H. Fisher. op. cit
3. Corr. de Napoléon, XVI, 166. — Voir aussi F. Masson, IV, 170.
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servage et de liens intermédiaires entre le souverain et la dernière classe du peuple soit entièrement abolie. Les bienfaits du Gode Napoléon, la publicité des procédures, rétablissement des jurys, seront autant de caractères distinctifs de votre monarchie. Et s il faut vous dire ma pensée tout entière, je compte plus sur leurs effets, pour l'extension et raffermissement de votre monarchie, que sur le résultat des plus grandes victoires. Il faut que vos peuples jouissent d'une liberté, d'une égalité, d'un bien-être inconnus aux peuples delà Germanie, et que ce gouvernement libéral produise, d'une manière ou d'autre, les changements les plus salutaires au système de la Gonfédération et à la puissance de votre monarchie. Cette manière de gouverner sera une barrière plus puissante, pour vous séparer de la Prusse, que l'Elbe, que les places fortes, et que la protection de la France. »
Et, malgré les désordres, malgré les légèretés de la cour, le gouvernement de la Westphalie montra sur tous les terrains une activité remarquable, par le seul fait qu'elle était inspirée de France. Gomme ailleurs, l'agriculture fut libérée par l'abolition des droits féodaux ; les paysans furent émancipés par l'achat des biens d'Eglise et la constitution de la petite propriété rurale : la fin des servitudes séculaires, voilà ce que signifie la domination napoléonienne en Allemagne. On écrit cela en une phrase, et il y a là un phénomène historique et social d'une valeur, pour ainsi dire, inexprimable, et qui gagna la masse des populations à la cause française.
Le commerce prit une activité considérable, ayant des débouchés dans tout l'Empire, c'est-à-dire à peu près sur tout le continent. La petite industrie fut toute renouvelée par la suppression des maîtrises et des jurandes. Gomme un Empereur romain, Napoléon donna des soins particuliers aux ponts et chaussées, et la circulation de tous produits en fut partout plus aisée. Les marchés et les foires furent plus achalandés et fréquentés que jamais. Le progrès matériel et
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moral fut quasi-universel. Là encore naissait tout un monde nouveau, l'Allemagne économique. Il y avait de grands résultats à en attendre, même dans le moment, si la paix avait duré, s il n'y avait pas eu aussitôt et partout préparation de guerre.
Et il faut dire enfin le soulagement venu de l'établissement définitif de la tolérance religieuse, qui entra dans les mœurs comme elle était dans la loi. C'est le fruit de l'esprit philosophique dont l'Allemagne avait été si profondément pénétrée dès avant la Révolution ; la confiscation à peu près générale des biens des couvents acheva l'œuvre du « despotisme éclairé », détruisit la puissance civile et politique de l'Eglise. En même temps l'instruction publique se développait et devenait l'un des devoirs essentiels de tout gouvernement soucieux des intérêts de l'Etat et de la nation. Jérôme lui-même donna des soins personnels aux écoles et aux universités de son royaume.
On trouve l'action de Napoléon aux origines de la prospérité intellectuelle et économique de l'Allemagne contemporaine, comme de la transformation politique et territoriale d'où est sortie sa grandeur.
C'est par là surtout qu'elle fut une colonie véritable de l'esprit français, qu'elle se soumit de bon gré à son influence, qu'elle accepta d'être une part du Grand Empire. Car il n'y a rien en tout cela qui prépare une émancipation nationale ; il n'y a rien que des mesures ou des institutions qui assurent la suprématie et le développement de la culture française. Napoléon ne permettait pas qu'elle se séparât de l'Empire : il la tenait dans son unité morale, sociale et politique. Elle était une province.
Et lorsqu'il eut besoin de la Westphalie pour le développement de sa politique impériale, il ne fut donc gêné par aucun scrupule. Pour l'application du décret de Trianon et la destruction consécutive des marchandises anglaises, la