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s'était montré mal disposé au sujet des sommes nécessaires à l'entretien des troupes françaises. Prévenu, Napoléon ordonna aussitôt la clôture de la session : c Quand ces législateurs auront un roi pour eux, il pourra s'amuser à ces jeux de barres; mais, comme je n'en ai pas le temps, que tout est passion et faction chez eux, je ne les réunirai plus. » Il écrivait plus tard : € Mes peuples d'Italie me connaissent assez pour ne devoir point oublier que j'en sais plus dans mon petit doigt qu'ils n'en savent dans toutes leurs têtes réunies *. »
Quant au vice-roi, il était tenu lui-même dans la plus étroite sujétion. Parmi tous ceux que Napoléon employa au gouvernement de ses États, Eugène est celui qui réalisa le mieux l'idée que l'on se fait du légat impérial, sans attaches dans le pays, toujours révocable à la volonté du maître, incapable de toute décision importante, une sorte de grand préfet : c Je ne puis trop vous témoigner mon mécontentement, lui écrit Napoléon, de ce que vous pron(|ncez sur des objets que je me suis réservé... Si vous tenez à mon estime et à mon amitié, vous ne Mevez sous aucun prétexte, la lune menaçûl-elle de tomber sur Milan, rien faire de ce qui est hors de votre autorité. » Et cette autorité était fort petite, car Duroc lui écrivait encore, au nom de l'Empereur : « Si vous demandez à Sa Majesté ses ordres ou son avis pour changer le plafond de votre chambre, vous devez les attendre, et si, Milan étant en feu, vous lui demandez pour l'éteindre, il faudrait laisser brûler Milan et attendre les ordres *. »
Il n'est pas très étonnant qu'Eugène n'ait pas été consulté pour le choix d'une femme. L'Empereur le maria et il obéit sans observation; il est vrai que l'obéissance était facile. La princesse Auguste de Bavière était une personne accomplie, gracieuse et bonne. Elle était fiancée au prince héritier de Bade; elle se sacrifia à la raison d'État, mais avec simplicité et dignité, et sans récriminations dramatiques'. En passant à Munich, au retour de Vienne, le 31 décembre 1805, Napoléon écrivit à Eugène de venir épouser la fille du roi de Bavière, dont il lui envoya le portrait sur une tasse. Eugène monta en voiture et courut à