‹ Napoléon en ItalieChapitre 303 sur 423 · Joseph, III, 353. — Gorr., XV · texte numérisé non relu

Joseph, III, 353. — Gorr., XV

Siciliaerexinstituit ». Napoléon daigna accepter pour lui-même cette décoration; Joseph eut un moment de très vive satisfaction ^

Ce bon prince prit un plaisir tout naturel à visiter fréquemment ses sujets. Il ne retourna pas en Calabre. En mars 1807, il voyagea dans la Fouille; il s y mêla à la foule du peuple accouru autour de lui; il y rencontra de méchants fonctionnaires, préfets ou sous-préfets, qu'il fut obligé de destituer avec une indignation naïve, « fripons qui étaient les organes et les agents d*un prince honnête homme' ». En mai, il fit un petit voyage dans les Âbruzzes ; il donna des ordres pour restaurer Tancien canal de Gorfinium, pour aménager le territoire de Sulmona, la patrie d'Ovide ^ En septembre, il visita le comté de Molise, content de passer partout en faisant qn peu de bien. Il admira d'ailleurs très sincèrement le beau pays sur lequel il régnait, et il aurait été bien heureux d'en faire les honneurs à son frère, s'il avait pu l'arracher à sa besogne impériale : « Il y a à Venafro, dit-il, une belle chasse aux sangliers; elle était renommée déjà du temps d'Auguste et elle a été chantée par Horace ; il y a, près des ruines de Minturnes, une très belle chasse aux oiseaux d*eau ; près des ruines de Pœstum, il y a des bécasses ; dans le lac d'Averne, des canards ; à Gapoue, à Caserte, à Portici, des cailles, des faisans, des sgaroUes* ».

Les souvenirs classiques lui remontaient invinciblement à la pensée. Il s'y complaisait, il s'y consolait des misères de sa fonction; il écrivait à sa femme, restée en France, qu'il n'avait pas d'ambition; il regrettait Mortfontaine oii elle vivait : « Le bonheur qui t'y a accompagnée est sûr comme le passé; celui qui t'est destiné ici est incertain comme l'avenir. La vie de Morlfonlaine est celle de l'innocence et de la paix, c'est celle des patriarches; la vie de Naples est celle des rois ; c'est un voyage sur une mer souvent calme, quelquefois orageuse. La vie de Mortfontaine était une promenade aussi douce que ses eaux; elle y coulait sans bruit, comme la nef légère qu'un petit effort des rames de Zénaïde suffit pour pousser autour de Mollon* ». (26 juillet 1807).

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