté le Roi des Deux-Siciles s'engage à ne permettre l'entrée de ses ports à aucune escadre appartenant aux puissances belligérantes.