‹ Napoléon en ItalieChapitre 89 sur 423 · Aiï, Kir., Parme, n' 47, f · texte numérisé non relu

Aiï, Kir., Parme, n' 47, f

2, AIT. Etr., Parme, n^ 41, f»' 176-179 : dépêches de TaUeyrand à Clarkc, à Moreau Sainl*Méry,

pensalion des pertes qu'il a essuyées, Sa Majesté le roi de Toscane obtint, indépendamment de son royaume, un aceroissèment aussi considérable et qui dans les siècles passés a été l'objet de longues discussions et de guerres sanglantes. La République Française est dans ce moment-ci en possession des États de Parme, et plusieurs sollicitations ont déjà été faites par d*autres puissances. Cependant je saisirai avec un grand empressement lont ce qui pourrait remplir le désir de Votre Majesté; mais cela ne pourrait jamais être sans une compensation équivalente, dont les Florides pourraient faire partie; et même, supposant que la France et Votre Majesté se trouvassent d'accord dans leurs intérêts respectifs, je ne pourrais encore rien promettre jusqu'à ce que je me sois assuré de la possibilité de terminer différentes discussions avec d'autres puissances dont ce pays est en ce moment Tobjet. » Talleyrand avait écrit dans le même sens à M. d'Azara*.

Moreau Saint-Méry prit donc possession des États de Parme au nom de la République Française. L'infante partit pour Venise après avoir vu ses filles : l'une, la princesse Charlotte, devenue sœur Hyacinthe, supérieure des Dominicaines ; l'autre, la princesse Antoinette, déjà réfugiée chez les Ursulines en attendant qu'elle en prit l'habit. Son départ ne suscita aucun incident. Le l"" novembre, des troupes françaises étaient venues prendre garnison à Parme, sous le commandement du général Broussier; au point de vue militaire les États de Parme furent rattachés à l'administration de la République Italienne. Il n'y eut pas pour le moment d'autres changements. Bonaparte voulait tenir étroitement l'Espagne dans son système politique; il gardait Parme en réserve, comme un élément de combinaisons possibles, continentales ou coloniales *.

Le fils ne survécut pas longtemps au père; Louis l''' avait une mauvaise santé. Dès le 12 octobre 1801, Clarke annonçait que le

î. Corr., VUI, 6280, 6455. — Aff. Etr., Parme, n» 47, f 181.

2. Aff. etr., Parme, n*» 47, t^ 185-198 : dépêches de Moreau Saint-Méry.

DiiiAULT. — Italie. 10

roi d'Elrurie avait eu une attaque d'épilepsie et qu*on l'attribuait aux preuves trop multipliées d'amour qu'il donnait à la reine. En mai suivant, à propos de nouvelles attaques, Glarke affirmait que les bigots lui avaient fait perdre le peu de raison qu'il avait encore; on n'est point obligé de voir là une des causes du dérangement de sa santé. Le roi et la reine firent en septembre 1802 le voyage de Barcelone pour le double mariage de leurs frère et sœur, l'infant et l'infante d'Espagne, avec le prince et la princesse de Naples; ils furent très fatigués par la traversée, et au retour, avec la nouvelle de la mort du duc de Parme, la maladie du roi s'aggrava. Les accès épilepXiques redoublèrent; il fallut attacher le roi dans son lit avec des liens de soie. La situation se compliqua d'apoplexie et, le 27 mai 1803, le roi mourut : il avait trente ans \

Son fils, le petit Charles-Louis, fut proclamé roi d'Etrurie. Sa mère, la reine Marie-Louise, eut la régence.

Le Premier Consul ne fit aucune observation sur ce changement de gouvernement. Il respecta les droits de la régente et l'indépendance de son royaume. Il y eut bien quelques difficultés. Il ne fut pas satisfait de la liberté laissée au commerce anglais dans le port de Livourne et il y maintint une garnison française. Il s'irrila maintes fois de la politique religieuse de Marie-Louise. Mais il respecta l'affection particulière que Charles IV avait pour sa fille; il conserva encore pendant quelques années le système politique qu'il avait établi entre la France et les Bourbons d'Espagne ou d'Italie. Il admit même encore un temps les Bourbons de Naples dans ce pacte.

1. Aff. Etr., Toscane, 153 B, f* 426-128; n* 154, r 160-164; n** 155, T 196. - Cf. Mannottan, Le royaume d'Elrurie, p. 122-123, 305-306, 330.

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