Joseph, II, 36-40. — Gorr., XI
semblable à celui de la prise de Vienne et de la victoire d'Austerlilz.
Rome fut donc le point de départ de l'invasion du pays napolitain. Cela ne manqua pas de produire quelques difficultés avec le Saint-Siège. Le cardinal Fesch, minisire plénipotentiaire, avait reçu Tordre de prendre possession de tous les palais appartenant à Naples et à Venise et situés à Rome ou dans les Étals Romains ; Joseph fut invité à soutenir le cardinal Fesch \ 11 profita de l'occasion pour demander qu'on lui réservât les biens Farnésiens, une M pelile affaire », une misère, consistant en un palais, un pelit pavillon et un jardin; et qu'on lui laissât aussi quelques tableaux qui avaient été commandés à Rome par la cour de Naples ^.
Le cardinal avait encore Tordre de requérir Téloignement des Russes, des Anglais, des Suédois, des Sardes. « Prêtez-lui mainforte si cela est nécessaire », écrivait TEmpereur à son frère'; et il ajoutait : « Je ne veux point que la cour de Rome entretienne aucun ministre des puissances avec lesquelles je suis en guerre. Je ne la laisserai jouir de son indépendance et de sa liberté qu'à ces conditions*. »
D autres malentendus résultaient de la question de Bénévent et Ponte-Corvo; naguère le gouvernement français avait trouvé qu'il convenait que ces enclaves pontificales en pays napolitain fussent rendus au pape par le roi de Naples, et il avait agi avec fermeté pour obtenir cette restitution. Maintenant il n'était plus de son propre avis; il pensait que ces deux villes pouvaient être dangereuses et devenir le refuge des mécontents. « Sous un nouveau gouvernement, disait Talleyrand, et dans un pays si combustible, il ne faut pas conserver d'étincelles ^ »
C'était tout à fait le raisonnement du roi Ferdinand IV en 1801 ; héritier de ses droits, Napoléon reprit sa doctrine et déclara que Bénévent et Ponte Corvo devaient faire partie de son empire. Alquier fut chargé d'amener le pape à une renonciation complète à toutes ses prétentions sur ces terres. C'était, lui écrivait Talleyrand, « une mesure utile à la paix entre Rome et Naples; vous
i. Joseph» 11, 16. — Corr., XI, 9720.