‹ Napoléon en ItalieChapitre 305 sur 423 · AIT. Elr., Naples, n · texte numérisé non relu

AIT. Elr., Naples, n

les Sept-Iles devaient être possédées en toute propriété et souveraineté par l'Empereur Napoléon *.

Pour tant d'avantages, Napoléon faisait au tsar la vague promesse de soustraire un jour les provinces de l'Empire ottoman, Conslantinople et la Romélie exceptées, « au joug et aux vexations des Turcs ».

Tout de suite, avec une hâte très expressive, Napoléon organisa l'évacuation de la Méditerranée par les Russes. Deux jours après la signature, une convention particulière fut conclue entre le prince de Neuchâtel et le prince de Lobanoff pour la remise aux Français des*lles Ioniennes et des bouches de Catlaro.

Le même jour, l'empereur et le tsar donnaient des ordres dans ce sens, à l'amiral commandant les vaisseaux russes de les ramener dans la mer Noire ou dans la mer Baltique, aux généraux russes de Corfou et de Cattaro de ramener leurs soldats par terre ou par mer sur le territoire de Venise pour y prendre les instructions de l'ambassadeur de Russie à Vienne. Le tsar ne devait plus avoir un vaisseau ni un homme dans la Méditerranée^.

Des ordres furent donnés à Cadix, à Rochefort, à Lorient, à Brest, pour que l'escadre russe qui s'y présenterait fût « retardée le moins possible dans sa course... L'important est que Tescàdre russe ne soit point retardée.. Il faut lui donner tous les secours en vivres dont elle aura besoin, sans la retenir, même des vivres qui sont abord des vaisseaux français.. Vous sentez que cela doit être tenu très secret », écrivait l'empereur à Decrès\

Sans doute ce n'était pas pour faire place aux Anglais que Napoléon renvoyait si vivement les Russes au delà du Danube et de la mer Noire; puisque le tsar devenait son allié, il semble qu'il aurait eu intérêt à s'assurer le concours de ses forces; il eut justement bientôt après de la peine à ravitailler Corfou menacé par les Anglais. Mais il ne voulait pas avoir à compter avec lui; il redoutait ses ambitions rivales sur Constantinople.

Dès lors l'Italie prenait dans la pensée de Napoléon une importance encore plus grande. Par Venise et la Dalmatie, par Otrante et Corfou, elle était la route de pénétration dans les Balkans.

1 Voir le texte des traités de Tilsitt dans Vandal, 1, appendice 1.

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