‹ Napoléon en ItalieChapitre 247 sur 423 · Gorr., XI, 9C8o, 9"I · texte numérisé non relu

Gorr., XI, 9C8o, 9"I

2. Joseph, II, 47-48. — Miot de Melilo raconte dans ses Mémoires, II, 295- 299. qu'au moment de partir pour Naples il fut reçu par l'Empereur à son lever, le 30 janvier, à 9 heures du matin. L'Empereur lui parla longuement : - Vous direz à Joseph que je le fais roi de Naples, qu'il restera grand-électeur et que je ne change rien à ses rapports avec la France. Mais dites-lui bien que la moindre hésitation, la moindre incertitude le perd entièrement. J'ai dans le secret de mon sein un autre tout nommé pour le remplacer s'il refuse... - Après avoir recommandé de surveiller l'avidité de Masséna et de Saliceti, l'Empereur continua : « J'en fais une famille de rois ou plutôt de vice-rois; car le roi d'Italie, le roi de Naples et d'autres encore que je ne nomme pas seront tous rattachés à un système fédératif. » Et Miot écrit d'après cela : • Je n'interrompis cette longue tirade que par quelques mots. Je cherchai à ramener l'esprit de l'Empereur à des idées plus douces et plus affectueuses; mais ses réponses brusques me convainquirent de plus en plus que cet homme extraordinaire était alors livré tout entier aux seules combinaisons de sa politique ambitieuse et ne tenait plus pour rien les sentiments de la nature, toutes les fois qu'ils auraient pu contrarier ses plans. Je me retirai convaincu que le prince Joseph n'avait plus d'autre parti à prendre que celui d'une entière soumission. »

On peut douter que Miot ait pu se permettre de faire à l'Empereur de teUes observations; on peut estimer qu'il se donne ici facilement le beau rôle de la modération. Constatons seulement que le lendemain de cette réception, bien longtemps avant d'avoir vu Miot, le prince Joseph avait trèsmen pris son parti d'une entière soumission.

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