‹ Napoléon en ItalieChapitre 306 sur 423 · Corr., XV · texte numérisé non relu

Corr., XV

C'était aussi par cette double voie que les Romains dans Tanliquité avaient pour plusieurs siècles établi leur empire sur rillyrie et la Macédoine.

Mais aussi, plus encore qu'auparavant, le roi de Naples, comme le vice-roi d'Italie, devait être un agent docile de l'action impériale. Il lui fallait s'occuper surtout non pas de décorations ou d'institutions scolaires, mais d'organisation militaire et de fortiûcations. Napoléon essayait vainement de lui inspirer de l'intérêt pour les états de situation de l'armée et lui disait en termes émouvants le goût qu'il y prenait lui-même : < Les états de siloation des armées sont pour moi les livres de littérature les plus agréables de ma bibliothèque et ceux que je lis avec le plus de plaisir dans mes moments de délassement ». Une autrefois, il écrivait encore : « Lorsqu'on m'envoie chaque mois les états de mes troupes de terre et de mes flottes, ce qui forme une vingtaine de gros livres, je quitte toute autre occupation pour les lire en détail, pour voir la différence qu'il y a entre un mois et l'autre. Je prends plus de plaisir à cette lecture qu'une jeune fille n'en prend à lire un roman * . »

Joseph ne partagea point ces goûts; ses états de situation furent généralement mal faits, et excitèrent souvent la colère de l'Empereurf qui menaça d'envoyer un chef d'élat-major àNaples*; la dépendance de Joseph n'en eût pas été beaucoup plus grande. Car Napoléon garda jalousement la direction effective de toutes ses troupes en Italie; son frère n'eut pas le droit d'en distraire un seul tambour pour ses régiments napolitains; d'ailleurs il n'y a peut-être pas un seul tambour qui s'y serait prêté '.

En somme, en dehors des soins de l'administration intérieure où Napoléon ne vit qu'une sorte d'enfantillage inoffensif, Joseph demeura à Naples pour les besognes essentielles un simple lieutenant de l'Empereur. Il fut d'abord employé à l'étude de la création d'une grande place d'armes, qui paraissait nécessaire à la défense de la péninsule et aux desseins offensifs dont l'Italie allait être désormais la base; il s'agissait de couvrir fortement l'aile droite que désormais l'Italie représentait dans l'Empire.

Les officiers de Joseph proposèrent Capoue. Napoléon préférait

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