‹ Napoléon en ItalieChapitre 78 sur 423 · AIT. Etr., Lucques n* i. fo · texte numérisé non relu

AIT. Etr., Lucques n* i. fo

■2. Aff, Etr., Lucques, n'' 1, f* 239. — Marmottan, Bonaparte et la République de LucqtieSj p. 21-22»

il fut question de faire de Lucques-Massa-Cari-ara une compensation pour le roi de Sardaigne. Ces desseins n'aboutirent point et le Premier Consul se décida à donner à la République de Lucques une constitution : il ne fut point question de lui laisser la liberté de s'organiser elle-même.

Saliceti y fut donc envoyé, comme commissaire extraordinaire, le 30 octobre 1801, avec un traitement de 40000 francs, qui lui parut insuffisant*. Il reçut bientôt de Paris la constitution qui convenait aux Lucquois et la publia le 28 décembre 1801 *.

La nation fut représentée par un collège ou grand conseil de 300 citoyens, dont 200 choisis parmi les riches propriétaires, 100 parmi les négociants, les lettrés et les artistes. Le pouvoir exécutif était réservé à un corps d'anciens, et se distribuait ainsi (on retrouvera ce système à Gênes) : quatre magistratures, de trois membres chacune, tenaient lieu de ministères, pour les finances, rintérieur, la guerre, la justice ; un conseil formé de Tensemble de ces quatre magistratures constituait le gouvernement et choisissait parmi ses membres un Gonfalonier, élu pour deux mois.

Pour plus de rapidité et pour éviter toute intrigue, Saliceti pour la première fois nomma ces magistrats divers. Il usa d'ailleurs de sa grande autorité pour permettre ou pour commettre d'assez grosses exactions, que son successeur Clarke se crut obligé de rapporter au gouvernement français, mais cela n'empêcha pas Saliceti de fournir une belle carrière en Italie.

Appelé à Gênes dans des conditions analogues, il reçut de Talleyrand les instructions suivantes : Lorsqu'un gouvernement provisoire fut constitué à Gênes, après Marengo, le ministre extraordinaire ne devait pas perdre de vue que « le gouvernement français voulait l'indépendance de la Ligurie » ; mais les jalousies locales persistèrent, les inquiétudes furent prolongées par une situation longtemps provisoire, et les Génois remirent au Premier Consul le soin de leur donnef une constitution. Cette constitution renferme des innovations qui ont été essayées avec succès dans la République Italienne; elle repose sur les leçons de l'expérience; elle offre toutes garanties. Mais elle doit être appliquée dans

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