CHAPITRE VI
I. — L'armistice de Poligno et le traité de Florence (28 mars 1801).
II. — Le roi de Naples et la papauté : Bénévent et Ponte-Corvo; la querelle de la haquenée.
UL — A Iquier ambassadeur à Naples; ses instructions. — Le roi FerdinandiV; son retour triomphal dans sa capitale. — Le prince héréditaire. !Mort de
Ja princesse Marie-Clémentine d'Autriche. — Le chevalier Acton et Tin-
*fluence anglaise. — Les mariages espagnols (sept. 1802); querelles et scandales. — L'ambassadeur et la reine; portrait de Marie-Caroline par Alquier; variations sur les mariages espagnols.
IV. — Naples et la France dans la question de Malte. — L'élection du grandmaître Tommasi. — Le chevalier Bail et le général Vial à Malte. — La conduite d*Acton en cette affaire.
AU comroeDcement de l'année 1800, après la grande campafgne san-fédiste, au moment même où un nouveau pape, Pie VII, venait d'être élu par le conclave de Venise, le roi de Naples Ferdinand IV occupait Rome et caressait la pensée d'y être le protecteur ou même l'héritier de la papauté. Mais après Marengo iLlui fallut envisager la probabilité d'une prochaine retraite; il ne s'y résigna pas aussitôt. L'armée française victorieuse fut concentrée d'abord à Plaisance; elle fut portée de là sur TÂdige, sous le commandement de Brune, pour le cas de la rupture de l'armistice d'Alexandrie. Bonaparte ne perdait pas de vue les agissements des Napolitains, qui, appuyés par quelques troupes anglaises, entraient dans la Toscane méridionale. Après Hohenlinden, lorsque l'Autriche eut été une fois de plus désarmée par l'armi-
HB MARENGO (1800-1802)
sUce de Sleyor, Mural reçut le 13 janvier 1801 Tordre de se porter sur Ancône ^
Il eut bientôt après les instructions les plus précises sur la conduite à tenir envers les cours de Rome et de Naples : « Il doit traiter la cour de Rome comme une puissance amie; il doit témoigner, dans toutes les occasions, que le Gouvernement a beaucoup d^eslime pour le pape.
« Quant à Naples, il doit faire connaître que Tintenlion du gouvernement n'ost pas d'inquiéter le roi de Naples dans ses États, pourvu iju*jl i!'vacue sur-le-champ les États Romains... Le général Murât fera connaître par un courrier au général napolitain que, s'il ifévacue pas sur-le-champ le territoire romain et spécialement le chitcau Saint- Ange, il se portera sur-le-champ avec son corps d*année sur la frontière » ^.
Ces instructions sont du 17 janvier 1801. Elles furent redoublées et complétées le 2 et le 3 février. Murât fut invité à ne pas passer par Rome, pour éviter tout désordre, à moins d'y être obligi! par la résistance des Napolitains. S'ils demandaient un armistice, il fallait exiger d'eux l'évacuation du château Saint-Ange vi de lotit rÉlat de Rome, môme de Bénév^nt; en outre ils devaient permettre, jusqu'à la paix maritime avec l'Angleterre, r occupation des principaux points du golfe de Tarente par 8 000 hommes de troupes françaises qui seraient mises sous le commandement du général Soult'.
Et comme, en effet, le Gouvernement de Naples ainsi pressé se décidait à la négociation d'un armistice, le Premier Consul en fixait les conditions.
« Les troupes françaises occuperont Rieti, Aquila, et de là suivront la rivioro de Pescara jusqu'à son embouchure dans la mer, y compris la ville de Pescara. — L'armée française occupera la terre d'Otranle par une division de 10 000 hommes, savoir : depuis Tcmbouchure de l'Ofanto dans la mer Adriatique jusqu'à Minervino, et de là jusqu'à Gravina, suivant ensuite la rivière de Bradano jusqu'à son embouchure dans la mer. — Toutes les places situées dans cette péninsule seront remises à la disposition
(. Corr. de Napoléon, VI, 5283.
% Corr-, VI, 5302.