I. Madelin, 4^ et s
LE PLAN d'une ROME NAPOLÉONIENNE 233
tableaux du Forum et du Palatin. Il y a seulement danger qu'ils n'éveillent, en les évoquant, des ambitions impériales. Mais est-ce un danger ?
Quoi qu'il en soit. Napoléon estima qu'il lui appartenait d'entretenir et de conserver les monuments élevés par les Romains, et il y apporta son extraordinaire activité. Peut-on dire que même il y mit des soins particuliers : il y voyait la récompense suprême de sa rude carrière, le terme, le triomphe, au Capitole. L'émotion est grande de considérer que, si grand qu'il ait été, il n'a qu'à peine ici commencé la réalisation de son dessein, que le père du Roi de Rome n'a pas vu Rome. — C'est le signe sans doute que son œuvre était d'avance condamnée, qu'il ne peut pas y avoir d'autre Empire romain que l'Empire romain, que cette formule historique où s'était faite un moment l'unité du monde méditerranéen, ne peut pas enfermer tout un continent de nations comme l'Europe, ni donc le monde entier, et que la cité humaine se doit organiser selon d'autres lois, celles que nous cherchons dans le sang des révolutions et des guerres.
L'administration impériale que Napoléon installa à Rome travailla comme si elle avait l'assurance du triomphe prochain et d'un avenir séculaire : « Un gouvernement athénien » , dit Madelin * ; ce titre ne convient qu'aux aimables qualités du gouverneur de Rome, Miollis, qui s'efforça de faire vivre autour de sa viUa Aldobrandini, malgré les bouderies de l'aristocratie romaine, une société gracieuse et délicate..., et qui y réussit en quelque manière.
Mais si l'on considère toute l'œuvre qui se rapporte à l'application des décrets du i ^ mai 1 809 et du 2^ juillet 1 8 1 1 , c'est-àdire à l'entretien des monuments anciens et aux « embelUssements » de Rome, c'est un « gouvernement romain » qu'il faut dire; il en a toute la largeur de vues et toute l'activité