‹ Napoléon et l'Europe (volume 2)Chapitre 127 sur 225 · X. Corr. de Napoléon, XIX, 16. •i.Arch. Nat., AF, IV · texte numérisé non relu

X. Corr. de Napoléon, XIX, 16. •i.Arch. Nat., AF, IV

2 33 ROME DANS l'aTTENTE DE NAPOLÉON

l'ouverture d'une promenade du côté de la place du Peuple et d'une autre sur l'emplacement du Forum, du Colisée et du Palatin, à l'établissement d'un jardin botanique, etc. »

Déjà les fonctionnaires impériaux s'étaient mis à l'œuvre.

Il y avait en vérité beaucoup à faire. Sauf sous les derniers pontificats, notamment de Pie VI, les travaux publics avaient été presque complètement abandonnés, et la simple voirie de la ville était dans le plus déplorable état. Il faut lire dans Madelin les détails pittoresques de ce désordre et de ce laisseraller ; (( un gouvernement médiocre et malfaisant », disait-on alors de la papauté ^ Les églises même étaient généralement mal entretenues ; Saint-Pierre avait été délaissé.

A plus forte raison, les monuments anciens étaient-ils négligés ; dans le cours des siècles, on avait construit quantité de maisons et d'églises avec les ruines du Colisée ou des temples du Forum. Alors les plus imposants des monuments anciens s'étaient affaissés sur eux-mêmes dans la poussière et dans Foubli. La Rome impériale avait presque totalement disparu ; quelques chapiteaux de colonnes émergeaient à peine de l'universel désastre, heurtés par le pied du passant.

Il est possible que les ruines aient leur charme. On a le droit d'aimer le somptueux vêtement que les lierres, les plantes grimpantes, les lianes fleuries, jettent de siècle en siècle sur les restes des temples, des arcs de triomphe, des voies sacrées. On a le droit de regretter et même de maudire les « restaurations » de monuments anciens ou autres. Tout de même, il n'y a pas lieu de regretter les immondices dont était caché le Forum Romain ; il y a devoir de conserver, d'entretenir les monuments anciens ou autres; leur beauté n'est pas toute dans le spectacle poignant de leur écroulement; et il faut remercier, sans réserve, tous ceux qui, depuis un siècle, c'est-à-dire depuis Napoléon, nous ont ménagé les émouvants

Page 1